Armel Le Cléac'h, de retour en mer, veut terminer la Route du Rhum

Armel Le Cléac'h a repris la mer samedi, aux alentours de midi. (S. Boué/L'Équipe)

Après quelque 36 heures d'escale à Lorient pour changer la dérive de l'Ultim « Banque-Populaire XI », le skippeur a repris la course hier avec 1 800 kilomètres de retard.

Repartir pour combattre la déception. Repartir pour rallier la Guadeloupe quatre ans après le naufrage de 2018 au large des Açores. Repartir pour préparer le prochain et inédit tour du monde en solitaire, Brest Oceans, dont le départ doit être donné fin 2023 - début 2024. Les motivations d'y retourner ne manquaient pas pour le team Banque-Populaire et Armel Le Cléac'h, qui a repris la mer samedi aux alentours de midi à Lorient.

En quelque 36 heures d'escale dans le port d'attache du bateau, l'équipe s'est mobilisée afin de changer la dérive cassée, jeudi à la mi-journée, et de colmater les impacts sur la coque centrale. Le temps de l'analyse viendra, l'urgence était de remporter cette course contre la montre et de revoir le grand maxi-trimaran bleu et blanc (32 m) pointer ses étraves vers la Guadeloupe. « Le team a réalisé un gros travail, a commenté Ronan Lucas, son directeur. Il y a d'abord eu une discussion avec l'équipe technique sur les capacités de remettre le bateau en état de manière fiable puis avec Armel sur sa volonté d'aller à Pointe-à-Pitre. On veut finir cette page liée à la Route du Rhum 2022. »

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Devant cette transatlantique qui se refuse à lui, le vainqueur du Vendée Globe 2016-2017 tenait à aller « au bout de l'histoire. C'est très important de terminer, a-t-il réagi. Le bateau est prêt à affronter de nouveau toutes les conditions et en toute sécurité. Je vais repartir dans ma course, me remettre dans le rythme, avec d'autres objectifs, dont celui d'arriver en Guadeloupe ». « Mentalement, c'est difficile et triste de ne pas savoir ce qu'il s'est passé, disait-il la veille. On a du mal à y croire. Il y aura le temps de l'analyse dans les prochaines semaines. Il faut prendre un peu de recul sur tout ça. Ce n'est plus le même enjeu sportif mais on a envie de réussir ce nouveau scénario. »

De retour dans la régate, Le Cléac'h (45 ans) accusait dans la soirée plus de 1 000 milles (1 852 km) de retard sur la tête de la flotte. « Sportivement parlant, il n'y a aucune option possible, sauf aléas chez nos adversaires, a observé Sébastien Josse, membre de la cellule routage. Comme eux, Armel va devoir passer le front puis essayer de descendre derrière pour aller chercher l'alizé. Le tout avec un jour et demi de retard. Mais c'est toujours bien pour lui de rester en course et de se projeter sur la suite. Et ça évite de maronner à terre en regardant les autres. »

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