Après l'affaire du brassard « One Love », récit d'une nouvelle journée de protestation au Danemark

L'affaire du brassard « One Love » n'est pas retombée au Danemark. Jesper Moller, le président de la fédération, a dit qu'il ne soutiendrait plus Gianni Infantino, celui de la FIFA.

Il ne faut pas se fier aux clichés. Le président de la Fédération danoise (DBU), Jesper Moller, était confortablement assis en tribune officielle pour assister au match face à la Tunisie (0-0), mardi, au côté de celui de la FIFA, Gianni Infantino. Mais les rapports entre les deux hommes, les deux instances, ont atteint un point de rupture.

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Tout l'état-major de la DBU s'est réuni pour s'accorder sur un message ferme à la suite de l'affaire du brassard « One Love », alors que la FIFA a menacé de sanctions financières et sportives toute sélection qui se risquerait à le porter.

Au cours d'une conférence de presse improvisée, mercredi, au camp de base de l'équipe nationale, Moller, accompagné de Jakob Jensen, le directeur administratif de la fédération, et de Peter Moller, le directeur du football, a été très clair : « Ce qu'il s'est passé est profondément injuste, répréhensible. Nous allons obtenir une clarification juridique sur ces pressions. Je ne suis pas seulement déçu. Je suis en colère. »

Cette réaction, décidée dans la nuit de mardi à mercredi, a été concertée afin de tenter de calmer les esprits dans l'opinion publique danoise, alors que la présence de Moller au côté d'Infantino a été vivement critiquée au pays et que la décision de céder aux menaces de la FIFA n'a pas été comprise. Moller a donc appuyé : « Nous ne faisons pas partie des 207 États membres sur les 211 au total qui soutiennent Gianni Infantino à la présidence de la FIFA l'année prochaine. »

Le sélectionneur, Kasper Hjulmand, attendait certainement enfin un message plus limpide de ses dirigeants, tout comme ses joueurs, à l'image du capitaine Simon Kjaer, qui a souvent appelé ces derniers jours « ceux qui décident à se prononcer ». C'est désormais chose faite, et la délégation danoise a même reçu un soutien visuel important, mardi soir.

L'ancienne Première ministre danoise affiche son soutienInvitée au match contre la Tunisie, l'ancienne Première ministre, Helle Thorning-Schmidt, est venue au stade de la Cité de l'éducation vêtue d'une robe bleue aux manches... arc-en-ciel. Et si elle a dû expliquer que ce n'était pas un message critique envers la sélection, qui a finalement renoncé à porter le brassard, il fallait donc y voir une forme de soutien.

Ces soutiens des plus hauts responsables de l'état et de la fédération, Simon Kjaer les attendait depuis longtemps, une façon de permettre aux joueurs de ne pas être seuls en première ligne sur ces questions de société, même s'il a encore qualifié de « ridicule » la position de la FIFA sur le brassard arc-en-ciel.

Le président de la DBU a conclu l'affaire en évoquant des discussions à venir avec les autres fédérations européennes : « Il faut une clarification politique maintenant. Nous allons réagir ensemble avec les six autres pays (Belgique, Allemagne, pays de Galles, Pays-Bas, Suisse, Angleterre) qui avaient envisagé de jouer avec le brassard. »

La France, qui avait participé à cette initiative lors des matches de Ligue des nations, en septembre, n'a pas souhaité le faire pour cette Coupe du monde au Qatar. Les Danois regrettent-ils un manque de soutien de la part de la FFF ? « Je ne vais pas me prononcer pour les autres, a répondu Hjulmand, mercredi. Il est temps maintenant de se focaliser sur le foot, de préparer au mieux ce match contre la France. C'est la dernière fois que je parle de cela. »

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