Athlé - Eaubonne - Solène Ndama : « J'ai rebondi »

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Troisième du pentathlon à l'Euro en salle l'hiver dernier, Solène Ndama a vécu un été plus compliqué. Engagée sur 60 m haies à Eaubonne, lundi prochain, la Bordelaise assure aller mieux, mais n'a pas encore défini son programme pour l'été. « La dernière image que l'on a de vous, c'est votre abandon sur 100 m haies aux Mondiaux de Doha. Avec le recul, pouvez-vous nous expliquer ce qui s'est passé ?
Je pense qu'il y a des choses dans ma saison que je n'ai pas bien réussi à gérer sur le plan personnel et ça a un peu empiété sur le sport. Après, ce sont vraiment les haies que j'ai ratées à Doha et avec du recul, ce n'est pas catastrophique. Les épreuves combinées ce n'est vraiment pas ce que j'espérais mais je fais plus de 6000 points et ça reste correct. Je n'ai pas d'explication particulière, des fois ça arrive, on est un peu moins bien dans sa vie personnelle et ça influence un petit peu le sport. Mais ce n'est rien de grave, je rebondis et ça ira très bien cet été. Est-ce que vous restez sur la même structure que l'an passé ?
Je reste au club de Bordeaux, où je continue avec les mêmes entraîneurs, Laurent Moreschi et Jean-Daniel Mirre sur les haies. Il y aura sûrement un petit changement pour cet été mais ce sera annoncé en temps voulu. Je n'en dirai pas plus. Au moins pour me sentir bien pour cette olympiade et ne pas me prendre la tête. C'est la devise de cet été. Peut-être que le projet olympique 2020 sera plus sur une discipline qu'une autre... Vous allez choisir entre l'heptathlon et les haies ?
(Elle hésite) Non ce n'est pas une question de choisir ou pas choisir. Pour l'instant, je ne sais pas encore vraiment quel projet développer pour 2024. En tout cas, pour 2020, le projet changera pour ne que je ne me prenne pas la tête. Euro en salle 2019 : médaille de bronze et record de France égalé pour Solène Ndama au pentathlon Comment se passe votre saison hivernale ?
J'ai commencé par le X-Athletics (meeting d'épreuves combinées à Clermont-Ferrand), j'étais un petit peu malade donc je n'ai pas fini, ensuite je suis partie aux Championnats de France à Lyon, j'ai fait les perfs que je devais faire et j'ai vu ce que j'avais à voir. Après ça, il y a eu l'annonce du report des Championnats du monde en salle, et donc plus vraiment d'objectif. Je cours à Eaubonne parce que je n'ai pas fait ce que je voulais sur les haies, j'ai vu les filles courir et ça m'a donné un peu plus envie. Après ça, je vais prendre deux semaines et je repartirai pour une préparation. Je ne ferai pas les Championnats de France Élite. Vous imaginez participer aux Championnats d'Europe à Paris après les Jeux ?
Oui, au vu du projet, oui. Comment avez-vous digéré votre année 2019 ?
Ça a été un peu mouvementé parce que ça s'est très bien passé l'hiver, le début d'été était très bien, au Décastar et à Marseille, et ça a été un peu la descente à Gävle (Euro espoirs, où elle fait zéro à la hauteur) et Doha (14e de l'heptathlon, refus d'obstacle en séries du 100 m haies). Mais avec du recul, je pense que rien n'arrive par hasard. Il fallait que je change des choses dans mon cadre pour que j'arrive à rebondir et que tout se passe bien. J'ai bien digéré, c'est passé, ce n'était pas catastrophique. On m'a toujours vue réussir en championnat donc ça m'a un peu fait bizarre, à moi aussi, de voir que parfois, ça ne se passait pas comme prévu, mais j'ai rebondi et ça va. Solène Ndama « Aux Championnats du monde en salle, j'aurais eu un objectif de podium, je pense qu'il fallait laisser reposer la machine pour que ça se relance. Vous avez bien récupéré après Doha ? 
Oui, enfin, je pensais avoir bien récupéré et c'est vrai que l'annonce du report des « Monde », ce n'était pas du tout un soulagement parce que c'est décevant de ne pas pouvoir faire des Mondiaux, mais plus une remise en question. Ça m'a permis de souffler, de ne pas me prendre la tête sur les entraînements, ne pas être stressée au vu d'une première échéance et d'une deuxième en août. Cela aurait été une source de pression ?
Pas forcément, mais quelque chose en plus dans la saison, alors qu'il y a des JO à préparer, c'est déjà quelque chose de grand. Je sais qu'aux Championnats du monde j'aurais eu un objectif de podium, je pense qu'il fallait laisser reposer la machine pour que ça se relance. Par votre histoire, vous êtes quelqu'un d'assez autonome. Dans votre carrière, est-ce que c'est vous qui prenez les décisions, est-ce que vous sentez que vous avez besoin d'aide ?
J'ai été toute seule à 15 ans et j'ai été très épaulée jusqu'à maintenant par mon entraîneur Laurent. Maintenant c'est vrai que j'ai besoin d'avoir plus d'autonomie parce qu'il a eu le rôle de papa pour moi, il était souvent là pour moi. Je n'ai pas eu à m'occuper de grand-chose pour mon appartement, mes papiers, etc. Aujourd'hui, je sens que j'ai besoin d'émancipation comme un jeune avec ses parents. Je pense que je suis plus autonome qu'avant et je pense que ça me correspond bien. En tout cas c'est le mode de vie que je veux maintenant. »

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