Après le départ de Ricciardo, la pique lancée par Abiteboul

Fabien Gaillard
motorsport.com

Deux petites années, dont une saison n'a même pas encore été disputée en raison de la pandémie de COVID-19, et puis, comme Motorsport.com vous l'annonçait ce mercredi, s'en va : c'est le temps qu'aura duré la relation entre avec qui il a écrit les grands moments de sa carrière en signant sept victoires en cinq saisons, avait pris tout le monde de court à l'été 2018 en annonçant qu'il rejoignait le Losange à compter de 2019, et ce pour deux ans.

À l'époque, sa décision avait été remise en question puisqu'il choisissait de tourner le dos à une structure établie dans un immuable top 3, certes en passe de s'engager avec Honda sur qui pesait d'importants doutes, pour aller vers une équipe moins bien classée et aux ambitions mesurées mais soutenue par un grand constructeur. La première saison de collaboration aura confirmé les craintes : après une progression relativement modeste mais constante entre 2016 et 2018, Renault a marqué le pas la saison dernière, notamment face à sa seule écurie cliente , et n'a pas permis à son pilote phare de prétendre à mieux que des accessits.

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Une situation qui a forcément pesé sur Ricciardo au moment de décider de son avenir au-delà du bail le liant jusqu'à la fin 2020 avec Enstone, d'autant plus dans une période où la Formule 1 est contrainte à une pause forcée. Le jeu de chaises musicales lancé par la décision de de ne pas prolonger leur aventure au-delà de la saison à venir a fait bouger les lignes et l'avenir du pilote au numéro 3 s'écrira à partir de 2021 du côté de McLaren.

"Je suis très reconnaissant du temps que j'ai passé chez Renault et de la façon dont j'ai été accepté dans l'équipe", a réagi Ricciardo sur ses réseaux sociaux. "Mais nous n'avons pas fini et j'ai hâte de revenir sur la grille cette année. Mon prochain chapitre n'est pas encore arrivé, alors terminons celui-ci en force. Merci."

L'incertitude Renault

Dans le même temps, un communiqué laconique publié par Renault dans la foulée de l'annonce a simplement pris acte de cette décision : "Dans une situation inédite alors que la saison 2020 n’a pas encore démarré, les discussions menées avec Daniel Ricciardo portant sur un éventuel renouvellement de son contrat au-delà de la saison 2020 n’ont pas abouti."

Communiqué contenant également des mots forts et sibyllins de la part de Cyril Abiteboul, le directeur général du Losange : "Dans notre sport et dans la situation très singulière que nous traversons, la confiance réciproque, la solidarité et l’engagement sont plus que jamais des valeurs essentielles pour une écurie constructeur. Je suis confiant que la saison 2020 permettra d’accomplir davantage ensemble et nos ambitions ainsi que la stratégie de Renault DP World F1 Team en tant qu’écurie restent identiques."

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La question se pose évidemment de savoir quelle sera la suite pour Renault et l'identité du pilote qui pourrait occuper le baquet libéré par Ricciardo et éventuellement disponible au-delà de 2020. Une interrogation plus complexe qu'il n'y paraît car le futur du constructeur français en Formule 1 au-delà de la campagne à venir n'a pas été clairement confirmé en dépit des sorties rassurantes de Cyril Abiteboul. De plus, la mise "en veilleuse" des négociations autour des Accords Concorde en cette période de pandémie et de crise a ralenti le processus d'engagement sur les années qui viennent.

En tout cas, les noms de deux pilotes prestigieux et libres ont été cités, à savoir évidemment Sebastian Vettel, qui a glané ses quatre titres en étant motorisé par Renault, mais aussi le décidément omniprésent . Ce dernier a d'ailleurs fait bruisser les réseaux sociaux quand le compte Twitter officiel de l'écurie tricolore a publié des photos de l'Asturien en 2004 ce mercredi après-midi, clichés auxquels le double Champion du monde a réagi par un émoji et une image d'une tribune garnie de supporters aux couleurs de l'écurie Renault du milieu des années 2000. Nul doute que l'arrivée d'un tel nom au sein de l'écurie pourrait motiver un engagement du constructeur pour les années à venir.

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