Audi se défend d'être le fossoyeur du DTM

Rachit Thukral
motorsport.com

à la fin de la saison 2020. La marque d'Ingolstadt était impliquée dans le championnat depuis 2000, année du retour du DTM après plusieurs saisons d'absence. Pour certains fans, cela est un coup fatal pour le DTM, qui ne dispose plus que d'un seul constructeur engagé, BMW.

Mais Dieter Gass, directeur de la compétition d'Audi, ne souhaite pas que son entreprise porte la responsabilité de la possible "mort" du DTM. Selon lui, les retraits de Mercedes fin 2018 et de R-Motorsport (qui engageait des Aston Martin) à la fin de l'année dernière avaient plus d'impact sur la santé du championnat.

"Je vois les choses très différemment, bien sûr", a-t-il expliqué à Motorsport-Magazin. "Il faut voir la situation dans son ensemble. Après le retrait de Mercedes, il ne restait que deux constructeurs. Et il était clair que le DTM ne pourrait pas fonctionner avec deux constructeurs seulement. Aston Martin est venu faire du remplissage. On peut se demander si ça a été un succès ou non, et s'ils n'ont pas été les fossoyeurs en partant."

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

Lire aussi :

BMW juge "déloyal" le retrait d'Audi en fin de saison

Gass a ensuite indiqué les avancées effectuées par Audi pour le DTM depuis 2018 : "Je vois qu'Audi a été la marque qui a le plus poussé le DTM ces dernières années. Nous avons été les premiers à lancer une équipe cliente [WRT, ndlr]. Et nous sommes la seule marque avec une neuvième voiture en 2020, pour remplir la grille de nouveau. Je pense qu'il est assez injuste de nous accuser d'être les fossoyeurs du DTM. Sans Audi, le DTM se serait terminé bien plus tôt."

L'alignement tardif avec le SUPER GT, cause du départ d'Audi ?

Prévu pendant plusieurs années, le passage du DTM au règlement Class One s'est produit en 2019. Ce règlement impose aux constructeurs d'utiliser des moteurs quatre cylindres turbo de deux litres, en lieu et place des V8 atmosphériques précédemment utilisés. Le plan initial était de disposer de ce règlement, commun avec le SUPER GT japonais, dès 2017.

Mercedes a toutefois bloqué cette possibilité, citant des coûts trop élevés, et les discussions entre les deux championnats ont pu arriver à un stade avancé une fois que le retrait de la marque de Stuttgart a été annoncé. La question de la place qu'aurait eu Audi en DTM si le règlement avait été adopté deux ans plutôt peut se poser.

"C'est hypothétique", explique Gass. "Mais on imagine que si les quatre cylindres étaient arrivés plus tôt et si Mercedes était resté deux ans, cela nous aurait donné beaucoup plus de temps pour être à un meilleur niveau par rapport aux Japonais que là où nous avons finalement été", indique-t-il, en référence à la "Dream Race" de Fuji, en fin d'année dernière. "Je pense que cela aurait amélioré nos chances [de rester en DTM], en principe."

Dieter Gass a également indiqué qu'il n'était pour l'instant pas du tout acquis qu'Audi puisse fournir des moteurs clients pour les équipes le souhaitant en 2021.

À lire aussi