Athlé - Sasha Zhoya, l'athlète de demain

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Sasha Zhoya a dix-sept ans et il est le nouveau recordman du monde junior du 60 m haies (7''34). Le Français fait la une du dernier numéro de Sport & Style, en kiosque ce samedi 7 mars avec L'Equipe.Son palmarès prometteur et, mieux, son potentiel de sportif complet, est à l'image de son héritage identitaire : multiple. Trois passeports - français par maman, zimbabwéen par papa et australien de naissance -, trois disciplines, une enfance à Perth et des vacances chez mamie, à Clermont-Ferrand, ont forgé cette tête bien faite, dotée d'une capacité d'adaptation et d'un contact facile. Il surfe entre les langues, les continents et les références culturelles avec l'aisance d'un enfant de la balle, curieux, forcément bilingue et étonnamment touche-à-tout. Curieux parce qu'avant l'athlétisme, ce fut le football, le basket, la natation, l'équitation, le patin et le hockey sur glace, puis le kung-fu qu'il pratique encore.Bilingue, grâce aux séjours fréquents en Auvergne, avec de vrais copains qui font toujours partie du paysage. Au point qu'à l'heure de faire un choix il y a quelques semaines - courir pour l'Australie, la France ou le Zimbabwe -, Sasha a fait celui du coeur : la France, c'est une histoire de famille et d'affinités. Touche-à-tout, enfin, car cet électron libre a de qui tenir, entre un père professeur de musique en Afrique du Sud, une mère coach sportive à Perth et musicienne elle aussi, une soeur étudiante et... musicienne.Résultat, après un cursus complet en école d'arts de la scène - cirque, magie, théâtre, danse -, Sasha vient de commencer les leçons de piano. Et rempile dans une école supérieure de danse. Pas de hip-hop, non - « Ça ne demande pas assez de travail de souplesse ni de contrôle musculaire » -, de la danse contemporaine s'il vous plaît. Avec un entraînement quotidien jusqu'ici. « J'aime le rythme de manière générale. Même quand je cours, j'ai toujours des beats en tête. J'ai choisi le ballet contemporain pour la beauté du geste bien sûr, mais aussi parce que j'aime prendre le contrôle sur ma souplesse. Et les étirements quotidiens que cela demande me servent pour mes performances. Quand je me suis blessé, j'ai d'ailleurs bien senti que j'avais récupéré plus vite grâce à la danse. »Une pratique assidue et une culture du sport qui lui confèrent une maturité unique selon son agent. « Au-delà du potentiel et d'un talent indiscutable, sa culture du sport est un atout. Il sait écouter son corps. Un sportif de haut niveau repousse les limites, il flirte en permanence avec la blessure, donc il faut être préparé psychologiquement. Savoir reconnaître les signaux, c'est plutôt l'avantage de l'âge, le fruit d'une certaine expérience. Certains ne reçoivent même pas ces signaux, et la plupart des carrières s'interrompent d'ailleurs sur des blessures. À 17 ans, Sasha sait anticiper. Pousser quand il le sent et sortir d'une séance plus tôt s'il le faut. Ça fait la différence. »Pour l'instant, privilège d'une certaine fraîcheur, l'heure est encore pluridisciplinaire et au cumul des performances, avec deux records du monde battus en cadet depuis l'été dernier : 110 mètres haies (12,87') et perche (5,56 m). Mais aussi un record du monde égalé - celui de Ladji Doucouré, son entraîneur - sur 60 mètres haies indoor (7,48') et, accessoirement, deux records de France en 100 et 200 mètres haies aussi. Sasha ou la rage de vaincre ? Gentiment, à le voir évoluer devant l'objectif. Sans pression ni grosse tête pour celui qui avoue prendre le même plaisir à s'investir auprès des enfants aborigènes du centre de l'Australie.Interagir avec les autres, et en particulier avec les jeunes, fait partie de ses priorités. Et de son point de vue bien arrêté, du rôle d'un champion. « Deux fois par an, je pars avec mon coach partager mon expérience auprès des enfants dans le désert, près de Darwin. Je suis toujours surpris d'y découvrir de vrais potentiels. Nous essayons de ramener les meilleurs avec nous à Perth, et de leur donner les moyens d'accéder aux entraînements. »On l'observe encore devant l'objectif... Au-delà de l'image, se pose plutôt cette question : un athlète encore adolescent aurait-il déjà conscience d'un message à porter ? La réponse fuse. « À l'image d'Usain Bolt, les sportifs que j'admire le sont d'abord pour ce qu'ils incarnent à l'extérieur de la piste. Comme beaucoup, j'ai besoin de m'identifier à cette personne, ce sont donc ses valeurs qui m'importent, son attitude générale. Le comportement qu'il a avec les jeunes notamment, son approche de la popularité. Je veux être un champion accessible. Développer un lien avec les jeunes. L'entre-soi ne m'intéresse pas. »Et le style dans tout ça ? « Comme tous les gens de mon âge, j'aime la mode. Je rêvais vraiment de pouvoir un jour collaborer avec adidas. De tous les équipementiers, c'est celui-ci et pas un autre que je privilégie depuis que je suis en âge de choisir mes vêtements. Je vous laisse imaginer ma joie quand ils m'ont sollicité ! » Enthousiasme réciproque du côté de la marque aux trois bandes qui, avec 500 sportifs français ambassadeurs, tend à privilégier un accompagnement sur l'ensemble d'une carrière dès lors que l'athlète partage des valeurs et une personnalité fortes. Quels que soient l'âge et le degré de médiatisation.Sasha incarne pour la maison un type d'athlète bien dans son époque : éclectique, créatif, multiculturel et à la fois très authentique, attaché à la famille. Déjà porté sur les notions de partage et de transmission. « Respecter son développement pour le hisser au plus haut n'empêche pas d'aller plus loin dans la création de contenu avec sa complicité. La comédie, la danse, interagir avec les autres, il a tout le potentiel pour aller bien au-delà de son sport et il transmet assez naturellement cette dimension de plaisir dans tout ce qu'il entreprend. C'est un profil idéal de champion » résume l'équipementier.

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