Auto - WEC - Vasselon : «Ce duel contre Porsche, c'est fantastique !»

L'Equipe.fr
L'équipe Toyota Motorsport qui a perdu les 24 Heures du Mans dans l'avant-dernier tour, en 2016, se donne tous les moyens d'une revanche, cette année, avec l'engagement d'une troisième TS050 HYBRID.

L'équipe Toyota Motorsport qui a perdu les 24 Heures du Mans dans l'avant-dernier tour, en 2016, se donne tous les moyens d'une revanche, cette année, avec l'engagement d'une troisième TS050 HYBRID.En même temps que sa principale concurrente, la Porsche 919 Hybrid tenante du titre en championnat du monde d'endurance (WEC) et aux 24 Heures du Mans (17-18 juin), l'écurie Toyota Motorsport présentait, vendredi à Monza, sa nouvelle machine : la TS050 HYBRID 2017. Autour de la même coque que l'an passé, tout est changé : une nouvelle aérodynamique et une évolution plus puissante du moteur V6 turbo essence de 2,4 litres avec récupération d'énergie électrique. Mais surtout, l'équipe engagera pour la première fois une troisième voiture aux 24 Heures du Mans pour augmenter ses chances de s'imposer enfin dans la plus grande course d'endurance du monde.«Pourquoi cette décision d'engager (enfin) une troisième voiture aux 24 Heures du Mans (17-18 juin) ? En 2014 et en 2016, nous avons vécu à peu près le même scenario, au timing près : un niveau global de performances et de fiabilité qui devait nous permettre de gagner les 24 Heures du Mans mais à chaque fois, une auto a été retardée par un gros accident (2014) ou une touchette qui n'était pas bénigne (2016) et la deuxième voiture a connu un problème de fiabilité qui ne nous arrive qu'une fois mais nous secoue très sérieusement (l'an passé, la Toyota de tête est tombée en panne et a perdu la course à la fin de l'avant-dernier tour). La statistique devenait quand même très forte, palpable ! Nous avions clairement besoin d'une troisième auto pour ne pas répéter cela et tenter de gagner Le Mans...Et pourquoi pas plus tôt ?Mais tous les ans nous avons fait un budget pour engager une troisième auto ! Et nous prenions une décision en fonction des moyens financiers que notre maison-mère nous allouait. Cette année, nous n'avons pas eu plus d'argent mais un certain nombre de facteurs ont changé. De 2016 à 2017, la réglementation a été globalement stable et nous n'avons pas eu à opérer un saut technologique comme celui de l'an dernier où l'on aurait déjà aimé aligner une troisième auto aux 24 Heures du Mans, sauf que nous avions amené à la fois un nouveau moteur V6 turbo et un nouveau système de récupération d'énergie pour passer de la catégorie 6 Mégajoules à 8 Mégajoules. Ce n'était pas l'année où il fallait le faire. Cette fois, nos bases sont plus solides.Et vous avez trouvé le financement nécessaire ? Avec Porsche, nous avons décidé de geler les monocoques de l'an passé (jusqu'au changement de réglementation). Et puis le règlement technique nous limite à deux kits aérodynamiques de carrosserie pour la saison. Avec des ajustements, nous aurons une version avec beaucoup d'appuis pour la première manche du WEC à Silverstone (en direct sur la chaîne L'Equipe), puis une seconde un peu avant le Mans. Mais nous n'aurons pas à travailler sur un troisième kit pour la fin de saison. Tout cela a permis des économies substantielles qui ont enfin libéré suffisamment de ressources pour que l'engagement d'une troisième voiture ne se fasse pas au détriment de la performance des deux autres. J'ai toujours dit que je préférais deux voitures rapides à trois autos qui risquaient d'être plus lentes.Comment l'équipe va-t-elle se présenter aux 24 Heures du Mans, cette année, après l'épisode de 2016 ?Cela ne va rien changer. Nous n'irons pas au Mans, terrifiés. Terrifiés de quoi ? Ou alors, on peut être terrifiés de tout ! En plus, statistiquement avec la troisième voiture, nous aurons plus de chance. J'ai dit à l'équipe que bien sûr, nous devrons affronter beaucoup de pression, cette année. Mais il faut savoir l'accepter et en prendre le côté positif. Nous n'avons pas à être anxieux ou stressés. Et puis ce duel avec Porsche (qui engagera seulement deux autos), c'est fantastique !Sur la troisième auto confiée à Stéphane Sarrazin et au jeune Japonais Kuji Kunimoto, on enregistre le retour de Nicolas Lapierre, qui avait été évincé de l'équipe en cours de saison 2014...(il coupe) Et je suis très content de ce retour ! Même si de l'extérieur, cela peut paraître surprenant. En 2014, tout un faisceau de circonstances avait entraîné Nicolas dans une spirale négative (plusieurs sorties de route) qui risquait de nous faire perdre le championnat du monde. Il nous fallait l'arrêter, nous l'avons fait. Mais il n'a jamais été dit : Nicolas est un mauvais pilote que nous ne voulons plus voir. Dans ces cas-là, c'est toujours un individu contre un team. Nous devions prendre nos responsabilités, même si ce n'était pas évident car nous savions que cette décision pourrait avoir un effet négatif sur sa carrière. Maintenant, nous avons parcouru du chemin et Nicolas a montré qu'il était complètement sorti de sa spirale négative (deux fois vainqueur des 24 Heures du Mans en catégorie LMP2, en 2015 et 2016, et champion du monde LMP2 avec Alpine, en 2016). Parfait ! Il était un bon pilote, il reste un bon pilote, dans le coup. Très heureux de le retrouver ! »

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