Avant Atletico-Leicester, où est passé Riyad Mahrez ?

Meilleur joueur du précédent exercice de la Premier League, Riyad Mahrez n'est que l'ombre de lui-même cette saison. Est-ce un problème mental ?

Ce mercredi, Leicester City a rendez-vous avec l'histoire. Dix mois après être monté sur le toit de l'Angleterre, les Foxes vont avoir l'honneur de disputer le premier quart de finale de Ligue des Champions de leur histoire. Face à l'Atletico Madrid, club vice-champion d'Europe, il leur faudra deux prestations collectives de tout premier ordre pour espérer passer. Et cela pourrait même ne pas suffire. Au regard de leurs limites, il apparaît que le salut passe également par le comportement étincelant des rares individualités hors pair que compte l'équipe. Dont une en particulier, en la personne de Riyad Mahrez.  

En cette saison 2016/17 très mitigée, marquée par une superbe épopée sur la scène européenne et un parcours très décevant en championnat, l'ailier algérien n'est pas le plus mauvais des Foxes. Avec 10 buts marqués et 5 passes décisives délivrées, toutes compétitions confondues, son bilan chiffré est même relativement honorable. Mais, d'un autre côté, il est aussi loin d'être le plus séduisant, tandis qu'il marchait sur l'eau durant la campagne d'avant au point d'être devenu le premier africain à décrocher le titre du meilleur joueur de la Premier League. D'un exercice à l'autre, l'enfant de Sarcelles a sérieusement décliné. Un décalage qui interpelle.

Privé d'un gros transfert, il a eu du mal à se remotiver 

La thèse selon laquelle l'ancien havrais a perdu toutes ses qualités en l'espace de quelques mois est bien sûr à écarter. Ses belles sorties contre Bruges en Ligue des Champions et plus récemment contre Séville démontrent qu'il peut encore signer des matches de très grande qualité. Mais, ce qu'il lui fait désormais défaut c'est la régularité. Durant la saison du titre, il était très rare qu'il passe à côté de son sujet. Depuis l'été dernier, c'est devenu, en revanche, très fréquent. À croire qu'il n'a pas su bien gérer la période d'après-sacre. Qu'il y a eu un point de bascule durant l'intersaison qui l'a fait dévier sur une pente descendante.

Est-ce le transfert manqué à Arsenal, juste avant le début du championnat, qui lui a été préjudiciable ? Publiquement, le gaucher algérien l'a constamment réfuté. Néanmoins, comment ne pas y avoir la cause de sa stagnation, voire de sa régression ? Cadenassé par sa direction alors qu'il avait envie de franchir un nouveau palier en rejoignant les rangs d'une formation plus huppée, Mahrez a pu inconsciemment lever le pied et en faire moins qu'avant. Et la saison moyenne que réalise son équipe n'est pas vraiment faite pour le rebooster. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ses meilleurs matches il les a réalisés en C1. Dans une compétition où tout va pour mieux, et dont le prestige est une excellente source de motivation.

Mahrez traine son spleen. Mais, il ne doit pas le faire indéfiniment s'il ne veut pas que sa carrière connaisse une tournure regrettable alors que le meilleur lui était promis il n'y a pas si longtemps. De plus, en cette période de début de printemps il gagnerait à retrouver le meilleur de son niveau pour séduire de nouveau les plus gros cadors du continent. Après tout, au sein de ces équipes, les vertus mentales et la capacité de rebond constituent des critères de recrutement tout aussi importants que les qualités intrinsèques. Et pour Leicester, ça serait aussi tout benef' pour cette fin de saison, vu que les dirigeants de l'équipe n'ont pas l'intention de retenir pour la deuxième année de suite leur génie algérien.
  

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