Athlé - « Il y a toujours eu des innovations dans notre sport » selon Sebastian Coe, président de World Athletics

L'Equipe.fr
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Le président de la Fédération internationale d'athlétisme Sebastian Coe considère que les évolutions de la technologie, et notamment les pointes de nouvelle génération, font partie de l'histoire de l'athlétisme. Sollicitée lors de la réalisation de notre article sur les pointes de nouvelle génération, la Fédération internationale d'athlétisme (World Athletics) est revenue vers nous en indiquant qu'elle jouait « son rôle en tant que régulateur de notre sport qui comprend l'adoption des innovations », tout en rappelant les mesures mises en place depuis 2020 en termes de régulation (30 mm d'épaisseur pour les pointes, une seule plaque de carbone autorisée). Des mesures qui n'ont pourtant pas empêché l'inflation des chronos lors des derniers mois. lire aussi Les nouvelles pointes ont bouleversé la saison en salle « Ce processus fonctionne bien mais prend inévitablement du temps pour se mettre en place, indique le communiqué. Toutes les nouvelles chaussures et prototypes ont été et continueront d'être examinés par rapport aux règlements, avant d'être utilisées dans des compétitions internationales où les performances des athlètes sont enregistrées. Les chaussures continueront également d'être répertoriées sur une liste de chaussures approuvée sur le site Web de World Athletics. » En première ligne sur ce sujet, le président de World Athletics, Sebastian Coe, double champion olympique du 1 500 m (1980-1984), a également souhaité livrer sa pensée dans le même communiqué. « Il y a toujours eu de l'innovation dans notre sport dans les équipements, les pistes et les chaussures et c'est une bonne chose, écrit Coe. Dans les années 1930, des athlètes comme Rudolf Harbig couraient 1'46'' sur 800 m sur une piste en cendrée ; Peter Snell a réalisé un record du monde en 1'44"3 au 800 m sur une piste en herbe en 1962 ; Roger Bannister a fait moins de 4 minutes sur le mile avec des chaussures dont vous ne voudriez pas mettre pour promener votre chien. Et quand j'ai battu le record du monde du 800 m en salle il y a près de 40 ans, c'était à la RAF Cosford, le seul site en salle du Royaume-Uni à l'époque. lire aussi Hugo Hay : « Il faut avouer qu'il y a une part de la chaussure dans la progression » Les athlètes se sont échauffés ce jour-là avec trois ou quatre survêtements enfilés les uns sur les autres parce qu'il n'y avait pas de chauffage. La surface de la piste était recouverte d'une plaque de caoutchouc mais c'était comme courir sur du béton. Si j'avais dû courir plus que 800 m, j'aurais dû enfiler une paire de chaussures de marathon légères et non des pointes car les muscles de mes mollets seraient remontés jusque dans mes oreilles. » Détenteur du record de Grande-Bretagne du 800 m en salle depuis 1983 (1'44''91), Coe, un brin ironique, salue le travail des équipementiers et la bonne forme des athlètes, alors que deux de ses concitoyens (Eliott Giles et Jamie Webb) l'ont devancé sur les tablettes lors du dernier mois. « À l'époque, si des amis voulaient me féliciter, c'était souvent par télégramme et non par SMS ou WhatsApp. L'innovation est partout autour de nous et a toujours été dans notre sport. Rendons donc le mérite à nos athlètes plutôt que de nous laisser distraire par un mauvais débat. Nous ne devrions pas essayer d'étouffer l'innovation. » La créativité et l'innovation au sein des équipes techniques des équipementiers ne sont que l'un des facteurs multiples et interdépendants qui doivent tous se conjuguer pour battre un record du monde. Vous devez également prendre en considération d'autres facteurs tels que la préparation qui a été faite et notamment la motivation des athlètes dans une année olympique. Il est également important de noter que lors des derniers records, des conditions idéales (lièvres, météo, parcours) ont été rencontrées. » lire aussi Retrouvez toute l'actualité de l'athlétisme