Des arbitres impliqués dans des matches truqués selon un rapport de 2018

Des arbitres de handball dans la tourmente. (B. Le Bars/L'Équipe)

TV2, chaîne de télé danoise, a eu accès à un rapport de Sportradar datant de 2018 révélant que des arbitres, dont certains officient sur le Mondial en cours, auraient été impliqués dans le trucage de matches.

TV2 Danemark révèle dimanche qu'un rapport de Sportradar datant de 2018 - que la chaîne de télé s'est procuré -, affirme que huit paires d'arbitres internationaux seraient suspectés d'avoir influé sur les résultats de matches à des fins de profits illicites.

Sportradar, société d'analyse de données sportives, a répertorié 26 matches entre septembre 2016 et novembre 2017 : certains entre sélections nationales et dans le cadre de la Ligue des champions. Des matches concernent des tops clubs européens comme les Allemands, Kiel, Flensbourg-Handewitt, les Polonais de Kielce et les Hongrois de Veszprem et Gyor (quintuple vainqueur de la Ligue des champions féminine).

Le rapport indique que Sportradar aurait été approché par sept sociétés de paris du fait de montants « suspects », conséquents, sur un score nul à la mi-temps ou un score final avec peu d'écart. Elle souligne que son rapport ne constitue pas une preuve de trucage des matches mais a recommandé à la Fédération européenne (EHF) de mener des enquêtes plus approfondies sur les arbitres. Sportradar appelle aussi à évaluer d'éventuelles implications de représentants de clubs concernés par ces trucages de matches ou de tout lien qu'ils pourraient y avoir avec des groupes criminels organisés.

L'arbitre macédonien Gjorgji Nachevski aurait ces liens avec ces organismes mais aussi avec des truqueurs déjà connus. Il fait la paire sur le terrain avec son compatriote Nikolov. Ils auraient arbitré deux des 26 matches suspects. Ils sont présents sur le Mondial qui se déroule actuellement en Pologne et Suède. Tout comme les Croates Gubica et Milosevic, qui dirigeaient vendredi à Katowice la partie entre l'Allemagne et le Qatar (31-27).

À la suite de ces révélations, la Fédération européenne a réagi sur son site Internet : « Dès réception du rapport en décembre 2018, l'EHF a activement et immédiatement transmis la documentation disponible aux autorités compétentes, à savoir l'unité d'intégrité sportive qui fait partie du département contre le crime organisé, des services fédéraux du renseignement criminel d'Autriche (où se situe le siège de l'EHF) afin que toutes les enquêtes aux niveaux national et international puissent être lancées immédiatement. » Une étape nécessaire selon l'instance européenne « car le trucage de matchs est un crime qui doit faire l'objet d'une enquête par la police en tant qu'institution responsable. »

Et de préciser qu'à sa connaissance, « à ce jour ces investigations de la police n'ont donné aucun résultat et les spéculations sont restées non prouvées à la suite de l'enquête. Les propres analyses de l'EHF des matches en question d'un point de vue sportif à l'époque n'ont apporté aucune preuve qui aurait justifié l'ouverture de poursuites judiciaires. » C'est pourquoi l'EHF n'a pas suspendu les arbitres soupçonnés. Mais elle précise qu'elle a « une tolérance zéro lorsqu'il s'agit de tout match truqué ou d'influence indue sur le résultat d'un match. » L'instance européenne conclut en assurant qu'elle saura réagir en cas d'informations supplémentaires concernant cet épineux dossier.

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