Auto - WEC - Romain Dumas : « L'équipe Glickenhaus a encore du travail avant les 24 Heures du Mans »

L'Equipe.fr
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Le Français Romain Dumas, double vainqueur des 24 Heures du Mans (2010 et 2016) et champion d'endurance WEC 2016, est de fait le leader du team Glickenhaus. Il commente le forfait de la nouvelle Hypercar américaine pour la première course de la saison 2021, le 1er mai à Spa. L'écurie Glickenhaus a confirmé, mardi, qu'elle fera l'impasse sur la première épreuve du Championnat du monde d'endurance WEC 2021, à Spa-Francorchamps le 1er mai. Dans la catégorie reine LMH, les nouvelles Hypercar Toyota GR 010 n'auront donc à affronter que l'Alpine A480 française, ex-Rebellion LMP1. L'Hypercar américaine enchaîne pourtant les séances d'essais de développement depuis son premier roulage, fin février, principalement sur le circuit de Vallelunga, non loin de ses ateliers italiens. « Mais nous n'avions jamais dit que nous devions aligner notre voiture dès le début de saison, a justifié le patron de la marque, Jim Glickenhaus. Nous avons toujours prévu de commencer à courir lorsque tout sera exactement tel que nous le souhaitons. » Une homologation en l'état jusqu'en 2025 Le processus de validation passe par une alternance d'essais en piste, des passages en soufflerie chez Sauber en Suisse, et des tests aérodynamiques en ligne droite, grandeur nature. Il doit se conclure par une simulation d'endurance de trente heures avec une auto et ses sept pilotes (Romain Dumas, Olivier Pla, Franck Mailleux, Pipo Derani, Richard Westbrook, Ryan Briscoe et Gustavo Menezes), début mai à Motorland Aragon (Espagne). D'où l'impasse sur les 6 Heures de Spa-Francorchamps. En effet, à sa première participation en course, l'Hypercar sera homologuée en l'état jusqu'en 2025 ; il s'agit donc d'être bien certains de ses choix techniques, y compris pour le moteur V6 3,5 litres non hybride (680 chevaux environ) développé en Ardèche, chez le préparateur Pipo Moteurs. Peugeot Sport a agi de manière identique dès les premières orientations techniques de sa future Hypercar, qui ne prendra pas la piste avant le mois de décembre prochain. Romain Dumas, pilote de la Glickenhaus SCG 007 LMH « Il n'y a pas eu encore une seule fois où nous n'avons pas joué avec le réglage des différentiels ou des amortisseurs, la hauteur de caisse, la charge aérodynamique... La base quoi ! » « Le principe d'homologation sur le long terme implique, en effet, de ne pas se précipiter et de ne pas se tromper dans nos choix, explique le pilote Romain Dumas, dont la grande expérience en endurance (deux victoires aux 24 Heures du Mans 2 010 et 2016, champion du monde WEC 2 016) en fait un peu le leader de cette nouvelle équipe qui a tout à découvrir. L'objectif de départ est les 24 Heures du Mans et avant cela, l'équipe a encore du travail car chaque fois que l'on roule avec la 007 LMH, nous apprenons encore quelque chose ! Il n'y a pas eu encore une seule fois où nous n'avons pas joué avec le réglage des différentiels ou des amortisseurs, la hauteur de caisse, la charge aérodynamique... La base quoi ! Nous avons dû boucler, jusqu'à présent, une dizaine de journées d'essais ; ce n'est quand même pas mal. Malgré tout, homologuer l'auto aujourd'hui serait trop tôt. Même avec une toute nouvelle voiture, Toyota peut s'appuyer sur son énorme expérience. Nous, nous ne savons pas comment nous situer par rapport à nos futurs concurrents car pour l'instant, il n'existe aucun chrono de référence ! »

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Il serait, par exemple, sans doute plus intéressant pour la Glickenhaus SCG 007 d'aller rouler à Spa-Francorchamps après la course des 6 Heures, pour disposer de temps de référence. Car pour l'instant, les seuls essais permettant un début de comparaison avec une base chronométrique connue et extrapolable ont eu lieu à Monza, il y a un mois. Romain Dumas, pilote de la Glickenhaus SCG 007 LMH « C'est assez surprenant pour une auto aussi neuve : nous n'avons jamais connu de grosse panne, il n'y a pas de gros loup » « Pour un début, nous avons roulé à peu près dans les temps d'une LMP2 de l'an passé - plus agile. Maintenant, comment sera Toyota ? C'est vraiment difficile de juger. Monza est une piste où il n'y a pas beaucoup de virages. En revanche, souligne encore Romain Dumas, ce qui est assez surprenant pour une auto aussi neuve, c'est que l'on n'a jamais connu de grosse panne ; il n'y a pas de gros loup comme un problème moteur et de boîte récurrent ! Ça, c'est plutôt bien. À part un accident à Vallelunga, nous n'avons jamais été vraiment arrêtés. Mais ce n'étaient pas de longs relais non plus, pour l'instant... »
Quant au moteur Pipo, « il fonctionne bien, remarque Romain Dumas. Pourtant, c'est nouveau aussi pour eux ! Ce n'est pas un moteur de rallyes ou de rallycross ; en endurance, ça obéit à plein de procédures que Pipo Moteurs ne connaît pas. Ne serait-ce que la cartographie moteur à régler pour économiser de l'essence derrière une voiture de sécurité. C'est un sacré challenge tout de même ! » L'équipe Glickenhaus devrait maintenant débuter aux 8 Heures de Portimao (Portugal, le 13 juin), puis enchaîner avec les 6 Heures de Monza (Italie, le 18 juillet), en attendant les 24 Heures du Mans (21-22 août).

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