Athlé - Renaud Lavillenie, quatre années de doutes de 6 m aux 6 m

L'Equipe.fr
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Renaud Lavillenie a franchi dimanche à Tourcoing la barre des 6 mètres (6,02 m) pour la première fois depuis près de cinq ans. Un soulagement pour l'ex-recordman du monde après quatre saisons de doutes, ternies par de nombreuses blessures.

1 781 jours de disette balayés en un seul saut. En franchissant une barre à 6,02 mètres dimanche (meilleure performance mondiale de l'année) lors de la première édition du meeting Perche en or à Tourcoing, Renaud Lavillenie a mis fin à une période de près de cinq ans sans passer au-dessus des 6 mètres. Le champion français retrouve le sourire, après quatre saisons perturbées par de multiples blessures et une série de contre-performances.

2016, la déception de Rio
Il faut remonter au 17 mars 2016 pour retrouver trace de la dernière performance à plus de 6 mètres de Renaud Lavillenie. Dans la salle américaine de Portland, le français franchissait une barre à 6,02 mètres et décrochait ainsi son deuxième titre de champion du monde en salle. Auteur de 3 performances au-dessus de la barre mythique cette saison-là, Lavillenie ne parvient cependant pas à réitérer cette performance lors des Jeux Olympiques de Rio en août (il échoue à 6,03 m puis 6,08 m), et termine deuxième derrière le Brésilien Thiago Braz da Silva (6,02 m).

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Les blessures de 2017
Renaud Lavillenie entame l'année 2017 par une blessure à la cuisse gauche qui l'empêche de débuter sa saison en salle à Tignes comme il l'avait prévu. Après une convalescence de trois semaines, le Charentais rechute au mois de février et fait savoir par le biais de son entraîneur Philippe d'Encausse qu'il met fin à sa saison en salle.

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De retour pour la saison estivale, il remporte son 7e titre de champion de France à Marseille avec un saut à 5,80 m, mais manque de rythme en Ligue de diamant, battu dans toutes les épreuves par l'américain Sam Kendricks, qui explose cette année-là. Au Mondiaux de Londres, il termine 3e derrière le polonais Piotr Lisek et l'inévitable Kendricks, champion du monde avec un saut à 5,95 m. Le français signera toutefois sa meilleure performance de la saison quelques jours plus tard à Varsovie (5,91 m).

Battu par la jeunesse en 2018
Épargné par les blessures en 2018, Renaud Lavillenie se heurte à l'éclosion de la très talentueuse nouvelle génération, symbolisée par Armand Duplantis (18 ans à l'époque) qui remporte le championnat d'Europe à Berlin en août avec un saut à 6,05 m. Auteur de sa meilleure performance de la saison (5,95 m), le Clermontois échoue une nouvelle fois à dépasser les 6 mètres et termine 3e, derrière le Russe Timur Morgounov (6,00 m), autre révélation de la saison. Avant cette nouvelle désillusion, Lavillenie avait tout de même décroché un 3e titre de champion du monde en salle, avec une performance à 5,85 mètres, le 4 mars à Birmingham.

2019, pire année de sa carrière
L'année 2019 de Renaud Lavillenie a tout d'une saison cauchemar. Victime successivement d'une blessure au tibia droit puis d'une lésion musculaire à l'ischio-jambier, il met fin à sa saison indoor dès le mois de janvier, pour mieux se concentrer sur les mondiaux de Doha au mois de septembre.

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De retour sur les pistes le 15 juin lors du meeting de Pierre-Bénite (Rhône), il enchaîne les performances décevantes mais parvient à décrocher un seizième titre de champion de France en plein air le 28 juillet à Saint-Etienne, avec un saut à 5,85 mètres. Sa meilleure performance de la saison, mais aussi son plus faible plafond sur une saison de sa carrière. Le 28 septembre, il échoue à passer la barre des 5,70 mètres et est éliminé dès les qualifications des championnats du monde de Doha.

2020, recordman déchu
Alors qu'il échoue trois fois de suite à 5,64 mètres le 8 février au Perche Élite Tour de Rouen, Lavillenie est dépossédé de son record du monde le même jour par Armand Duplantis, qui réalise une performance à 6,16 mètres à Torun (Pologne). Le jeune prodige suédois améliore même sa marque historique quelques jours plus tard à Glasgow, en se propulsant à 6,18 mètres à seulement 20 ans.

Avant l'annulation de la majeure partie des compétitions en raison de la pandémie de Covid-19, Renaud Lavillenie signe la 2e meilleure performance de la saison hivernale lors du All-Star Perche de Clermont le 23 février (5,94 m), qu'il organise lui-même, et qu'il termine deuxième derrière Duplantis.

Objectif Tokyo
De nouveau au-dessus des 6 mètres depuis hier, Renaud Lavillenie réalise un début de saison prometteur après une performance à 5,92 mètres au Perche Élite de Bordeaux le 16 janvier. « Son niveau du moment c'est 6,10 m. Et quand on fait 6,10 m, on a une médaille aux Jeux. Il va s'entraîner pour être champion olympique » déclarait dimanche son entraîneur Philippe d'Encausse. À 34 ans, Lavillenie compte donc bien jouer les premiers rôles à Tokyo au mois de juillet, pour tenter d'y conquérir un deuxième titre, neuf ans après Londres.

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