Aventure - « Expédition Zéro », des défis sports écolos

L'Equipe.fr
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Benjamin de Molliens a lancé le défi « Expédition zéro » qui vise à partir à l'aventure sans émettre d'émission carbone, sans acheter de matériel neuf et ne produire aucun déchet. Il a déjà longé le Canal du Midi en paddle.

Le monde du sport outdoor se met de plus en plus au vert. Si les sportifs professionnels se sont déjà emparés de la question, avec par exemple le collectif ACTS qui a réuni de grands noms du sport en montagne ou encore le trailer Kilian Jornet qui a monté sa propre fondation, les initiatives de sportifs amateurs se multiplient, elles aussi,.

Zéro émission de carbone, zéro déchet et zéro matériel neuf
Benjamin de Molliens, jeune passionné de sport en extérieur, s'est lancé dans une nouvelle aventure, une aventure vers la sobriété : « l'Expédition Zéro ». Des défis sportifs, avec un principe simple, trois règles à respecter : émettre zéro émission de carbone, acheter zéro matériel neuf et produire zéro déchet.

Ce projet a vu le jour fin mai, juste après le premier confinement. Benjamin de Molliens a parcouru les 600 kilomètres qui séparent la Bretagne à la Normandie, de Larmor-Plage à Dieppe, à bord de son vieux vélo, pour rejoindre sa copine. Un voyage long de six jours, pendant lesquels il n'aura jeté aucun déchet, avec un moyen de locomotion neutre en carbone, qui plus est entièrement retapé avec des pièces de seconde main. Ce premier périple à vélo réunissait déjà l'essentiel de la démarche, de quoi donner à Benjamin de Molliens l'envie d'aller encore plus loin, et créer son propre concept.

« Au début, j'ai vu que ce petit défi avait un certain succès auprès de mes proches et que j'arrivais à faire passer mon message écologique, explique le Marseillais. Je me suis donc dit que j'allais essayer d'en faire trois, un peu comme les épreuves d'une compétition. »

Le trentenaire a ensuite traversé les Alpes à pied, de Saint-Gingolph à Menton en 29 jours, et longé le canal du Midi en paddle jusqu'à Sète, toujours en respectant ces trois zéros. Son but : se montrer en action au lieu de tenir un discours que certains peuvent percevoir comme moralisateur. « Je voulais vraiment raconter ça de manière seine et déculpabilisant, souligne-t-il. Je ne veux pas être extrémiste, je ne veux pas montrer aux gens qu'il faut être parfait, je veux juste leur montrer qu'il faut avoir conscience de tout ça et d'essayer. » Cet aventurier écolo n'a pas cherché à dépasser ses limites, il explique avoir pris son temps pour chaque expédition : « Je ne voulais pas mettre la performance en avant, mais montrer que ce que je fais est accessible à tout le monde. »

En ce qui concerne le zéro déchet, c'est aussi loin d'être à la portée de chacun. Durant sa traversée des Alpes, il avait prévu des petits sacs en tissu pour stocker sa nourriture. Pour se nourrir, il s'est essentiellement fourni dans des magasins de « vrac », avec des aliments sans emballages. « Si jamais je décide d'emporter du chaud, je prends des choses qui sont faciles à stocker comme la semoule, explique-t-il. Il m'est même arrivé de manger des plantes sauvages quand c'était difficile de trouver du sans-emballage. »

Privilégier le matériel usagé permet aussi de limiter les emballages et ralentir la « frénésie à la consommation » que dénonce Benjamin de Molliens. « On nous vend de la performance à travers les équipements, on nous pousse à acheter la nouvelle collection, la nouvelle gamme, souligne-t-il. Il faut s'orienter vers le marché de la seconde main où il y a des choses très bien, des équipements qui sont encore utilisables. J'invite les gens à repenser leur rapport à la consommation et à valoriser la durée d'un produit plutôt que la nouveauté et la performance à tout prix. »

Le défi « nettoie ton kilomètre »
Pour optimiser sa démarche, le Marseillais a poussé le concept « zéro déchets » plus loin. Il est allé jusqu'à les ramasser, notamment lors de sa traversée du canal du Midi, où il a accumulé plus de vingt-deux bacs de déchets. Une approche qui a fait naître un nouveau défi, celui du « nettoie ton kilomètre ».

Le « plogging », terme anglais qui désigne le fait de ramasser des déchets en courant, se démocratise de plus en plus. « Au début du second confinement j'ai dû changer mon aventure d'échelle, explique-t-il. Je n'avais pas plus qu'une heure et un kilomètre pour agir, alors j'ai posté une photo sur mon Instagram et j'ai lancé le #nettoietonkm. » Le concept est devenu viral sur les réseaux sociaux, relayé par de grands médias étrangers, et même des personnalités et des sportifs de renom, comme l'ex-Miss France Laury Thilleman ou encore l'explorateur Rémi Camu.

Benjamin de Molliens ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, il a prévu trois nouvelles explorations pour 2021, dont un voyage en train... jusqu'en Laponie.