Les arbitres français retenus pour la Coupe du monde expriment leur fierté et leur émotion

Après la Coupe du monde 2019 et l'Euro 2022 chez les femmes, Stéphanie Frappart va arbitrer le Mondial masculin. (M. Borsari/Presse Sports)

Les six arbitres français retenus pour la Coupe du monde au Qatar, soit les centraux Stéphanie Frappart et Clément Turpin, les assistants Cyril Gringore et Nicolas Danos ainsi que les VAR Benoît Millot et Jérôme Brisard, se sont exprimés ce jeudi devant la presse, à Clairefontaine. Tout en étant conscients des enjeux, ils n'ont pas caché leur fierté et leur émotion.

Au Qatar (20 novembre-18 décembre), deux arbitres Français - Clément Turpin, déjà présent en Russie en 2018 et Stéphanie Frappart - officieront lors d'une Coupe du monde, ce qui représente une première depuis 1990 (Joël Quiniou et Michel Vautrot). En plus, en y ajoutant les deux assistants Nicolas Danos et Cyril Gringore et les deux VAR Jérôme Brisard et Benoît Millot, la France sera le pays le mieux représenté toutes fonctions confondues.

Tous les six présents lors d'une rencontre avec plusieurs médias, ce jeudi, au Centre National du Football à Clairefontaine, ils ont ainsi d'abord exprimé leur émotion. « C'est une vraie fierté pour l'arbitrage tricolore et le résultat de 15 ans de travail et d'investissement. C'est un joli message pour les 22 982 arbitres français et les 980 de ma Ligue (Bourgogne-Franche-Comté) où je travaille tous les jours pour démontrer que l'arbitrage c'est cool ! » s'est par exemple exclamé Clément Turpin (40 ans), déjà désigné pour arbitrer, de belle manière, la dernière finale de la Ligue des champions, Real Madrid - Liverpool (1-0, le 29 mai).

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La Ligue 1 voit rouge

« Clément est notre locomotive et il nous a tous emmenés dans son sillage », a estimé Jérôme Brisard, ravi par cette « reconnaissance personnelle et collective. » L'autre VAR, Benoît Millot, a renchéri : « Cela met un éclairage positif sur l'arbitrage français, sur lequel il se dit beaucoup de choses », en faisant allusion aux nombreuses polémiques qui ont émaillé le début de saison en Ligue 1.

« C'est ma 14e saison en Ligue 1, j'en ai vu des vertes et des pas mûres. Il y a toujours des temps forts et des temps plus faibles. Je prends beaucoup de hauteur par rapport à ça même si je sais que cela s'agite beaucoup en ce moment. Je relativise et je me focalise sur mes prochains challenges. Ce que je retiens de ma première expérience en Coupe du monde (deux matches arbitrés en 2018), c'est justement que j'étais un peu trop à fleur de peau, par rapport à tous les événements extérieurs qui peuvent survenir. J'étais trop perméable à tout ça. Avec tout ce que j'ai vécu depuis, j'ai encore plus de tranquillité et j'y vais avec une grande sérénité. »

Une sérénité que Stéphanie Frappart (38 ans) qui fera parie des six femmes arbitres centrales, s'efforce de dégager aussi : « L'arbitrage féminin est entré dans le panorama du football masculin et maintenant ce n'est plus une question de genre, mais de compétences », se réjouit-elle, aussi fière de voir ainsi « couronnée sa carrière ». Et elle se projette déjà sur le stage qui réunira tous les arbitres concernés à Doha à partir du 9 novembre, une dizaine de jours avant le lancement du Mondial. En insistant sur la « pression positive » qu'elle ressent.

Turpin insiste sur l'importance du premier match


L'arbitre-assistant Cyril Gringore (50 ans), qui lui prendra sa retraite en fin d'année, espère avant tout « en profiter au maximum » et insiste sur l'importance de la « vie de groupe en dehors des matches » pour maintenir « une bonne entente » tout au long de la compétition que ce soit avec Nicolas Danos et Turpin (le trio habituel qui fonctionne depuis 2016) ou avec l'ensemble des autres arbitres.

De son côté, Millot se réjouit du « chemin assez vertueux » de l'arbitrage français, mais prévient : « Attention, tout reste à faire ! » Et en particulier une bonne Coupe du monde. En quoi consisterait-elle, selon Turpin : « Une Coupe du monde réussie, c'est d'abord un premier match abouti. Après, on se laissera porter... »