Avant Roma-OL : Nainggolan, un ninja au pays des gladiateurs

La Roma réalise une belle saison sur différents fronts. Elle le doit en partie à son international belge Radja Nainggolan, reconverti en milieu offensif avec succès.

Jeudi dernier, au Parc OL de Lyon, Radja Nainggolan n'a pas été spécialement en vue. À l'exception d'une frappe dangereuse en première période, l'international belge n'a pas pu tirer son épingle du jeu face à des Gones qui l'ont bien neutralisé. Mais cette prestation discrète ne dit rien de ce à quoi ressemble sa saison avec la Roma. Le numéro 4 giallorosso réalise une campagne pleine. Peut-être la plus aboutie depuis qu'il a fait ses débuts en Serie A sous la tunique de Cagliari en 2009. Un rendement étincelant qui est dû en premier lieu à son replacement dans une position plus avancée sur le terrain. 

Cette saison, la Roma de Luciano Spalletti évolue la majorité du temps dans un système en 3-4-3, lequel peut se transformer en 3-5-2. Dans les deux cas, Nainggolan est celui qui est positionné derrière le principal attaquant. Un rôle nouveau pour celui qui jusqu'à l'été dernier était surtout utilisé comme milieu défensif par Spalletti, ou par le prédécesseur de ce dernier, Rudi Garcia. Pourquoi ce changement ? N'ayant pas trouvé de remplaçant valable à Miralem Pjanic, parti à la Juventus, le technicien romain a fait monter le plus technique de ses éléments d'entrejeu. Le constat qui s'impose c'est que jusqu'ici le natif d'Antwerp ne l'a pas déçu. Loin s'en faut.

Pour Spalletti, il est l'égal de Pogba

Nainggolan, surnommé "Ninja" par les tifosi en raison de ses origines asiatiques et sa grinta, est très à l'aise dans ce nouveau registre. Au sein d'une équipe qui aime avoir le ballon et étirer le jeu au maximum, il semble même se régaler. À croire que cette responsabilité est celle qui lui est la plus familière. En termes de statistiques, il réalise déjà le meilleur exercice de sa carrière (9 buts et 3 passes décisives). Et ce qui interpelle le plus c'est qu'il est le véritable baromètre de l'équipe puisque lors des 12 matches où il s'est montré décisif, toutes compétitions confondues, la Louve l'a emporté. Impossible de n'y voir qu'une simple coïncidence.

Nainggolan impressionne et son premier fan n'est autre que son entraineur. Spalletti a même affirmé dernièrement que son protégé n'avait rien à envier à Paul Pogba : "Pour moi, il doit avoir la même valeur. En tout cas sur le terrain, ils se valent. La seule chose qui les différencie c'est l'âge". L'ex-Rossoblu ne doit pas être insensible à ce compliment. Mais, on peut compter sur lui pour garder la tête sur les épaules. N'a-t-il pas maintenu, voir même élevé son niveau de performances en dépit des rumeurs continuelles qui l'envoient en Angleterre (à Manchester United, à Chelsea) ? Non, Nainggolan n'est pas du genre à se faire déstabiliser par ce qui se dit à son sujet. Et encore moins à se reposer sur ses acquis.

Il a le sens du spectacle

Le joueur formé au Germinal Beerschot fait même partie de ceux qui donnent le maximum à chaque rencontre, quitte à se dédoubler sur le terrain. Ainsi, cette saison en Serie A, et alors qu'il est surtout convié aux tâches offensives, il est le troisième milieu de terrain à effectuer le plus de récupérations (182). Et il le fait, qui plus est, d'une manière très esthétique avec ce fameux tacle du talon dont il a le secret et qui fait le bonheur de tous les spectateurs. Nainggolan a le sens du spectacle, même si sa priorité première reste l'intérêt collectif. Et quand les deux vont de pair, il ne se prive pas pour se faire plaisir. Joueur du championnat italien le plus efficace sur les frappes de l'extérieur de la surface (4 réalisations cette saison), il démontre que la prise de risque peut très bien se marier avec l'efficacité.

Nainggolan a beaucoup de qualités, mais il peut encore aussi progresser dans certains domaines. Dans son pays, par exemple, on estime que sa fougue peut parfois le desservir. Et que c'est ce qui explique qu'il n'est pas encore un titulaire indiscutable au sein de la sélection des Diables Rouges. Guillaume Gautier, journaliste pour l'hebdomadaire Sport Foot Magazine, nous explique : "Ce qui est parfois gênant, c'est le manque de structure dans son jeu, il a un style un peu anarchique, chien fou. C'est aussi pour ça que Spalletti l'a replacé plus haut, ce qui cache un peu ce "défaut" (qui n'en est plus vraiment un à ce poste-là)". "Ninja" est donc encore perfectible. Ce n'est toutefois en rien une mauvaise nouvelle. Sauf peut-être pour Pogba, qui peut commencer à s'inquiéter pour son transfert record.

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