Apnée - Vertical Blue - Arnaud Jerald, avant le Vertical Blue : «Cette année, il y a un truc»

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Deux fois recordman du monde en poids constant bi-palmes, Arnaud Jerald participe pour la première fois aux Bahamas au mythique Vertical Blue, qui débute ce mardi. Interview. « Comment se passe votre préparation au Vertical Blue ?
Mes dernières plongées se sont bien passées. Je continue à les doubler, c'est-à-dire que, quand j'en fais une à 100 mètres, je prends une ou deux journées de récup et je refais 100 mètres, histoire d'avoir véritablement une régularité et une base de données. Après chaque plongée j'écris deux pages sur mon petit carnet, je note tout : mes temps, les moments où je touche au fond, la vitesse, les sensations, etc. Et après, je replonge et comme ça, je peux comparer avant d'attaquer éventuellement une troisième plongée. lire aussi Arnaud Jerald : « À 70 mètres, je vois vraiment des images des illustrations du Petit Prince » Depuis que vous êtes aux Bahamas, vous êtes descendu jusqu'à combien ?
Est-ce que je le dis ? (il hésite) Bon, j'ai doublé 114 mètres. J'étais très frais, avec le sourire et je me suis rarement autant amusé. Enfin, j'ai rarement pris autant de plaisir sur des plongées comme ça. J'ai toujours pris du plaisir mais là, cette année, il y a un truc. Racontez-nous une plongée dans le détail, et ce que vous ressentez.
Déjà, je me prépare sur la plateforme. Ensuite, je prends ma respiration, je pars plus ou moins vite, j'arrive bien à régler mon rythme. Quand je commence à partir dans le freefall, je cale bien ma compensation sur les 30-40 mètres. Un peu plus loin, j'arrête de palmer, je sens que ça devient noir, il y a une légère thermocline, on perd deux ou trois degrés. Ça me fait du bien. C'est la première année où il y a une thermocline ici au Vertical Blue. Pour moi c'est parfait car ce sont les mêmes conditions que chez moi à Marseille. Et je me laisse glisser, j'ai ma lampe torche sur la tête pour pouvoir m'éclairer car il fait nuit noire. Je laisse dérouler, ça passe assez vite. J'arrive en bas, je fais semblant de prendre la plaquette. Je remonte, j'ai une bonne patate (sic). J'ai gagné entre 7 et 10 secondes sur tous les temps de plongée par rapport à l'année dernière. C'est énorme. La remontée se fait à une bonne vitesse. Quand je vois la première sécu, je suis hyper lucide. Lors de la deuxième sécu, je lâche ma petite brasse, et je finis en accélérant. Pour finir, une fois à la surface, je fais le protocole, je respire bien propre, avec le sourire. Ensuite, je me mets dans ma bulle pour repenser à ma plongée et n'oublier aucune information.

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Vos bonnes sensations du moment sont-elles liées à un très bon entraînement ces derniers mois ou à ce contexte très favorable et euphorisant des Bahamas ?
Je pense que c'est plus la préparation que j'ai eu ces derniers mois. L'hiver dernier, ça a été très costaud. J'ai presque le même entraînement que Florent Manaudou et les nageurs du Cercle, c'est le même préparateur physique, j'ai fait intervenir un nutritionniste. Il y a aussi eu un gros boulot effectué avec les kinés, je n'ai jamais été aussi souple de la cage thoracique et du diaphragme. Ce qui a fait que, au printemps, quand j'ai rejoint Nice j'étais déjà à 100 mètres. Après, le lieu y fait parce qu'ici c'est de l'eau chaude, les conditions sont effectivement favorables. Ressentez-vous une certaine excitation à participer pour la première fois au Vertical Blue et avez-vous l'objectif de battre le record du monde qui est à 115 mètres ?
Une excitation ? Pas trop en fait. Je n'ai jamais vraiment été excité par la compétition qui arrive. Ça me fait envie mais cela ne me fait pas ressortir ce côté adrénaline qu'on essaie d'éviter un peu, nous, en apnée. C'est juste que ça arrive, je suis content de mes entraînements. Je vois au jour le jour. Sur mes plongées qui se passent très bien, je sens que j'ai de la marge. En tout, j'ai six plongées de programmées. Moi, ce que je vise vraiment, c'est la régularité, quelque chose sur le long terme et avec la manière. Je ne suis pas un grand partisan de la méthode « one shot », on tente et on verra. Le principal, c'est que je me fasse plaisir. Si je sens que je n'ai pas le niveau ou trop de pression, je ne forcerais pas. C'est beau un sport quand on voit que le sportif ne fait pas d'effort. »

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