Après ses pénalités, Haas veut que le règlement soit clarifié

Benjamin Vinel
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Le départ du Grand Prix de Hongrie avait été donné sur une piste séchante, et les pilotes Haas avaient tiré leur épingle du jeu en chaussant des pneus pour le sec dès la fin du tour de formation. Leurs rivaux sont rentrés au stand quelques boucles plus tard, si bien qu'au cinquième passage, quatrième.

Au volant d'une VF-20 qui est l'une des monoplaces les moins compétitives du plateau, les deux hommes ont rapidement rétrogradé au classement – d'autant que Grosjean a déploré une voiture endommagée dans un accrochage avec Alexander Albon – mais Magnussen est quand même parvenu à franchir la ligne d'arrivée au neuvième rang.

Romain Grosjean, Haas VF-20, sur la grille

Romain Grosjean, Haas VF-20, sur la grille<span class="copyright">Andy Hone / Motorsport Images</span>
Romain Grosjean, Haas VF-20, sur la grilleAndy Hone / Motorsport Images

Andy Hone / Motorsport Images

Kevin Magnussen, que la sanction a fait passer de la neuvième à la dixième place, confirme : "On a le sentiment que ces règles n'ont pas vraiment été faites pour empêcher de faire ce que nous avons fait. Elles étaient censées nous empêcher de bidouiller les réglages de l'embrayage et les procédures de départ, afin d'essayer de rendre les départs plus aléatoires. Je ne pense pas qu'elles étaient censées empêcher les décisions stratégiques avant la course, mais c'est comme ça."

"Je trouve ça passionnant, quand on a ces conditions où l'on est pile à la limite entre les pneus pour le sec et pour la pluie, de pouvoir voir ces décisions stratégiques. Ce serait bien s'ils pouvaient l'autoriser clairement dans le règlement, je pense que ce n'était pas clair à 100%."

Même d'autres pilotes sont venus à la défense du duo Haas, à l'image de : "Je trouve cette règle très sévère, surtout à ce moment-là de la course, dans cette situation, qui peut être assez changeante. Une décision rapide d'un pilote et d'une équipe peut vraiment bouleverser la course, ça peut être une superbe action. Je trouve que cela pourrait peut-être être modifié à l'avenir."

Le directeur d'équipe Günther Steiner va donc insister pour que la situation soit clarifiée, dans un contexte où certaines écuries se sont retenues de faire le même pari que , de crainte d'être pénalisées.

"Nous en discutons avec [la FIA], car je pense qu'il n'était pas dans l'intérêt de la F1 de donner une telle pénalité, c'est notre principal argument", estime Steiner. "Espérons que la FIA finira par clarifier ça, car il n'y a pas de règle en vigueur, c'est ainsi que je vois les choses. Il y a une directive technique de 2017, qui clarifie quelque chose que l'on ne peut pas faire : donner des conseils à un pilote pour l'embrayage et les choses de ce genre – mais changer les pneus n'en fait pas partie."

"C'est une zone d'ombre, et par conséquent, à mon avis, on ne devrait pas avoir de pénalité la première fois, on devrait avoir une réprimande, puis clarifier cette règle. Ainsi, à la course suivante il y aurait une règle, pas une directive technique. C'est une décision ambiguë qui a été prise, et nous attendons la clarification de la FIA."