Arnaud Di Pasquale : "Personne n’est dupe"

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À un peu plus d’un mois des élections à la présidence de la FFT, le directeur technique national a annoncé sa démission. C’est une surprise. Et un geste fort au coeur de la campagne. Entretien.

 

Arnaud Di Pasquale : “Personne n’est dupe”
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Pourquoi ne pas avoir attendu le résultat des élections à présidence de la FFT avant de prendre votre décision ?

La question était d’abord de savoir si je rempilais ou pas. Un mandat, c’est une olympiade, c’est quatre ans. C’est un engagement fort. A ne pas prendre à la légère et et j’ai décidé que je ne rempilerai pas. Ca ne me paraissait assez cohérent de partir avant les élections plutôt que juste après.

Une éventuelle victoire de Jean-Pierre Dartevelle, qui souhaitait vous maintenir à votre poste, n’a pas nourri votre réflexion ?

Ce n’est pas une décision que l’on prend en deux minutes. Evidemment, cette possibilité existe. C’est mon élu référent depuis presque quatre ans et on travaille bien ensemble. Ce n’est pas une décision facile par rapport aux équipes de la DTN, par rapport à mon histoire avec cette maison depuis que je suis tout petit. Je suis un homme de convictions. J’ai arrêté tôt ma carrière, j’ai toujours voulu découvrir plein de choses et aujourd’hui je ressens l’envie d’aller vers de nouveaux horizons. Je suis allé au bout du mandat. Quitter mes fonctions juste avant les élections, c’est être allé au bout de mon job. Si je prends cette décision, ce n’est pas pour la regretter. Beaucoup m’ont soutenu et vous savez aussi qui j’ai envie de soutenir dans cette campagne, clairement !

Au-delà de votre envie d’ailleurs, tout n’a pas été facile à vivre ces derniers mois. Cela a forcément pesé dans votre décision…

Le job est passionnant et je me suis régalé. En revanche, c’est très lourd. Il faut être sur le haut niveau et dans les ligues, établir une relation de proximité avec un nombre d’acteurs incalculables. C’est d’ailleurs ce qui en fait sa richesse. Donc je ne mets pas ça uniquement sur le compte de ces derniers mois. Les méthodes employées par certains (NDLR : Bernard Giudicelli, secrétaire général de la FFT et candidat à la présidence), qui ont pris des libertés, ont causé beaucoup de tort aux équipes et ont désorganisé un fonctionnement. Il y a un sentiment de défiance vis à vis de la DTN, qui a été dénigrée ces derniers mois. Moi je ne l’explique pas, car je regarde l’intérêt du tennis français. L’éviction d’Arnaud Clément par exemple (NDRL : du poste de capitaine de l’équipe de France) a été un épisode extrêmement difficile, humainement, Quand tu dois remplacer publiquement ton meilleur pote, un frère même, qui est toujours un frère, c’est super dur. Tous les remous des derniers mois ont eu des conséquences, et ce, via des méthodes auxquelles je n’adhère pas. Autre exemple: notre politique sportive avait été votée à l’unanimité, et à partir du moment où le président a décidé de ne pas se représenter, cette même politique, basée sur un schéma directeur qui avait plu à tout le monde, certains se sont crus libres de contester cette politique, votée et validée. Et tout ça, en allant jusqu’à user du mensonge, de calomnies et de travestissement de faits. Malgré les attaques, j’ai toujours défendu l’intérêt de la FFT, de l’institution. Comme lors de l’éviction d’Arnaud Clément d’ailleurs : j’ai respecté les procédures, j’ai été intègre et droit vis à vis de la FFT. Pourquoi ce dénigrement de la DTN, en fait ? Parce que mon élu référent est candidat à la présidence. C’est surtout ça, ce qu’il faut mettre en avant. C’est une réalité. Personne n’est dupe.

“Libre à chacun d’interpréter ce départ”

Avez-vous envie d’avoir une voix qui porte lors du dernier mois de la campagne ?

Je ne peux pas. Mais libre à chacun d’interpréter ce départ. Ca peut montrer une indignation de ma part vis à vis de certaines méthodes. Tout le monde sait ce que je pense, et ça ne peut être qu’implicite. Je ne peux pas être plus clair que ça.

Avez-vous des envies pour la suite ?

Je vais me donner un peu de temps. Ces huit années sont passées très vite, avec tout le temps la tête dans le guidon. La FFT est une belle maison qui m’a beaucoup donné et j’espère lui avoir un peu rendu. J’aime bien clôturer un chapitre avant d’en ouvrir un autre…

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