Arié Elmaleh : « Quand tu es le plus grand, tu ne sais pas où te mettre »

Arié Elmaleh. (Alexis Réau/L'Équipe)

Le comédien de 47 ans se raconte dans la rubrique « Fenêtre sur corps » du magazine L'Équipe.

« Sur scène, je me sens comme sur un terrain de foot. J'adore cette sensation d'être dans l'effort, entier, pour incarner mon personnage. L'émotion que l'on cherche à transmettre devient quelque chose de complètement physique. Il y a un moment où l'on bascule, où le travail n'est plus du tout intellectuel. Le physique prend le pas sur l'interprétation. Pourtant, je n'accordais pas autant d'importance au physique à mes débuts. La découverte a été progressive. En fait, je me suis rendu compte qu'approfondir la relation que j'avais avec mon corps pouvait me faire aller plus loin dans l'interprétation des rôles. Il y a quelque chose de spirituel dans le rapport au corps, de sacré. Pour réussir à faire des choses intéressantes, il faut lui donner une valeur importante. Ça permet d'accéder à une autre dimension.

J'en prends vraiment conscience aujourd'hui, d'autant que je n'ai pas toujours été à l'aise avec mon physique. J'ai eu du mal à m'accepter, plus jeune. Ado, j'étais un garçon qui a grandi un peu trop vite, très maladroit, dès que je bougeais, je pétais un truc. Et socialement, quand tu es dans un groupe où tu es le plus grand, tu ne sais pas où te mettre, ni quoi faire de tes bras. Découvrir le yoga m'a beaucoup aidé. Ça m'a permis d'apprivoiser mon corps. J'ai appris à m'écouter, à comprendre comment je fonctionnais.

Aujourd'hui, le yoga fait partie de ma routine quotidienne. C'est important pour moi, aussi, avant d'entrer sur scène. Je m'échauffe toujours avec des positions et des mouvements pour arriver prêt sur les planches. Si je ne fais pas ça, je n'apprécie pas du tout ma performance. Il me manque un truc.

Dans le cinéma, le rapport n'est pas tout à fait pareil. C'est un métier où tout est un peu coupé, où on ne met pas forcément en avant l'ensemble du corps. Tu es plus en train de gérer ta frustration alors qu'au théâtre, tu peux tout lâcher physiquement. On y voit tout du corps du comédien, le gros plan n'existe pas.

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Mon corps est un outil de travail. C'est d'autant plus paradoxal que je ne viens pas du tout d'une famille de sportifs. Pour eux, ce que je fais, c'est presque bizarre. Du yoga tous les jours, ou mes sorties régulières pour aller faire du kitesurf. Eux n'y voient pas d'intérêt. Mais moi, ça m'éclate. Dans le kitesurf par exemple, je trouve une dimension de liberté totale qui m'a rendu accro.

Comme je suis curieux, j'ai toujours envie de découvrir de nouvelles choses. Plus récemment, ça a été le fait de me baigner dans une eau à 0 °C à partir d'une certaine technique de respiration (la méthode Wim Hof, qui vise à élever la température du corps afin de mieux résister au froid). Eh bien ça fait que maintenant, moi qui viens du Maroc, je préfère le froid au chaud ! J'ai trouvé l'expérience dingue et ça m'a fait progresser dans la gestion de mon souffle. J'ai une routine matinale qui fonctionne à fond, maintenant : réveil, exercices de respiration spécifiques, étirements, puis douche glacée. Avec ça, je pète le feu pour la journée ! »

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