Auto - IndyCar - Romain Grosjean, après les qualifications du GP d'Alabama : « Ma main gauche me rappelle que j'ai failli mourir »

L'Equipe.fr
·3 min de lecture

Pour son retour à la compétition après son accident en F1 l'an dernier, Romain Grosjean a créé la sensation en finissant septième et meilleur français de sa première séance de qualifications en Indycar, samedi au GP d'Alabama. « Septième, c'est un vrai bon résultat pour ces premières qualifications en Indycar, une belle manière de lancer cette expérience ?
Et encore, j'aurais pu faire mieux si le pilote devant moi n'avait pas été un peu plus lent dans le dernier tour, m'envoyant du mauvais air... Mais P7 c'est déjà très bien, même si on sait aussi qu'en Indy la qualif'n'est pas forcément la clé. C'est sûr que c'est bien d'être devant. Il y aura énormément de choses à apprendre en course (départ ce dimanche à 21h40). Donc, à la limite, peut-être que ce n'est pas une bonne chose car cela va me mettre de la pression (il rit) !

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Olivier Boisson, votre ingénieur, nous disait avant la qualification que si vous passiez en Q2 (soit dans les 6 meilleurs dans chaque groupe de 12), ce serait déjà pas mal...
"Pas mal", Grosjean il n'aime pas (il rit de plus belle) ! Ce n'est pas une expression qui fait partie de mon vocabulaire ! (plus sérieux) Non, c'était top. J'ai eu plein de messages, les gens sont clairement contents que je sois de retour dans le sport automobile après ce que j'ai vécu (son effroyable accident à Bahreïn en F1). Je fais cela pour moi, pour mes enfants et pour ma femme. Ils savent que j'aime rouler comme ça et j'ai ma main gauche (il tape plusieurs fois sur sa cicatrice) qui me rappelle que j'ai failli mourir. Donc être capable de s'amuser, de se faire plaisir, rouler avec des gens qui aiment la course et qui sont là dans le même but que toi, c'est quand même cool. Quelle impression pensez-vous leur donner ?
Après quelques années de disette en F1, je crois que les gens se rendent compte que ce n'était pas forcément Grosjean le problème, mais plutôt la voiture... « Ce qui me rend fier, c'est d'être là avec des gens qui aiment la course. Là où j'étais avant, on oubliait un peu ça... » Y a-t-il une fierté supplémentaire quand on fait cela avec l'écurie qui a le plus petit budget ?
(Son ingénieur, Olivier Boisson, lance : "Ah bah bien sûr, ça fait causer !", avant sa réponse) Pour moi, on s'en fout ! Moi, ce qui me rend fier, c'est d'être là avec des gens qui aiment la course. Là où j'étais avant, on oubliait un peu ça... Là on a Dale (Coyne, le propriétaire de l'équipe), Rick (Ware, qui le sponsorise), des gens comme Jimmie (Johnson, la légende de Nascar aux sept titres, qui s'est rué pour le féliciter dans le paddock, à la sortie). Des gens passionnés. Olivier, c'est pareil. Je ne devrais pas le dire devant lui, mais pas mal de gens m'ont dit que c'est l'un des meilleurs du paddock... C'est un vrai décalage avec la F1 ?
On a des sponsors, donc il faut s'occuper de cela aussi. Mais ici, tu sais que ton boulot c'est d'aller vite. Et quand Olivier doit faire quelque chose, il n'y a pas trente-six étages de hiérarchie à convaincre. On fait confiance au pilote et on avance. » lire aussi Grosjean, un nouveau départ