Auto - F3 - Théo Pourchaire : « J'ai peur dans les montagnes russes, mais conduire une F3 à 290 km/h, pas de souci ! »

L'Equipe.fr
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Le pilote automobile de 17 ans, vice-champion de Formule 3 en 2020, se prête à la rubrique « Fenêtre sur corps » du magazine L'Équipe.

« Je ne le dis pas souvent, mais même quand la course est dure, j'adore ce que je fais. Pour moi, c'était un rêve d'arriver en F3, mais mon rêve principal, ça reste d'accéder à la Formule 1. J'ai la chance d'être à l'école de la Fédération française du sport automobile (FFSA), au Mans. On suit des cours en ligne avec le Cned, les professeurs viennent à l'école, on est bien encadrés. Et il y a une énorme salle de sport. Les cours occupent quatre jours de notre semaine, on nous laisse les week-ends - vendredis inclus - pour aller sur les courses. C'est l'école qui s'adapte aux courses et non le contraire.

L'entraînement physique, pour un pilote de course, est un peu particulier. Par exemple, on a une machine spéciale pour travailler le cou à la FFSA Academy. Je pratique beaucoup le gainage, le cardio, les bras, les épaules. Mais je fais surtout un travail d'endurance musculaire parce que les courses sont longues. Quand on regarde à la télé, on ne s'en rend peut-être pas compte mais le volant est dur à tourner, on est extrêmement gainés dans les virages, on prend beaucoup de G (encaissement physique de l'accélération), le cardio monte énormément, on peut s'essouffler très vite. C'est pour cette raison que la respiration est ultra importante. On n'y pense pas. Il m'arrivait de rester en apnée avant. Je transpire énormément, aussi. Sur le circuit de Barcelone, cette année, il a fait très chaud, 31 degrés, et je crois que sur une course de 22 tours, j'ai perdu environ 2 kilos. »

« En F3, on passe de 0 à 100 km/h en 3 secondes. Et ça va très très vite dans les virages. Une courbe, on peut la passer à fond à 220 km/h, une épingle à 120. Au milieu du virage, on subit quatre fois le poids de notre corps dans la voiture, d'où l'utilité de la préparation physique. C'est bizarre parce que j'ai peur dans les montagnes russes, mais conduire une F3 à 290 km/h, pas de souci [rires] ! Ça doit être le fait d'avoir le contrôle du véhicule, d'avoir confiance en soi. Le freinage est délicat, aussi, parce qu'on arrive très vite et qu'il faut freiner le plus tard possible. Notre instinct nous dit pourtant de freiner beaucoup plus tôt. C'est un moment assez violent, ça freine d'un coup, on est compressé. Ce sont d'incroyables sensations. On se sent un peu voler, c'est beau. C'est vrai que c'est dur. C'est dur d'être dans le top 5, dans le top 3, c'est dur physiquement, mais quand on y arrive, c'est tellement satisfaisant...

On me dit souvent que je suis un peu plus mûr que les gens de mon âge. Je ne le sens pas vraiment, mais c'est vrai que j'ai grandi en travaillant dans mon sport. J'ai bossé physiquement, bossé mon alimentation, pour évoluer au plus haut niveau et je pense que ça m'a aidé à grandir plus vite. Le plus important, surtout dans mon sport, c'est de prendre du plaisir, c'est comme ça que l'on y arrive. Et puis, quand on croise Lewis Hamilton sur les circuits, c'est sûr que ça motive. »