Aventure - Où en est Mike Horn, 50 jours après le début de sa traversée de l'océan Arctique ?

L'Equipe.fr
L’Equipe

Fin septembre, Mike Horn et Borge Ousland se lançaient dans la traversée de la banquise arctique, avec comme objectif de passer par le pôle Nord. Cinquante jours après leur départ, le Sud-Africain et le Norvégien l'ont dépassé et sont actuellement en train de rejoindre leur point d'extraction. Cela fait déjà 50 jours que Mike Horn et Borge Ousland traversent la banquise arctique. Partis le 23 septembre, les deux hommes ont atteint le pôle Nord il y a deux semaines et sont actuellement en train de se diriger vers le point de rendez-vous convenu avec l'équipe chargée de les récupérer. Le Norvégien et le Sud-Africain avaient déjà, en 2006, réalisé une traversée similaire à celle qui les attend. Le parcours initial prévoit une traversée d'environ 1 300 kilomètres. Les deux aventuriers n'en ont pas encore parcouru les deux tiers. Retour sur ces 50 jours de traversée de l'océan Arctique. En mai 2016, le célèbre aventurier sud-africain Mike Horn se lance dans une expédition appelée « Pole2Pole » au cours de laquelle il souhaite partir à la découverte de différentes cultures en réalisant un tour du monde, passant par les deux pôles. Moins d'un an après, en février 2017, il accomplit la traversée de l'Antarctique par le pôle Sud. Les grands exploits de Mike Horn en images Une fois remis physiquement de sa tentative avortée d'ascension du K2 cet été, Mike Horn prend la direction du pôle Nord à la fin du mois d'août. Son objectif est d'embarquer à bord de son voilier, le Pangaea, depuis l'Alaska, pour se rapprocher le plus possible du pôle Nord afin de réduire la distance qu'il lui faudra parcourir à skis. Le Sud-Africain aime vivre ses aventures en solitaire. Pourtant, le 1er septembre, le Pangaea quitte le port de Nome en Alaska avec à son bord Mike Horn, son ami norvégien Borge Ousland et une équipe qui restera à bord et récupéra les aventuriers, dont le capitaine Bernard Stamm. Le 23 septembre, les deux hommes débarquent du bateau à l'endroit initialement prévu. Commence alors un long périple sur la banquise.

Environ 500 kilomètres les séparent du pôle Nord qu'ils atteignent après plus d'un mois. Mike Horn s'en est félicité sur les réseaux sociaux : « Bien que le pôle ne soit qu'un point GPS sur une carte, aujourd'hui, nous avons atteint une étape très importante ». Chaque aventurier tire derrière lui un traîneau de 165 kilos contenant le matériel et la nourriture nécessaires à l'expédition. Ils marchent entre 7 et 8 heures par jour en faisant une pause de 10 minutes toutes les 1h30. Le début de l'hiver avait été choisi notamment pour faciliter un maximum l'avancée du Pangaea - dépourvu de brise-glace - à travers la banquise, alors fragilisée par les températures estivales passées. Cela fut un succès, mais lorsque l'expédition s'est poursuivie à pied et à skis, la fragilité de la couche de glace s'est transformée en danger de chaque instant. « On dirait qu'il n'y a plus de glace solide dans l'océan Arctique. C'est triste de voir à quel point cette région si belle et hostile a changé depuis notre expédition de 2006. C'était il y a seulement 13 ans et pourtant, nous ne reconnaissons plus du tout l'océan Arctique », déplore Mike Horn.

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

À cela s'ajoutent les nombreux chenaux d'eau liquide qui lacèrent la banquise arctique et que les deux hommes ont dus, soit contourner, soit traverser à l'aide de canots prévus pour l'occasion. Les murs de glace, le vent, les chutes de neige et le froid intense (jusqu'à -38° C) expliquent la lente progression de Mike Horn et Borge Ousland. Le 9 novembre, par exemple, le duo n'a parcouru que 8 km en une journée. Tandis qu'avec de bonnes conditions climatiques et de visibilité, ils parcourent une vingtaine de kilomètres par jour.

En ce moment, le soleil ne se lève plus sur cette région. Depuis plusieurs jours, Mike Horn ne poste, sur les réseaux sociaux, que des photos de lui ou de son compagnon dans l'obscurité de leur tente. « Même avec le flash, les photos prises en extérieur ne donnent rien à cause de l'obscurité totale », explique-t-il. Le Sud-Africain, avec l'aide de ses deux filles, alimente en effet de façon très régulière ses différents réseaux sociaux où il partage des nouvelles et des photos, en moyenne tous les deux jours. Une géolocalisation précise du duo est également disponible sur le site internet de Mike Horn.

Les deux amis espèrent néanmoins progresser plus rapidement sur la fin de l'expédition, profitant de couches de glace plus anciennes et donc plus solides. Autre difficulté qui, selon les prévisions météorologiques, devrait s'estomper : les vents violents font dériver les aventuriers et leurs traîneaux dans des directions non voulues, rendant ainsi leur progression encore plus lente. « Il nous reste actuellement 35 jours de nourriture et encore une grande distance à couvrir alors nous allons avoir besoin d'un petit coup de main de la part de Mère Nature », évoque Mike Horn dans son dernier message posté sur internet.

L'ancien membre de forces spéciales sud-africaines et son acolyte Borge Ousland doivent à nouveau embarquer sur le Pangaea qui les attend au nord de la Norvège, sur l'archipel de Svalbard. Leur arrivée sur le navire est prévue aux alentours du solstice d'hiver, c'est-à-dire du 22 décembre. « Cela fait du bien de savoir que nous sommes sur le chemin du retour, commente Mike Horn dans un post du 4 novembre, que nous nous rapprochons de chez nous au lieu de nous en éloigner comme c'est souvent le cas. »

À lire aussi