Athlé - Dopage - Ophélie Claude-Boxberger inflexible face à ses juges

L'Equipe.fr
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L'audience d'Ophélie Claude-Boxberger devant la commission des sanctions n'a pas vraiment permis d'y voir plus clair. La commission devra trancher entre deux scénarios. Si on attendait que l'audience de la Commission des sanctions fasse brutalement la lumière sur cette affaire ténébreuse, on a de quoi être déçu. Les deux parties, Ophélie Claude-Boxberger d'un côté, et l'AFLD (Agence française de lutte contre le dopage), de l'autre, s'en sont tenues à leur scénario ce lundi. La seule avancée notable provient du rapport de l'expert sollicité par l'agence, qui s'est expliqué par visioconférence. lire aussi Ophélie Claude-Boxberger au pied du mur Martial Saugy, ancien directeur du laboratoire antidopage de Lausanne, a notamment révélé qu'un autre échantillon de l'athlète, prélevé le 23 septembre, à la veille des Championnats du monde de Doha, contenait lui aussi des traces d'EPO. L'échantillon, prélevé par l'unité antidopage de la fédération internationale, Worlds Athletics, n'avait pas fait l'objet d'une recherche d'EPO après la compétition mais a été ensuite utilisé aux fins de l'enquête. Il en conclut qu'il faut « exclure le scénario d'une injection unique le 12 septembre » et qu'il y a probablement eu plusieurs injections du produit interdit. Martial Saugy, ancien directeur du laboratoire antidopage de Lausanne « La probabilité que cela se soit passé comme l'athlète le décrit est très faible » L'athlète, elle, affirme toujours que son soigneur, Alain Flaccus, lui a injecté de l'EPO à son insu lors de son dernier jour de stage à Font-Romeu, le 12 septembre 2019, soit six jours avant le contrôle positif qui a eu lieu à son domicile de Montbéliard. « La probabilité que cela se soit passé comme l'athlète le décrit est très faible », tranche Martial Saugy. lire aussi Dans les méandres du dossier de l'affaire Flaccus - Claude-Boxberger L'audience était publique (à la demande d'Ophélie Claude-Boxberger), mais pas complètement. Alain Flaccus, cité par le collège de l'AFLD (Agence française de lutte contre le dopage), avait demandé à témoigner à huis clos et a privé les observateurs de la partie la plus attendue. Le soigneur de la demi-fondeuse, interrogé en visioconférence, s'en serait cependant tenu à sa dernière version des faits et aurait répété qu'il n'avait ni procuré, ni injecté l'EPO à Ophélie Claude-Boxberger, comme il s'en était accusé dans un premier temps. Le risque d'une suspension de huit ans Un peu abandonnée par une défense chloroformée, l'athlète a été sa meilleure avocate. Tenace, réactive, elle n'a rien lâché. Lors du témoignage d'Alain Flaccus, elle aurait même été offensive. « Je lui ai directement posé des questions, affirmait-elle après l'audience. Il me dit qu'il est désolé et il se contredit tout le temps. Il dit : ''D'après mon avocat''... Tout cela a été très fatigant, je ne veux pas m'avancer sur la décision qui sera rendue parce qu'en fait c'est court pour tout expliquer. » L'athlète risque sa carrière. Si elle est reconnue coupable de dopage à l'EPO, elle sera suspendue pour quatre ans. Mais elle peut se voir infliger quatre ans supplémentaires pour obstruction à la procédure puisque l'AFLD, bousculée par une commission qui a clairement montré son indépendance, l'accuse d'avoir fomenté le faux-témoignage d'Alain Flaccus. La décision, mise en délibéré, sera connue dans deux à trois semaines.