Athlé - LD - Paris - Francine Niyonsaba, le second souffle

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La Burundaise Francine Niyonsaba, hyperandrogène et privée de sa distance fétiche, le 800 m, par le règlement de World Athletics, a confirmé sa reconversion fructueuse sur le long avec la MPM du 3 000 m (8'19"08), samedi à Paris. C'était le premier 3 000 m de sa vie et elle l'a géré d'une main de maître, repoussant une attaque de la Kényane Margaret Kipkemboi dans la dernière ligne droite. La détermination qui se lit dans le regard de Francine Niyonsaba est la même qu'avant, à l'époque où elle volait sur le double tour de piste. Mais depuis que World Athletics a interdit aux athlètes féminines présentant un taux de testostérone trop élevé de s'aligner sur les distances du 400 m au mile (1 609 m), la Burundaise a choisi de monter sur le fond. lire aussi Les résultats du 3 000 m Cet été, la coureuse de 28 ans s'est qualifiée pour les Jeux Olympiques de Tokyo sur le 5 000 m et le 10 000 m. Elle y a connu des fortunes diverses. Sur la plus courte des deux distances, pour laquelle elle nourrissait le plus d'ambitions, elle a été disqualifiée après avoir marché à l'extérieur de la piste. Un moment douloureux dans lequel elle s'est sentie abandonnée par sa fédération, qui n'a pas contesté la décision. Quelques jours plus tard, elle bouclait le 10 000 m à la 5e place, en 30'41"93. « Je suis une athlète de détermination, très motivée. Ce qu'il s'est passé aux Jeux m'a fait de la peine, mais j'ai essayé d'oublier et de continuer à regarder devant. C'est pourquoi j'ai fait le 10 000 m avec un bon chrono et une 5e place. J'étais très heureuse », raconte-t-elle en français.

« Le 800 m et le fond, ce n'est pas évident, mais avec mon niveau de performance, ma détermination, vous avez pu voir, cela donne une belle course » Comment, quand on a l'un des plus beaux palmarès sur le 800 m de ces dernières années (vice-championne olympique du 800 m en 2016, vice-championne du monde à Londres en 2017, double championne du monde en salle 2016 et 2018), arrive-t-on en si peu de temps (deux ans) à se muer en coureuse de fond ? « J'ai beaucoup de choses à faire pour évoluer sur les longues distances, mais je pense qu'à l'entraînement, je vais avoir du temps pour prendre des décisions intelligentes pour évoluer encore. Comme vous le savez, le 800 m et le fond, ce n'est pas évident, mais avec mon niveau de performance, ma détermination, vous avez pu voir, cela donne une belle course. » lire aussi Le podium décapité du 800 m des Jeux de Rio Francine Niyonsaba est une athlète en mission. Amie de Caster Semenya, hyperandrogène comme elle et embarquée dans un combat judiciaire contre les instances sportives pour obtenir le droit de courir sans avoir recours à un traitement hormonal, l'athlète a choisi de souffrir sur la piste. Quand on lui demande si elle vise des titres au plus haut niveau, elle reste évasive, parle « d'effort » et de la volonté de servir de modèle. « Je veux vivre la souffrance, j'aime la souffrance. » Et le plaisir, dans tout cela ? Il vient plutôt de la satisfaction du travail accompli. « Je suis très contente de ce que je fais. C'était difficile à l'entraînement mais j'ai essayé de m'adapter. Maintenant, avec mon Dieu, mes amis qui m'ont soutenu, les temps que j'ai réussi, je suis très contente. » Après un cycle d'adaptation de deux ans, Niyonsaba, qui s'entraîne au Kenya, va se pencher sur le perfectionnement de sa préparation pour devenir une vraie spécialiste du fond. lire aussi La carrière brisée de Margaret Wambui, athlète kényane hyperandrogène

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