Athlé - Disparition - Lamine Diack, ancien président de l'IAAF disparu à l'âge de 88 ans, en cinq dates

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Avant de devenir président de l'IAAF condamné pour corruption, Lamine Diack, décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, fut un athlète doué, un footballeur passionné, un homme politique en même temps qu'il a grimpé les échelons dans les instances sportives internationales. Retour sur sa carrière en cinq dates. 1958 : champion de France du saut en longueur Arrivé en France en 1957, à 24 ans, Lamine Diack était alors un passionné de football. Mais le Sénégalais avait également un certain talent pour le saut en longueur. Alors pensionnaire de l'Institut national du sport (INS), l'ancien Insep, c'est dans cette discipline qu'il s'entraîna sérieusement. Il devint champion de France en 1958 avec un saut à 7,63 m, et champion de France universitaire en 1959 avec un bond à 7,72 m. « J'ai fait de l'athlétisme tout simplement parce que chez nous c'était un passage obligé pour obtenir le brevet sportif populaire. Tout n'était pas marrant, mais il fallait s'envoyer un saut en longueur, un lancer de poids, de la vitesse, du demi-fond et un grimper de corde avant de retourner très vite avec les copains taquiner la balle », confiait-il à L'Équipe en 2000. En plus de l'athlétisme, Diack a été international AOF (Afrique occidentale française, une fédération regroupant huit colonies) en football et en volley.

1964 : le début de sa carrière de dirigeant sportif De retour au Sénégal, Lamine Diack est devenu entraîneur de football, au Foyer France Sénégal, de Dakar. C'est dans son sport de coeur qu'il a débuté sa carrière de dirigeant sportif. De 1964 à 1968, il fut Directeur technique national de l'équipe du Sénégal, indépendant depuis 1960. Il entraîna l'équipe nationale et dirigea le très populaire club du Diaraf de Dakar, né de la fusion entre le Foyer France et les Espoirs de Dakar. Premier président de la Confédération africaine d'athlétisme, fondée en 1973, il devint, en 1974, membre du Comité national olympique du Sénégal, puis président en 1985, jusqu'en 2002. lire aussi Lamine Diack est mort 1969 : Diack s'engage en politique Parallèlement à sa carrière de dirigeant sportif, Lamine Diack s'engagea en politique, qu'il avait découvert dans le sillage du président Léopold Sédar Senghor, puis de son successeur, Abdou Diouf. « Après la décolonisation, le Sénégal manquait de dirigeants, racontait à L'Équipe, en 2003, Mamadou Koumé, alors rédacteur en chef de l'Agence de presse sénégalaise. Lamine Diack était un champion reconnu et un brillant universitaire. Comme d'autres intellectuels, il a cumulé les fonctions. » Membre du Parti socialiste, Diack fut nommé secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports en 1969 et occupa ensuite d'autres postes ministériels. À partir de 1978, il fut simultanément maire de Dakar, jusqu'en 1980, et député à l'Assemblée nationale jusqu'en 1993. Il accéda à la vice-présidence de l'Assemblée nationale en 1988. lire aussi La double vie de Lamine Diack 1999 : élu président IAAF Vice-président de la Fédération internationale d'athlétisme, alors appelée IAAF, depuis 1979, Lamine Diack en prit les commandes par intérim, en 1999, après la mort de Premio Nebiolo, en poste depuis 1981. Il sera élu lors du congrès de l'IAAF en 2001. Le style du Sénégalais était en rupture avec son prédécesseur. Diack déléguait, prônait le dialogue, usait du consensus, fut parfois taxé de laxisme. Durant ses mandats, il mit en place des circuits continentaux, remplaça la Golden League par la Ligue de diamant, qui offrait de la visibilité à toutes les épreuves, mais peina à redynamiser un sport en perte de popularité et miné par les affaires de dopage. 2015 : Le début des ennuis judiciaires Lamine Diack a été mis en examen pour la première fois en 2015, pour corruption présumée autour du dopage en Russie. Il était accusé d'avoir retardé des sanctions disciplinaires contre des athlètes russes soupçonnés de dopage, en échange du renouvellement des contrats de sponsoring et de diffusion télé en amont des Mondiaux 2013 à Moscou. Dans la balance apparaissait aussi le versement de fonds du pouvoir russe pour financer l'opposition au sortant Abdoulaye Wade lors de l'élection présidentielle 2012 au Sénégal, remportée par Macky Sall. Pour ces faits de corruption, il avait été condamné, en septembre 2020, à quatre ans de prison (dont deux ans ferme). Il avait fait appel et la date d'un nouveau procès devait encore être fixée. Diack devait être jugé dans une deuxième affaire, après sa mise en examen en mars 2019 pour corruption, cette fois-ci dans le cadre des attributions des Jeux Olympiques 2016 et 2020 ainsi que dans les processus d'attribution des Mondiaux d'athlétisme de 2015 (Pékin), 2017 (Londres) et 2019 (Qatar). Lamine Diack était rentré au Sénégal en mai, après la levée de l'interdiction de quitter la France dans le cadre de son contrôle judiciaire.

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