Au procès de l'affaire Laporte-Altrad, on oublie les fadettes...

Bernard Laporte, mercredi au tribunal correctionnel de Paris. (E. Garnier/L'Équipe)

Après les avoir vertement réclamées la veille, la défense de MM. Laporte et Altrad n'a pas souhaité, ce jeudi, formaliser au tribunal une demande précise concernant les factures téléphoniques détaillées.

Dès l'ouverture du deuxième jour d'audience au tribunal correctionnel de Paris, où comparaissent MM. Altrad, Simon, Atcher, Laporte et Rover, la controverse des fadettes est revenue sur le tapis. Pour rappel, la première journée du procès avait été suspendue prématurément après une intervention de l'avocat de Mohed Altrad, Me Vey, relayée ensuite par l'avocate de Bernard Laporte, Me Colin, s'étonnant de l'absence de ces factures téléphoniques détaillées dans le dossier pénal.

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« J'ai fait demande aux procureurs du PNF, vendredi dernier, de ces données brutes de téléphonie, c'est-à-dire les fadettes avec le nom de l'opérateur en haut, expliquait Me Vey. Est-il normal que ces données ne figurent pas au dossier pénal ? Mardi soir, j'ai reçu un fichier Excel incompréhensible. »

L'accusation s'étonnait pour sa part d'une demande aussi tardive dès lors que la défense bénéficiait d'un accès aux scellés judiciaires depuis un an et un mois. « C'est d'autant plus problématique, relevait Me Colin mercredi, que nous avons constaté des incohérences dans l'interprétation de la téléphonie par les enquêteurs. » Avant d'ajouter : « Si les fadettes n'existent pas, nous demanderons d'annuler tous les PV fondés là-dessus », menaça Me Colin.

Me Vey, avocat de Mohed Altrad

« Nous ne voulons pas formaliser un incident »

Ce jeudi, la présidente a donc demandé à la défense de MM. Altrad et Laporte s'ils souhaitaient formaliser des demandes sur le sujet des fadettes. Finalement, non, en dépit du débat tendu et long de la veille. « Nous souhaitons en rester là », dit Me Versini-Campinchi, l'autre conseil de M. Laporte.

« Nous ne voulons pas formaliser un incident, ajouta Me Vey. Nous n'avons pas retrouvé dans le dossier la réquisition judiciaire portant sur le numéro de téléphone de M. Altrad. Mais peut-être n'avons-nous pas bien regardé. Cela dit, si elle devait à manquer, nous nous réservons la possibilité de demander au tribunal un supplément d'information. »