Après les incidents face à Guingamp, Metz a tout à craindre

Après les incidents face à Guingamp, Metz a tout à craindre

La menace du huis clos va peser sur le club lorrain après l'interruption à la 57e minute de son match finalement perdu contre Guingamp lundi (3-6), alors qu'il avait si bien commencé.

Le dossier du FC Metz sera épais, mercredi, lors de la réunion hebdomadaire de la commission de discipline de la Ligue. Au menu, les trois expulsions, lundi soir contre Guingamp, qui vaudront des matches de suspension à Kouyaté, Oukidja et Jean-Jacques, mais aussi l'arrêt de la rencontre un peu avant l'heure de jeu (57e). Il n'y aura pas de décision car l'affaire sera mise en instruction mais on peut penser que les rapports, notamment celui du délégué du match, ne seront pas franchement favorables au club mosellan.

lire aussi

Le film de Metz - Guingamp

Quand Pierre Gaillouste, l'arbitre de la rencontre, a expulsé à juste titre le milieu Danley Jean Jacques, le troisième Messin exclu de la soirée, pour un terrible tacle sur Tristan Muyumba, un spectateur s'est précipité sur la pelouse pour en découdre avec l'arbitre. Jugeant que sa sécurité n'était plus assurée, M. Gaillouste renvoyait tout le monde aux vestiaires. Après vingt-cinq minutes de réunion, la rencontre reprenait finalement, jusqu'à son terme. Mais dans une ambiance étrange et électrique.

Laszlo Bölöni, entraîneur de Metz

« L'arbitre a fait son show »

Très remonté, l'entraîneur messin Laszlo Bölöni pointait un seul responsable : « L'arbitre nous fait perdre le match évidemment. Il a fait son show. Le premier penalty est très discutable, le carton jaune de Kouyaté aussi. Il est déjà arbitre de Ligue 1, mais mon dieu ! Le rouge pour Oukidja, c'est le comble. » On peut surtout se demander comment on en est arrivé là. Car pendant les trente premières minutes, on avait assisté à un match ouvert, emballant, un peu fou même. Après avoir ouvert le score sur un but contre son camp de Vincent Manceau (2e), les joueurs de Laszlo Bölöni avaient très bien réagi à l'égalisation de Jérémy Livolant sur penalty (8e).

Une minute plus tard, après avoir vu la reprise d'Ibrahima Niane heurter la transversale, Ablie Jallow redonnait l'avantage aux siens de la tête avant de creuser encore l'écart avec les Guingampais sur un superbe coup franc (16e). Le premier tournant du match arrivait à la demi-heure de jeu quand Boubakar Kouyaté, furieux d'être sanctionné, allait coller son visage à 5 cm de celui de l'arbitre (31e). Peut-être avec quelques mots de trop.

Oukidja en larmes à sa sortie

L'expulsion du défenseur central messin changeait la donne, encore plus quand Stephen Quemper réduisait la marque d'une superbe frappe en pivot dans le temps additionnel (45e+1). Metz s'était mis dans le pétrin, on en convient, mais l'expulsion d'Alexandre Oukidja et le penalty, transformé par Courtet (45e+7), paraissaient très sévères.

Sur un ballon en profondeur, le gardien messin intervenait et son pied venait heurter l'épaule de Livolant. Oukidja, en larmes à sa sortie, payait peut-être une mauvaise réputation, lui qui revenait hier soir de trois matches de suspension. « Je n'ai jamais vécu cela, avouait Stéphane Dumont, l'entraîneur breton. Je n'ai pas à donner les bons ou mauvais points concernant l'arbitre. On a profité des circonstances du match mais on est allés chercher la victoire. Dans les intentions, l'équipe ne s'est jamais reniée. »

Évidemment, le retour des vestiaires s'est déroulé sous une tension extrême et la colère palpable venue des tribunes, d'où sont tombés plusieurs projectiles tout au long de la rencontre. Guingamp, à onze contre huit, s'est finalement imposé (6-3) sur des frappes de Louiserre (69e), de Tchimbembe (86e) et un coup franc de Livolant (88e). Mais il n'y avait déjà plus de match depuis un bon moment.