Aventure - Loury, l'aventurier qui veut boucler le Marathon des Sables et traverser le Sahara pieds nus

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L'aventurier Loury s'apprête à se lancer pour le légendaire Marathon des Sables et ses 250 km dans le désert du Sahara en sept jours. Une course que le Biarrot fera pieds nus, une première, et qu'il voit comme un « entraînement ». Même lorsqu'il fait la tournée des médias, Loury (son pseudo d'aventurier) est en claquettes-chaussettes. « C'est le maximum que je puisse faire, explique-t-il, sourire aux lèvres, un peu plus d'une semaine avant d'affronter le Sahara et le Marathon des Sables (250 km dans le désert) pieds nus. Je ne peux pas mettre de chaussures, ça réattendrirait ma semelle ». Le Biarrot est un passionné d'aventure, un de ceux dont la raison d'être est le dépassement de soi, la découverte des limites humaines. Dans sa jeunesse, la relation dégradée qu'il entretient avec son père le pousse vers la délinquance. Il quitte l'école à 15 ans et des erreurs d'adolescence lui valent une interdiction de quitter le territoire jusqu'à ses 25 printemps. L'interdiction levée, c'est le grand saut vers les États-Unis. Et il n'est pas question d'hôtel et de piscine. Alors qu'il traverse le pays, déjà pieds nus, Loury se perd pendant 12 jours dans le parc national des Everglades, en Floride. Quelques jours plus tard, il est piqué par un scorpion et frôle la mort une première fois. « J'ai peur de mourir mais pas de la mort, philosophe-t-il. Si j'en avais peur, je ne pourrais pas faire mes aventures mais j'ai envie de rester en vie, comme tout le monde. » lire aussi Après 107 jours en mer, Guirec Soudée a bouclé sa traversée de l'Atlantique Nord à la rame Loury acquiert de l'expérience, se forme, de manière plus méthodique, presque militaire. Ses expéditions sont plus longues, plus extrêmes. « Je suis le seul (aventurier) en France à ne pas avoir de spécialité, détaille-t-il. Je suis capable de faire de la voile, du parapente, du bateau, du ski et c'est qui me permet d'aller partout dans le monde. » Loury enchaîne traversées de déserts, un périple sur le plus grand glacier d'Europe, 3 000 km de ski au Canada ou l'ascension du plus haut sommet d'Amérique du Nord. Il joue encore avec la Faucheuse, se retrouvant même en état de mort clinique lors d'une expédition. Grâce aux équipes médicales, et une part de chance, il est finalement réanimé de justesse. Son chemin le mène vers le Marathon des Sables (1er-11 octobre), une légendaire course de 250 km dans le Sahara marocain sur sept jours qui débute ce dimanche. Invité par un ami, l'explorateur n'a pas l'ambition de faire un bon classement. Il préfère participer pieds nus. Une première mondiale sur la course, mais une habitude pour l'athlète au mental d'acier qui, depuis son village du pays basque, où personne ne porte de souliers, a toujours été plus épanoui ainsi. « Dans mes aventures, les chaussures ça m'a toujours dérangé, sourit-il. Quand j'ai compris que ma vraie liberté passait par là, je n'en mettais plus. » lire aussi Il a traversé les Balkans à pied Objectif tour du monde Alors le Biarrot s'est durement entraîné. Celui qui parcourt 50 à 60 km par semaine a couru pieds nus de longs mois, alternant les footings sur le sable et le bitume. Les risques sont nombreux : coupures, infections, piqûres d'insectes... mais Loury peut compter sur son mental, qui ne l'a jamais lâché. « 250 km, ça peut sembler énorme. Mais ma force, c'est là-haut. Si le corps ne suit plus, la tête prendra le relais, j'ai toujours fonctionné comme ça. ». Celui qui est père de deux petites filles a également une analgésie congénitale, une maladie qui lui donne un seuil de douleur plus élevé. Mais la contrepartie est lourde, son corps pourrait ne pas lui signaler qu'il souffre d'une hémorragie. Loury, explorateur « Tout le monde dit de moi que je suis le nouveau Mike Horn. [...] Moi, je suis la nouvelle génération. La place est libre et je compte la prendre. » L'objectif de Loury sur ce Marathon des Sables est aussi de voir jusqu'où son corps peut l'emmener avant de se lancer sur son futur plus gros projet : un tour du monde. Sur 12 à 17 mois, à cheval entre 2023 et 2024, l'aventurier veut parcourir déserts, montagnes et océans. Une expédition pour laquelle Loury a beaucoup d'ambitions, notamment médiatiques. Le Biarrot de 35 ans n'hésite pas à affirmer qu'il aimerait devenir la nouvelle figure de l'aventure extrême, en France et à l'international. « Tout le monde dit de moi que je suis le nouveau Mike Horn, assure-t-il. J'ai un énorme respect pour cet homme mais il a son âge. Moi, je suis la nouvelle génération. La place est libre et je compte la prendre. » lire aussi Mike Horn : « Nous ne sommes jamais satisfaits de ce que nous faisons quand la vie est trop facile » La route est encore longue jusque-là et les moyens nécessaires à l'organisation de ce tour du monde loin d'être atteints. Mais d'ici-là, Loury continuera de voyager et il a déjà prévu, après le Marathon des Sables, de partir en Amazonie continuer son entraînement. « Pas de quoi s'inquiéter, affirme-t-il. Je ne sais rien faire d'autre que me retrouver dans la merde et devoir m'en sortir. »

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