Athlé - ChM (H) - Pierre-Jean Vazel : «Quentin voulait un oeil neuf»

L'Equipe.fr
Depuis deux ans, Pierre-Jean Vazel entraîne Quentin Bigot, quatrième du concours de marteau à Londres vendredi. L'ancien coach de Ronald Pognon et Christine Arron explique cette collaboration atypique.

Depuis deux ans, Pierre-Jean Vazel entraîne Quentin Bigot, quatrième du concours de marteau à Londres vendredi. L'ancien coach de Ronald Pognon et Christine Arron explique cette collaboration atypique.Présent dans la capitale anglaise après avoir passé les douze derniers mois à entraîner des sprinteurs chinois à Shanghai, Pierre-Jean Vazel a retrouvé Quentin Bigot avec plaisir il y a quelques jours. Si leur collaboration a commencé il y a deux ans, elle a été cette saison limitée à des échanges par mail, téléphone ou vidéoconférence entre la Moselle et la Chine. Mais l’ancien coach de Ronald Pognon et Christine Arron devrait dans quelques semaines rentrer en France pour se rapprocher de Bigot et poursuivre une collaboration qui a déjà porté de beaux fruits.Bigot au pied du podium«Pourquoi un lanceur de marteau pense-t-il à faire appel à un entraîneur de sprint ?Il y a deux ans, Quentin est venu me voir chez moi, à Montgeron (Essonne). Il est resté un week-end, on a beaucoup discuté. Moi je n’aurais pas eu l’idée de le contacter. J’ai surtout entraîné des sprinteurs mais j’utilise beaucoup de choses venant d’autres disciplines. Sur les lancers, j’avais pas mal de ressources : interviews, profils, portraits, rapports biomécaniques, résultats, vidéos, méthodes d’entraînement. Quentin est venu pour ça aussi : il voulait avoir un œil neuf, une approche de coach assez différente.Avez-vous hésité avant d’accepter d’entraîner un athlète ayant été suspendu pour dopage ?J’avais suivi son contrôle positif d’assez loin. Après, la grande question c’est : est-ce qu’un ancien dopé bénéficie toujours de ce qu’il a pris des années après ? J’ai travaillé sur le sujet à partir d’études scandinaves laissant penser que, oui, il y avait des effets à long terme. Mais ce n’était pas très convaincant. En me penchant encore sur la question en 2015, de nouveaux articles m’ont permis de reconsidérer ma position, notamment des documents venant de l’ex-RDA. J’ai changé d’avis sur cette question de l’effet à long terme. Donc je n’ai aucune réticence à travailler avec Quentin.Comment s’est organisée votre collaboration ?La première saison, on était tous les deux en France, lui à Metz, moi en région parisienne. On se déplaçait à tour de rôle. Ensuite, je suis parti il y a un an en Chine, c’était plus compliqué, mais on a pu communiquer sans trop de problèmes. Il a fait de la natation, du sprint : ça peut paraître surprenant pour lui mais moi je ne trouve pas ça excentrique pour un lanceur. On a aussi parlé diététique, nutrition, mais aussi de conseils de simple bon sens.Psychologiquement, l’avez-vous "récupéré" très marqué par son contrôle positif ?Cela fera toujours partie de sa vie, il n’y pense pas tant que ça aujourd’hui. Il ne se concentre pas là-dessus. Ça ne l’aide en rien à s’entraîner, à vivre, à travailler. Les remarques qu’il subit, ce n’est pas injuste, c’est ainsi, il a fait une erreur. Même si pour les règlements, il est un athlète comme un autre.Concernant le geste technique proprement dit, vous parvenez à lui donner des clés précises ? Quentin est assez autonome et connaît sa discipline comme peu d’autres lanceurs. YouTube le nourrit, c’est son biberon ! Il regarde des concours en intégralité de tous les championnats. Ces derniers jours, il a regardé Tokyo 1991, Edmonton 2001… Il est capable de raconter les péripéties des concours du passé. Il est sans cesse en recherche d’informations sur la technique, l’historique, les profils des anciens champions. On se ressemble dans cette approche de l’athlétisme qui mêle connaissance et pratique.»

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