Aventure - Marathon des sables - 8e victoire au Marathon des sables pour l'intouchable Rachid El Morabity

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Pour la 8e fois, le Marocain Rachid El Morabity a remporté, ce samedi dans le Sahara marocain, la 35e édition du Marathon des sables, marquée par une chaleur accablante qui a causé plus de 45 % d'abandons. Le Français Mérile Robert prend la 3e place. Le désert marocain est le royaume des El Morabity. Pour la 8e fois, dont 7 consécutives, Rachid El Morabity, l'ainé, a remporté le Marathon des sables, devançant son frère Mohamed sur le podium. Une victoire évidente qui vient couronner une course verrouillée par le clan El Morabity. Car Rachid El Morabity ne se contente pas de dominer en solitaire les 227 km de courses répartis en 5 étapes. Avec son frère Mohamed et deux fidèles lieutenants sur le parcours, ils écrasent la concurrence à la faveur d'une stratégie de course imparable et d'une connaissance du terrain et du parcours. Vainqueur de deux étapes (la première et la quatrième) et 2e de deux autres, l'ainé de la fratrie a néanmoins attendu l'étape longue du 4e jour (82,5km) pour affirmer en solitaire sa domination. Matthieu Blanchard, 5e du marathon des sables « Ils ont toute une stratégie de course pour confondre la concurrence et user leurs premiers challengers » « Leur stratégie est trop bien rodée pour qu'un Européen puisse aujourd'hui réellement les concurrencer sans investir plusieurs années dans une préparation spécifique sur cette course », estime Mathieu Blanchard, venu sur le MDS après son podium à l'UTMB pour essayer d'accrocher une nouvelle médaille. Et de poursuivre : « Au-delà de leurs qualités et de leur connaissance de la course dans le désert qui sont évidentes, ils ont toute une stratégie de course pour confondre la concurrence et user leurs premiers challengers. » Le maître-mot des El Morabity ? Ne jamais découvrir leur jeu. Les deux frères ne mènent jamais la course avant les derniers passages de dunes terminés afin de ne pas servir de guides à leur poursuivant dans les passages sableux. « Je crois qu'ils seraient prêts à marcher derrière nous avant les dunes si on décidait de ralentir plutôt que de passer devant », s'amuse le Français. Nouveau podium pour Mérile Robert Et ce n'est pas tout : Rachid et Mohamed courent avec deux lieutenants qui, régulièrement, cassent le rythme de la course afin d'user la concurrence. « On ne s'en rend même pas compte, mais d'un seul coup on se prend à accélérer pour les suivre pour ne pas les perdre de vue dans le désert. Eux, ne sont pas inquiets : si l'on s'éloigne un peu, ils connaissent les meilleurs passages entre les dunes pour nous reprendre », poursuit le Français, 5e à l'arrivée, pris à défaut sur une étape longue qu'il a couru malade. Un autre Français s'en est, lui, mieux sorti. Mérile Robert est un habitué du MDS avec 5 éditions à son compteur. Il a déjà fait un premier podium en 2018, véritable exploit en terre marocaine. Cette année encore, il a tout fait pour déjouer les plans des spécialistes du désert, parvenant à prendre une deuxième médaille de bronze. Un véritable exploit tant la domination des Marocains sur le format est évidente. Aziza Raji victorieuse chez les femmes Chez les femmes, c'est aussi une Marocaine qui remporte la course, pour la première fois depuis 2009. Aziza Raji termine avec plus de 4h d'avance sur la Japonaise Tomomi Bitoh et sur la Française Aïcha Omrani. Une course que la Marocaine a dominée de la tête et des épaules sans jamais avoir été réellement inquiétée par la concurrence. Reste qu'avec des températures ressenties qui ont dépassé, sur 4 des 5 étapes, les 50 degrés Celsius, les quelque 700 participants du légendaire raid dans le désert ont souffert plus qu'à l'accoutumée des difficiles contraintes de cette course en autonomie. À l'arrivée, à peine plus de la moitié des participants sont parvenus à réaliser les 5 étapes de la course dans le temps imparti. Près de 50 % d'abandons « Il y a eu la chaleur, extraordinaire pour un mois d'octobre, mais il y a aussi eu beaucoup de coureurs et de membres du staff qui sont tombés malades sans que nous ayons d'explication précise des causes pour le moment. Bien sûr, les conditions difficiles expliquent en partie ces symptômes, mais nous allons mener une enquête approfondie pour comprendre comment nous avons pu passer, sur cette édition, d'une moyenne de 5 % d'abandons à près de 50 %... », conclut Patrick Bauer, directeur du MDS. Une 35e édition également marquée par un drame : celui du décès d'un des coureurs, victime d'un arrêt cardiaque dans les dunes de Merzouga durant la 2e étape. lire aussi Marathon des sables : les pieds de Loury n'ont pas tenu

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