Aventure - Deux Français à pied sur les routes d'Europe

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Tout plaquer pour parcourir l'Europe à pied. Depuis février 2018, deux Français, Marie Couderc et Nil Hoppenot, réalisent ce rêve fou, muni de leur seul sac à dos et de 10 euros par jour. En mars prochain, leur aventure prendra fin, retour sur les moments les plus marquants.Voilà deux ans qu'ils parcourent l'Europe, muni de leur sac à dos et de 10 euros par jour. En février 2018, Marie Couderc et Nil Hoppenot ont décidé de tout plaquer pour partir à l'aventure. En mars, ils termineront « 2 Pas Vers L'Autre » ce projet qui les a amenés à traverser 17 pays à travers l'Europe. Les deux aventuriers ont ainsi parcouru 10 000 km à pied avec un objectif : aller à la rencontre de nos voisins européens pour en révéler les richesses culturelles du Vieux Continent. Autant d'histoires et de découvertes qu'ils ont décidé de partager, à un mois de leur retour.Le « Grand Paradis » : leur meilleur 4 000 m« Pendant notre périple, on a traversé la plupart des massifs montagneux d'Europe. Nous n'étions pas alpinistes à la base et c'est notre premier 4 000 m qui nous a le plus marqués. C'était en août 2018, le « Grand Paradis » dans le Val d'Aoste en Italie, ce n'était pas le plus difficile techniquement mais notre sport de prédilection étant l'escalade de bloc, on a beaucoup appréhendé la hauteur à laquelle nous n'étions pas habitués. On a réalisé l'ascension sans guide, contrairement à la plupart des gens. Pour nous, c'est l'un des plus beaux sommets qu'on ait gravis, c'était magnifique. »Leur plus belle rencontre, le Slovaque Beno et son auberge« En automne 2018, on traversait la Slovénie. Une région très belle mais très humide à cette saison. On a fini trempés et on a très vite compris que nous avions besoin de nous poser un jour ou deux. C'est là que nous avons repéré une auberge, à côté du Lac Tsernitsa. Elle appartenait à Beno, un Slovène qui était devenu tétraplégique 15 ans plus tôt. Cet homme, plein d'énergie, avait hérité de la ferme familiale et avait décidé d'en faire un lieu de vie. On a très vite compris que ce n'était pas qu'une simple auberge, Beno fait vivre le village avec. Il est aussi artiste peintre et peint ses toiles avec son pinceau dans la bouche. Dans son refuge, le mardi, c'est le lieu de réunion des femmes, il leur laisse une salle et c'est leur moment à elles. C'est vraiment unique car en Slovénie, les femmes sortent peu, elles sont à la maison et les hommes au café. Nous repoussions le départ et sommes finalement partis dix jours après. On est arrivés dans une auberge, on est repartis avec un ami. »Sentiers encombrés, neige et chiens à leurs trousses, leur pire journée« Il y a quelques jours en Turquie, la mère de Marie nous avait rejoints. Une grosse vague de froid était arrivée en Russie. On est partis d'un village le matin, on a dû traverser plusieurs rivières très froides et à mesure qu'on avançait dans la journée on s'est aperçus que les sentiers qu'on devait emprunter n'existaient plus. Dans l'après-midi, deux chiens se sont enfuis d'une ferme pour nous suivre, on essayait de s'en détacher. La nuit commençait à tomber et le chemin qui longeait la rivière devenait de moins en moins praticable, on déchirait nos vêtements et les chiens étaient derrière à aboyer. On avait le canyon et la rivière 30 m en contrebas d'un côté et un mur de végétation de l'autre, où on essayait de se frayer un chemin avec la machette.Il pleuvait et on n'avait toujours pas réussi à avancer, on ne pouvait pas faire demi-tour avec les molosses derrière donc on a décidé de planter la tente. On s'est réveillés, il avait neigé toute la nuit, on a réussi à se frayer un chemin et on est arrivés dans une forêt inondée. On a rejoint la côte en pensant qu'il y ferait plus chaud, mais pas du tout, la plage était recouverte de neige. On voulait rejoindre le village le plus proche et pour ne pas rajouter 12 km à notre périple on a dû traverser un estuaire. On l'a franchi avec de l'eau jusqu'au nombril, le vent glacial et -5 °C dehors, il nous restait encore 2 km avant d'arriver au village, trempés. C'était vraiment les 48 heures les plus difficiles. »La peur du voyage, une traversée pentue« En juillet 2018, nous étions dans les Alpes italiennes, on suivait un sentier balisé jusqu'à se retrouver face à une pente de 50° sans pouvoir faire demi-tour. On était obligés de traverser cet endroit sur un sol sec qui s'effritait dès qu'on posait le pied. Il y avait du sable et des petits cailloux glissants, on n'avait rien pour se rattraper si on tombait. On a mis plusieurs heures à traverser, pas par pas, dans l'angoisse de tomber, on mettait parfois deux ou trois minutes à déplacer un pied. On a vraiment eu très peur, une chute aurait été fatale. »Arrivée sur le Belogradtchik, leur plus grosse surprise« En décembre dernier, on était en Bulgarie et on a découvert un lieu nommé Belogradtchik dans le massif du Grand Balkan. C'était un endroit qu'on avait envie de traverser car on avait lu que c'était très joli mais on n'avait pas plus d'informations dessus. On a découvert un ensemble de formation rocheuse, avec des pics qui sortent du sol dans les tons ocre et rouge. Il y avait une forteresse au milieu avec une grande porte en bois qui donnait l'impression de rentrer dans la montagne. On a vraiment été impressionnés par la beauté de ce lieu naturel. C'est l'un des endroits les plus beaux qu'on ait vus du voyage. »

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