Arsenal recherche leaders et caractère désespérément

En difficulté depuis plusieurs saisons, Arsenal manque de leaders et de tauliers sur les terrains. La principale raison de l'échec des Gunners ?

Pour la première fois depuis 20 ans, Arsenal est bien parti pour louper la fameuse qualification en Ligue des Champions. Cette prison dorée qui permet à Arsène Wenger de conserver son poste depuis de nombreuses années alors qu'il est aujourd'hui dépassé. Sixième au classement avec six points de retard sur la quatrième place détenue par Liverpool, le club londonien enchaîne les défaites et sombre peu à peu dans une spirale sans fin. Le changement est réclamé par un grand nombre de supporters et le manager est prié de s'en aller. Pour le meilleur ou pour le pire. 



Arsenal, aujourd'hui, ne fait plus rêver. Le club a pourtant permis à des millions d'amoureux du ballon rond de vibrer, de pleurer, d'hurler, de ressentir tout un tas d'émotions, mais il stagne depuis bien trop longtemps et le terrible scénario sans surprise se répète inlassablement chaque saison. Las. Il semble tellement loin le temps des Invincibles, où les Gunners parvenaient à soulever les foules, où ils impressionnaient les plus grands clubs du monde. Arsène Wenger était alors un précurseur et un manager respecté de tous.

Pour amener Arsenal vers les sommets, il n'était pas seul. Arsène Wenger savait à l'époque s'entourer de joueurs précieux qui tiraient l'équipe vers le haut à chaque temps faible. Des joueurs talentueux certes mais pas seulement. Des leaders. Des joueurs à poigne, des "aboyeurs" et des patrons de vestiaire comme Patrick Vieira, Martin  Keown ou encore Lee Dixon. Des joueurs avec un mental impressionnant qui savaient faire passer les consignes. Aucun titre majeur n'a d'ailleurs été remporté depuis le départ de Patrick Vieira et ce n'est certainement pas un hasard.

Le manque de leaders pour tirer l'équipe vers le haut quand elle traverse un temps faible est un handicap trop sous-estimé à Londres. Chez les grosses écuries, comme le Bayern, le Real Madrid ou encore le Barça, il y a ce genre de leaders capable de taper du poing sur la table pour rameuter les troupes au moment où cela s'avère nécessaire. Le manque de leadership à Arsenal est pourtant pointé du doigt depuis de trop nombreuses années et perdure. Arsène Wenger n'a pas cherché (ou trouvé) les solutions pour y remédier. Il n'y a pas vraiment de joueurs capables de motiver les troupes, de les tirer vers le haut, de gueuler lorsque ça ne va pas. Ni sur les terrains ni dans les vestiaires. Quand on pense que lors du 8e de finale aller face au Bayern (5-1), Kieran Gibbs a récupéré le brassard de capitaine à la suite de la sortie de Laurent Koscielny (touché à la cuisse), c'est qu'il y a un problème.

Ce que pointait du doigt Patrice Evra en 2009, "onze hommes contre onze enfants", n'a au final pas tellement changé. Certes, les Gunners ont grandi mais ils n'arrivent toujours pas à se comporter comme des hommes sur le terrain et face à la difficulté, ils baissent trop souvent les bras. Cesc Fabregas aurait pu devenir un leader avec le temps mais il a préféré s'en aller pour le Barça et toute l'équipe construite autour de lui a dû réapprendre. Alexis Sanchez a le mental d'un guerrier mais il reste trop irrégulier et immature pour avoir l'étiquette d'un vrai leader sur le terrain. "Il y a des équipes où si vous faites quelque chose de moins bien, on vous recadre. Parfois, Sánchez essaye, mais pas de la bonne manière. Il balance les bras en l'air ou des trucs du genre. Moi, si je fais quelque chose moins bien, Glenn Whelan me recadre. Pas parce qu'il ne m'aime pas, mais parce que, parfois, il faut quelqu'un pour vous dire que vous n'êtes pas à votre niveau. On en a besoin et quand je joue contre Arsenal, je ne vois pas ça. Il n'y a pas ce genre de joueurs", confiait milieu de terrain de Stoke City, Charlie Adam.

Les matches où Arsenal est apparu inoffensif sont bien trop nombreux pour être listés. "Ils sont trop tendres. Ils sont faibles. (...) Il y a une certaine faiblesse dans ce groupe. On dirait qu'ils manquent de caractère, de leaders et de gagnants", rapportait Roy Keane déjà en 2015. Et il est dans le vrai. Cela fait bien longtemps qu'Arsenal n'a plus eu de vrais leaders. Des joueurs qui ont du cran, la rage de vaincre, qui ne se laissent pas faire... Des 'méchants' presque, des hommes de caractère de la trempe des Patrick Vieira, Sol Campbell ou encore Martin Keown. Le groupe manque de tempérament et les joueurs sont trop tendres. Un peu à l'image d'Arsène Wenger, le capitaine d'un navire qui chavire. Et depuis que le coach n'est plus épaulé par ces tauliers, plus rien ne va dans le nord de Londres. 

Il est sans doute là le vrai problème. Il manque une mentalité de gagnant à Arsenal. Il manque un Patrick Vieira, un Tony Adams ou un Martin Keown. Et il manque un manager qui saura ramener des joueurs de cette trempe-là...


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