Avant OL-Besiktas, les Aigles règnent enfin sur Istanbul

Longtemps devancé par ses deux voisins, le Besiktas règne désormais sur Istanbul. Les Aigles ont pris leur envol. Difficile pour l'OL de les stopper.

A l'évocation du football à Istanbul, le premier thème qui vient à l'esprit des observateurs est la rivalité qui oppose les deux principaux clubs de la ville, le Fenerbahçe et le Galatasaray. Pourtant, ces deux frères ennemis ne sont pas les seuls à agiter le microcosme local. C'est aussi le cas du Besiktas. Longtemps considérée comme le troisième grand club du pays, l'équipe du Palais, pour reprendre l'appellation utilisée par son président Fikret Oman, a rattrapé une bonne partie de son retard sur ses illustres voisins. Depuis 2015, elle est même intraitable sur la scène nationale. Et c'est cet adversaire-là, avide de reconnaissance et de conquête, que l'OL va défier ce jeudi dans la bouillante Vodafone Arena.

En 2016, et après sept ans d'attente, le Besiktas a été couronné champion de Turquie pour la quatorzième fois de son histoire. Un accomplissement que les Aigles sont sur le point de rééditer. Et avec un nouveau sacre, la montée en puissance ne pourra qu'être confirmée. "Dans la hiérarchie, le Besiktas est toujours troisième derrière le Gala et le Fener, mais l'écart s'est considérablement réduit, nous confirme Sertac Kucukelci, rédacteur de Goal Turquie. Et avec l'aide du fair-play financier, il va finir par les dépasser. Parce que justement, le Besiktas est le seul à y obéir, tandis que les autres ne sont pas encore capables d'expliquer les règles à leurs supporters".

A la Vodafone Arena, le 12e homme joue bien son rôle

Dans les médias, tout prétexte est bon pour dresser une comparaison entre les trois fiertés de la ville. Mais, est-ce aussi le cas des joueurs ? Ces derniers en sont-ils également à se chamailler entre eux par rapport à leurs statuts respectifs ? Vedran Runje, ancien gardien de l'OM et de Lens et qui a passé une année au Besiktas (2005-06), nous assure que non. "Ce que je sais c'est que ce sont tous les trois de grands clubs. Les classer, je ne pourrais pas le faire. Quand on est sur le terrain, on ne s'occupe pas de qui est qui. Pour ce qui est de la quantité des fans et la popularité de chaque club, je serai donc incapable de répondre. Mais ce que je peux vous dire c'est qu'en terme de fidélité, les supporters du Besiktas sont admirables".

Un public chaud, passionné et extrêmement attaché à ses couleurs, c'est le dénominateur commun entre les trois meilleurs représentants du Bosphore. Runje se souvient encore des belles soirées qu'il a vécues à l' İnönü Stadium, l'ancien fief des Aigles : "Les gens au club étaient super sympas et les supporters étaient chauds. Un public exceptionnel. Et c'est l'idéal pour un joueur de football". Le Croate ose même un parallèle avec l'ambiance du Vélodrome lors des grands soirs. "Chaque public est particulier. Mais ceux de Besiktas et de Marseille sont aussi un peu similaires, juge-t-il. Ils sont tous à fond derrière leurs équipes. Moi, j'ai eu la chance d'avoir des supporters très passionnés partout où j'ai joué. Les joueurs respectent beaucoup ça. S'il y a une particularité à trouver aux fans de Besiktas, c'est qu'ils sont très bruyants. Ils font vivre les tribunes". Une opinion corroborée par Kucukelci : "ils sont très sensibles et ils sont toujours derrière les leurs. On a pu le constater lors du match de C1 contre Benfica où malgré le 0-3 de la première mi-temps, le soutien est resté le même". 

Le championnat reste leur priorité, mais…

Le fan de Besiktas est donc un supporter à part. Mais, l'appui du 12e homme pourrait ne pas suffire pour passer un écueil comme celui que représente l'OL. Runje ne s'en fait pas cependant. Il a une totalité confiance en une équipe qui ne cesse de grimper les échelons : "Cela fait quelques années que c'est l'une des meilleures, si ce n'est la meilleure équipe en Turquie. Même quand Bilic était là-bas, ils avaient fait de bons résultats en Europe. C'est sûr qu'elle peut réaliser de belles choses sur la scène continentale. Le championnat turc a aussi beaucoup progressé". La seule réserve que l'ancien Phocéen émet est par rapport au degré de motivation que pourraient avoir Cenk Tosun et ses coéquipiers. "Connaissant la mentalité des gens en Turquie, le plus important, ça reste le championnat. Surtout pour les supporters. Je ne sais pas à quel point ils vont donc se consacrer à cette Ligue Europa". Une question à laquelle il aura un premier élément de réponse ce jeudi à partir de 21h05.

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