Athlé - Marseille-Cassis - Un Marseille-Cassis sans étrangers lors de l'édition 2021

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Pour sa 42e édition, dimanche, la très belle classique pédestre réserve sa course élite aux licenciés français. Les marathoniens Amdouni et Navarro espèrent en profiter pour s'inviter au palmarès. C'est sûrement la plus belle des classiques à pied françaises. 20 km, depuis l'ombre du Stade Vélodrome jusqu'au bleu de la mer, via le col de la Gineste, en surplombant les calanques. Marseille - Cassis, annulée l'an passé, puisque la lutte contre le Covid ne permettait pas les rassemblements groupés même au grand air provençal, reprend sa route dimanche matin. Ils seront 18 000, une poignée de moins que d'usage, pour honorer de leur foulée la 42e édition. Puisqu'il faut toujours que l'un aille plus vite que tous les autres, la balade est aussi une course, avec de beaux vainqueurs, français les années initiales, africains depuis près de trente ans. Cette fois ce sera un Français, probablement à choisir entre les olympiens Morhad Amdouni et Nicolas Navarro, le nouveau sociétaire de l'énergique club organisateur, le SCO Sainte-Marguerite qui démontre que l'athlétisme est encore actif et revigorant en certains lieux.

Des Français donc et pas de Kényans... Il y en avait pourtant neuf sur place, engagés la semaine dernière sur une tentative de record du monde de grand fond (100 km hommes et 50 km femmes), contrecarrée par le mistral qui souffla sur le circuit du Castellet. Ils sont repartis lundi, auraient bien aimé différer leur retour et gagner quelques euros convertibles en shillings sur Marseille-Cassis. Les organisateurs ont refusé leurs envies. L'entraîneur Claude Guillaume, qui vit à Iten, au Kenya, la plupart de l'année, et veille sur les intérêts de Joyce Jemutai Kiplimo, s'en est ému : « Je trouve juste dommage qu'on ne lui permette pas de gagner sa vie, il faut bien considérer que ces coureurs ont eu beaucoup de mal à sortir du pays et à nourrir leur famille. Je trouve aussi dommage qu'on refuse la confrontation qui est source de progrès. » lire aussi Toute l'actu de l'athlé Benoît Z, l'ex-recordman d'Europe du marathon, qui organisait le défi du Castellet (« avant tout dans un but humanitaire, avec des athlètes qui ne sont pas les plus en vue, qui servent surtout de sparring-partners à leurs camarades ») a essayé de convaincre les organisateurs. André Giraud, l'actuel président de la FFA n'est plus en poste. « C'est ma très grande satisfaction de voir que ça peut continuer sans moi, je n'ai jamais cru aux hommes providentiels. » Le témoin a été passé il y a cinq ans à Laurent Manneveau qui assume son plateau : « Organiser, avec un Covid toujours présent, est compliqué. Au meeting de Marseille ça a été très compliqué de gérer les problèmes de visa et d'attestations. On a aussi perdu des bénévoles. On se concentre pour réussir cette édition dans un cadre un peu plus contraint. »

La mainmise des Kényans qui phagocytent les palmarès et les primes agacent ici et là certains organisateurs ou coureurs. « On était même prêts à payer les dossards » révèle Claude Guillaume. Ou à partir de derrière, avec les vagues des populaires où parfois se cache Jean-Jacques Goldman, auteur de « Là-bas », belle ode à la diversité. Les organisateurs n'ont pas voulu revenir sur leur dogme 2021. « On ne peut pas bricoler en deux ou trois semaines. » Amdouni ou Navarro se disputeront donc « les 5 ou 6 000 euros » (dixit Manneveau) proposés au plus véloce, mais promis juré, dès l'an prochain, la course sera ouverte à tous, sans distinction de passeport : « Je m'y suis déjà engagé auprès des agents. » Le slogan de la course 2021 pourrait resservir : « Retrouvons le plaisir de courir ensemble. »

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