Auto - WEC - La Toyota n°7 tire enfin le bon numéro en WEC

L'Equipe.fr
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Mike Conway, José-Maria Lopez et Kamui Kobayashi ont fait figure de maudits au sein du team Toyota Gazoo Racin, durant des années en championnat du monde d'endurance. Avec la victoire, samedi aux 8 Heures de Bahreïn, et le titre mondial 2020 des pilotes, la numéro 7 tient enfin sa revanche. C'en est terminé du championnat FIAWEC accueillant, depuis 2012, les protos LMP1 à moteur hybride. Ils seront remplacés, à partir de l'an prochain, par la catégorie des Hypercars, sensiblement moins performantes. Et tout est bien qui finit bien ! L'équipage de la Toyota TS 050 Hybrid numéro 7 qui, jamais depuis trois ans, n'était parvenu à battre la voiture n°8, ni aux 24 Heures du Mans ni au championnat du monde des pilotes, a enfin obtenu un titre majeur. Mike Conway (37 ans), José-Maria Lopez (37 ans) et Kamui Kobayashi (34 ans) ont devancé Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Kazuki Nakajima lors des 8 Heures de Bahreïn, samedi, épreuve décisive dans l'attribution du titre mondial 2020 des pilotes d'endurance.

Malgré leur défaite aux 24 Heures du Mans, en septembre dernier, Conway-Lopez-Kobayashi méritent incontestablement ce titre pour leur régularité tout au long de la saison 2019-2020 : quatre victoires aux 6 Heures de Silverstone et de Spa-Francorchamps et dans les deux éditions des 8 Heures de Bahreïn -plus trois pole positions. L'autre Toyota ne s'est imposée que deux fois, à Fuji et au Mans... Malheureusement, la course finale n'a donné lieu à aucun suspense entre les deux protos japonais (l'équipage qui terminait devant l'autre s'assurait aussi le titre). La faute à la règle du « success handicap » qui, durant toute la saison, a pénalisé, d'une course à l'autre, les voitures les plus performantes selon leur place au championnat. L'idée était de redonner plus de chances de succès aux prototypes LMP1 à moteur non hybride mais seule l'assidue équipe Rebellion-Oreca sut en tirer profit (victoire aux 4 Heures de Shanghai et 6 Heures d'Austin), au milieu d'un plateau de teams privés resté bien malingre. Le « success handicap » a tué le suspens De ce fait, le « success handicap » a toujours départagé artificiellement les deux Toyota TS050, privant le public d'une vraie confrontation puisque la n°7 et la n°8 ne se sont jamais (sauf au Mans) livré à une course à armes égales. Pire encore à Bahreïn ! Les deux Toyota restaient face à face, sans plus aucune concurrence suite au retrait de Rebellion après ceux de ByKolles et Ginetta, et le « success handicap » affubla malgré tout la n°8 (en tête au championnat avant la course) d'une demi-seconde de handicap au tour, insurmontable sans ennuis techniques sur la n°7. Ce fut le cas : parti depuis la pole position, Mike Conway infligea rapidement une trentaine de secondes de retard à Sébastien Buemi en début de course. Écart qui se creusa au-delà de la minute jusqu'à l'intervention de la voiture de sécurité à mi-course. Une fois la piste libérée, la Toyota n°7 reprit inexorablement son avantage jusqu'à l'arrivée. En cours de saison, tous les pilotes Toyota eux-mêmes s'étaient plaints de ce système qui les empêchait de se livrer une bataille fratricide à armes égales mais hier, chez les champions du monde, l'heure était forcément à l'oubli. Mike Conway : « Ce fut une saison difficile mais fantastisque ; c'est un super feeling d'être champion du monde. » Kamui Kobayashi : « Cela n'a pas toujours été simple depuis 2026 avec la TS050 mais maintenant, nous n'avons que de bons souvenirs. » José-Maria Lopez : « Tout le monde a travaillé si dur sur cette auto depuis des années ; c'est un sentiment incroyable, aujourd'hui. » Sébastien Buemi : « Félicitations à la n°7. C'est la vie : des fois vous gagnez, des fois vous perdez... » Kazuki Nakajima : « Bravo à eux, ils méritent ce titre. Nous avons eu aussi notre part en gagnant Le Mans. » Brendon Hartley : « Bravo à la n°7 qui n'a fait aucune erreur. Nous avons aussi fait une belle course mais avec une demi-seconde au tour de success handicap, ça n'a pas suffi. » Les Français Perrodo et Collards titrés en GTE-Am S'il n'y eut pas de course en LMP1, la victoire a donné lieu à une belle bagarre en LMP2 où le Jackie Chan Racing s'est imposé de 1''8 grâce à un super dernier relais du Français Gabriel Aubry face au champion 2020 de Formule E, Antonio Felix da Costa, dans l'autre Oreca du Jota Sport. L'Alpine A410 termine 5e pour sa dernière apparition en LMP2 où les titres étaient déjà attribués à United Autosport. En GTE enfin, victoire en catégorie Pro de Christensen-Estre sur la Porsche n°92 mais le titre revient à l'Aston Martin n°95 (Thiim-Sorensen). Les pilotes français se sont aussi illustrés en GTE-Am puisque la victoire finale au championnat revient à François Perrodo et Emmanuel Collard, associés au Danois Nielsen sur la Ferrari AF Corse (2es samedi). lire aussi Le résumé des 8 heures de Barheïn en vidéo