Auto - Le premier test (laborieux) d'une voiture électrique en 1974

L'Equipe.fr
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Dans la rubrique « Collection privée » de son numéro spécial écologie, en kiosques samedi, le magazine L'Équipe raconte le premier test d'une voiture électrique à Paris en octobre 1974. Mémorable.

C'est le premier essai de véhicule électrique retracé dans les colonnes de L'Équipe. En octobre 1974, un jeune reporter intrépide, Christian Vella, s'embarque devant les locaux du journal, rue du Faubourg-Montmartre à Paris, à bord d'une « Citadine électrique ». Lancée par le carrossier du Puy-de-Dôme Raoul Teilhol, c'est la première voiture électrique commercialisée en France. « Propre, silencieuse [...] conçue pour apaiser le bruit et la fureur de la circulation urbaine, c'est la voiture antipollution », indique la documentation de l'époque.

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La « caisse », c'est le mot qui convient, est une sorte de triangle de polyester stratifié, riveté sur un châssis lui-même posé sur une roue arrière motrice, et deux roues avant directrices. Près de 200 kg de kit batterie (9 blocs de 12 volts agglomérés) assurent autant la stabilité de l'ensemble (800 kg au total) qu'ils en plombent la maniabilité. Sa vitesse de pointe est de 50 km/h (dans sa version la plus puissante). Cette « microcar » coûte 16 000 francs, environ 12 000 euros au regard de la valeur du franc 1974. « Un gadget pour milliardaire », titre Christian Vella qui, dans son article, raconte surtout qu'il s'est fait railler, regarder comme une curiosité, et ne s'est pas senti en grande sécurité.

« Il faut compter une bonne dose de courage pour se jeter dans le bouillonnement de la circulation parisienne avec cette caisse montée sur trois roues et surmontée d'une cloche de verre. De dehors c'est marrant, mais il faut être installé à ses commandes (super dures, la direction n'a rien d'assisté) pour prendre vraiment conscience de la portée du terme stabilité. Ça roule et ça tangue, dans le plus pur style rock and roll. Ça épouse tous les creux, toutes les bosses, et sitôt qu'il pleut ça dérape méchamment. [...] Lorsqu'on débarque là-dedans, on est un peu crispé... »

La Citadine, produite à quelques dizaines d'exemplaires seulement jusqu'en 1978, n'a pas marqué l'histoire de la construction automobile, pas plus que la mémoire de Christian Vella, aujourd'hui retraité : « Je n'ai quasiment aucun souvenir. Si ce n'est que je me faisais doubler par tous les Solex... »