Après Omicron, le prochain variant sera-t-il forcément moins dangereux ?

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Le variant Omicron entraîne une vague de cas sans précédent, mais une moindre proportion d'hospitalisations. Mais cela ne veut pas dire qu'il sera le dernier variant, ni que les suivants seront ses descendants.

CORONAVIRUS - Après deux longues années, se dirige-t-on enfin vers la fin de la pandémie de Covid-19 grâce à Omicron ? Marco Cavaleri, responsable de la stratégie vaccinale de l’Agence européenne du médicament, affirmait le 11 janvier que si personne ne pouvait prédire le bout du tunnel, nous avançons vers une situation où le coronavirus ne sera plus épidémique, mais endémique.

En clair, le virus continuera de circuler, mais l’immunité de la population, notamment face aux formes graves, sera telle qu’il n’y aura plus de risque de vague hospitalière. “Et avec le variant Omicron, il y a beaucoup d’immunité naturelle qui arrive en plus de la vaccination”, a-t-il noté (à un niveau tel qu’il risque d’entraîner une saturation hospitalière dans les semaines à venir en France).

Il est vrai que plus la société est immunisée, plus nous sommes protégés face aux futures vagues de coronavirus. De plus, Omicron semble moins virulent, notamment parce qu’il infecte des vaccinés (donc mieux protégés contre les formes graves), mais aussi en partie via ses mutations.

Pourtant, il ne faut pas croire qu’Omicron est le dernier variant, ou même que si de futurs variants s’imposent, ils auront ses caractéristiques et seront également moins virulents, comme vous pouvez le découvrir dans notre vidéo en haut de l’article.

Le coronavirus n’évolue pas comme prévu

“L’existence d’Omicron n’apporte pas de garantie quant au caractère moins virulent d’un éventuel prochain variant, car celui-ci sera peut-être un cousin éloigné, sans forcément de lien avec les caractéristiques d’Omicron”, rappelle au HuffPost Florence Débarre, chercheuse spécialiste en biologie évolutive. “Le variant suivant existe peut-être déjà et lui ou ses ancêtres proches circulent peut-être en sous-marin quelque part. Jusqu’à maintenant, aucun variant préoccupant n’a été le descendant d’un précédent variant”.

Pour comprendre, il faut rappeler que comme tous les virus, le Sars-Cov2 mute régulièrement, de manière aléatoire. Ces mutations sont comme des fautes de frappe dans un texte, elles n’ont souvent pas de conséquence. Mais il arrive qu’elles changent le sens d’un mot, d’une phrase, voire d’un chapitre entier (plus de détails dans la vidéo ci-dessous).

C’est ce que l’on appelle un variant. Et il y en a de nombreux. Depuis le début de la pandémie, l’OMS en a surveillé 27 différents. Car pour qu’un variant prenne le dessus et se répande mondialement, il faut qu’il ait un avantage sur les versions du coronavirus qui circulent déjà. C’est ce qu’il s’est passé avec Alpha, Delta, puis Omicron.

Mais cela ne veut pas dire que si un prochain variant s’impose, ce sera un descendant d’Omicron. Des chercheurs se sont récemment rendu compte que les coronavirus humains plus classiques (qui provoquent un simple rhume) évoluaient pour s’adapter à notre immunité, mais ils évoluaient “en escalier”, petit à petit, rappelle l’épidémiologiste Adam Kucharski. Comme le virus de la grippe ou encore ce que les chercheurs pensaient être un modèle plutôt classique d’évolution.

Ce n’est pas du tout ce qu’il s’est passé avec le coronavirus Sars-Cov2. Delta n’avait absolument aucun lien avec Alpha, pas plus qu’avec Beta. Et Omicron est très éloigné lui aussi de Delta. Dans un sens, c’est un plus “proche” cousin d’Alpha que de Delta. C’est ce que permet de visualiser le graphique ci-dessous réalisé par Emma Hodcroft, chercheuse à l’université de Bâle, spécialiste de la génétique des virus.

Pour l’instant, rien ne permet de savoir avec certitude comment et pourquoi ces variants ont émergé. Selon une des théories les plus populaires, c’est le séjour pendant des mois dans le corps d’un patient immunodéprimé qui permettrait au coronavirus de muter de très nombreuses fois, par hasard, pour finir par trouver un ensemble de changements lui donnant un avantage important.

Une autre théorie interroge le passage du virus dans une espèce animale, lui permettant de muter différemment et de revenir ensuite à l’homme. Il n’est pas certain que nous trouvions un jour la réponse au pourquoi des variants. On peut par contre espérer que si un prochain variant émerge et même s’il est plus virulent qu’Omicron, notre système immunitaire soit suffisamment renforcé pour lui résister un peu mieux.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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