Auto - Neel Jani : « Avant le départ, je me sens vivant à 100 % »

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Le pilote d'endurance automobile de 37 ans Neel Jani raconte son amour de tous les sports, foot, amour, ski et course, bien sûr, dans la rubrique « Fenêtre sur corps » du magazine L'Équipe. « Je suis né en Suisse dans une famille où on faisait de tout : du foot, du tennis, du ski... Pour moi, le sport n'est jamais un effort. Lézarder au soleil sur une plage, ce n'est pas du tout mon truc. Je suis toujours en train de grimper sur une montagne ou de frapper une balle. Je ne comprends pas le concept de détente car je me sens parfaitement relaxé lorsque je pratique mes activités. Les jours les plus fatigants sont ceux où je dois m'asseoir devant mon ordinateur et traiter des dizaines de mails. Ma passion de la course s'est déclarée à 5 ans, alors que je faisais du kart avec mes parents. C'était une discipline parmi d'autres. Mais à 18 ans, j'ai remporté le titre de vice-champion d'Europe en Formule Renault, et les équipes de Formule 1 ont commencé à m'appeler pour me proposer des contrats. « Je pratique la randonnée en été et le ski de fond en hiver. J'ai besoin de cet environnement de lacs et de montagnes » Aux 24 Heures du Mans, où j'ai couru onze fois, c'est l'endurance qui est au coeur du défi. Il faut trouver son rythme en roulant, la limite à ne pas dépasser pour garder un temps de réaction optimal. Si on pousse à fond pendant vingt-quatre heures, on risque le crash. Chaque tour est différent, les capacités d'adaptation sont donc cruciales. La patience l'est aussi car on ne peut pas attaquer tout le temps. Comme aux échecs, il faut attendre le bon moment. lire aussi Guillaume Canet : « Le sport est une nécessité, sinon je deviens trop con » Le plus difficile à gérer est la concentration. Elle baisse très facilement, dès qu'on est fatigué ou que les douleurs arrivent : les crampes dans la jambe gauche qui pousse sur le frein l'équivalent de 100 kg, les ampoules sur les mains, les chocs dans le dos à chaque fois qu'on frappe au sol... Pour garder une forme physique au top, je m'entraîne chez moi, en Suisse, toute l'année, seul ou avec des amis. Je pratique la randonnée en été et le ski de fond en hiver. J'ai besoin de cet environnement de lacs et de montagnes, cette immensité où on n'entend rien et, parfois même, où on ne voit rien. Vivre en ville est inconcevable pour moi. Dans ma pratique quotidienne, je réserve le stretching pour le matin. L'après-midi est consacré au cardio et au renforcement musculaire. Le soir, je travaille mon équilibre sur une slackline, sur laquelle je marche pour apprivoiser les sensations de mon corps qui balance de gauche à droite. Six à sept fois par an depuis vingt ans, je me rends chez mon entraîneur, en Autriche, pendant une semaine. Il me fait notamment passer des tests de concentration en contexte de monotonie : je regarde des séries de triangles et je dois repérer ceux qui sont de couleurs différentes. Une tâche très simple si on l'effectue pendant quelques secondes, mais quand il faut maintenir une attention sans faille pendant quarante minutes, c'est un sacré challenge ! Juste avant le départ de la course, je suis à la fois heureux, concentré et excité. Ces émotions indiquent que je suis prêt à partir. C'est aussi un moment où je me sens vivant à 100 %. Après la course, je n'ai pas besoin de récupération particulière. Surtout quand j'ai gagné. » Neel Jani, c'est... 1,73 m pour 60 kg.
1 victoire (en 2016) en 11 participations aux 24 Heures du Mans.
1 titre de champion du monde d'endurance en 2016.
Au départ des 8 Heures de Bahreïn ce samedi.
Depuis 2019, Neel Jani portent les montres de l'horloger suisse Tag Heuer, qui noue un partenariat avec l'écurie du pilote, Porsche.

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