Auto - Formule E - Paroles de champions

L'Equipe.fr

Nelson Piquet Jr, Sébastien Buemi et Lucas di Grassi sont les trois champions depuis qu'existe la Formule E, des piliers de ce Championnat 100% électrique. Ils livrent leur sentiment sur la discipline.Ils sont trois vainqueurs du Championnat, au début de cette saison 4 de Formule E, les monoplaces 100% électriques. Le Brésilien Nelson Piquet (Jaguar) champion en saison 1, le Suisse Sébastien Buemi (Renault) lauréat en saison 2 et l’autre Brésilien Lucas Di Grassi (Audi), titré en saison 3. Ils expliquent ce que leur a apporté la Formule E.Sébastien Buemi : «C'est une aubaine d'avoir la FE»«La Formule E m’a apporté des victoires, des pole position, des meilleurs tours… et un titre de champion ! Et aussi du travail ! Aujourd’hui, si on est réaliste, en observant ce qui se passe en sport automobile, c’est un peu une aubaine d’avoir la FE. Peut-être que sans cela, Mercedes serait finalement resté en DTM et qu’Audi et Porsche n’auraient pas quitté l’endurance ; on n’en sait rien. Mais quand on regarde la tendance, on compte quand même de moins en moins de Championnats de haut niveau qui sont viables, en dehors de la Formule 1. Ce n’est pas facile. En tant que pilote professionnel, tu es déjà content que la FE existe ! (…) C’est un nouveau format de course sur une seule journée auquel il a fallu s’adapter. Donc cela m’a permis de m’améliorer encore dans mon pilotage.Techniquement, c’est moins flagrant car il s’agissait, au début, d’une formule 100% monotype ; le niveau de développement existait mais pas de façon aussi élevée qu’en WEC ou en F1. De ce point de vue, la FE ne m’a pas apporté tant que cela, au départ. Cela commence fortement à changer ! C’est très bien d’alterner WEC et FE car en endurance, comme il faut partager la voiture, on ne fait pas toujours la qualification ou le départ, par exemple. Ne courir que le WEC serait quand même un programme réduit. La preuve : beaucoup de gentlemen drivers y participent et à côté, ils ont un autre métier, ils travaillent. Mais techniquement, disputer le WEC avec les LMP1 hybrides m’a beaucoup appris pour la FE. Cela se complète bien. C’est très positif.»Luca Di Grassi : «Je me sens très chanceux»«C’est une très bonne question. J’ai eu mon temps en F1 (pilote d’essais puis 2010 avec Virgin), toutes ces années en endurance (avec Audi)... et maintenant, la Formule E à laquelle je participe depuis le début. C’est la première fois de ma carrière que je suis vraiment au top de la compétition, depuis plus de trois ans désormais, et où je participe en même temps à la promotion d’une technologie d’avenir dans laquelle je crois : le 100% électrique. C’est agréable de faire partie de cette série qui grandit chaque année. La F1 a été frustrante car la voiture était si mauvaise ; après quatre ou cinq courses, j’avais compris que je n’aurai aucune chance de me battre pour quoi que ce soit.En Formule E, en plus de contribuer à créer quelque chose de nouveau, je peux maintenant cocher la bonne case : j’ai été champion. (…) La LMP1 des 24 Heures du Mans était une bête ! Vraiment chouette à piloter... 1100 chevaux, beaucoup d’appui et de la pure adrénaline. On n’a pas cela en Formule E, évidemment. Mais l’auto reste techniquement difficile à bien conduire pour d’autres raisons. La compétition est telle que vous êtes vraiment obligé d’être performant tout le temps pour rester devant. Quand vous gagnez une course et encore plus un championnat, vous savez que vous avez fait du très bon boulot pour battre les autres pilotes dans des conditions de matériel similaires. Et même, pour ce qui me concerne, avec un certain handicap contre Sébastien Buemi et le moteur Renault... En tout cas, pouvoir piloter une monoplace et gagner des courses avec un très bon contrat à long terme n’est pas si fréquent de nos jours... Je me sens très chanceux.»Nelson Piquet Jr : «Ma priorité pour les 5 ans à venir» «Ce n’est pas très différent de ce que j’ai vécu dans toute ma vie de pilote. Si on court dans une série compétitive, on apprend toujours ; peu importe si la voiture est extrêmement rapide ou non. C’est le niveau des pilotes qui compte et aussi celui des ingénieurs auprès desquels on progresse chaque jour. Et en FE, il est très bon ! De mon côté, avec mes années d’expérience en sport automobile, je peux certainement apporter quelque chose à l’équipe technique pour trouver des solutions différentes, par rapport à un pilote plus jeune. Pour développer la voiture et le team. Et puis en Formule E, on est déjà bien payé.En notoriété, nous sommes encore loin de la Formule 1, c’est certain. Mais ici, il n’y a pas un gars qui apporte de l’argent pour courir ! Alors qu’en Indycar où les niveaux de rémunération sont comparables, il y a peut-être moins de dix pilotes qui n’ont pas besoin d’un sponsor pour trouver un volant. Telle ou telle équipe de Formule E préfèrera engager un Italien ou un Japonais mais ce sont tous des bons pilotes. Pour au moins les cinq prochaines années, ma priorité est la Formule E.»

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