Aventure - Théo Curin, au sujet du défi Titicaca : « J'étais lessivé, à deux doigts d'abandonner »

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Défi réussi pour Théo Curin, Malia Metella et Matthieu Witvoet. Les trois aventuriers ont traversé le lac Titicaca à la nage et en totale autonomie, 120 km en 11 jours. Théo Curin, nageur paralympique français, revient sur cette folle aventure.

Après un an et demi de préparation, le défi a été relevé. Théo Curin, Malia Metella et Matthieu Witvoet ont traversé le lac Titicaca à la nage en 11 jours, le tout en totale autonomie et en tractant leur radeau pesant plus de 400 kilos. Nouvelle performance incroyable de 122 km pour Théo Curin, nageur paralympique quadri-amputé, qui revient sur son aventure.

« Quel est le meilleur moment que vous retenez de cette aventure ?
Il y avait plein de pêcheurs qui hallucinaient en nous voyant en plein milieu du lac, c'était sympa. Aussi, il y a eu moment très difficile dans un premier temps mais cela reste un de mes plus beaux souvenirs. Le huitième jour, au bout de quarante minutes de nage, je sors de l'eau et je suis à deux doigts de m'évanouir. Non pas par fatigue physique mais par manque de mental. J'étais lessivé psychologiquement, j'étais à deux doigts d'abandonner. C'était trop dur, cela faisait trois nuits qu'on prenait orages sur orages, sans dormir et sans avancer. J'ai craqué et j'ai pleuré dans les bras de mes coéquipiers. C'était un moment très fort, où nous avons échangé et cela nous a très fortement soudés. À partir de ces larmes nous sommes devenus plus que de simples collègues d'aventure. J'avais l'impression qu'il ne pouvait plus rien nous arriver, on était devenu indestructible.

Comment avez-vous organisé la cohabitation à trois sur ce radeau ?
Les nuits n'étaient pas idéales... (rires) Notre radeau faisait huit mètres carrés, il n'y avait pas de surface habitable confortable. Pour dormir nous avions une tente dépliable, semblable aux tentes de toit qui peuvent se mettre sur des véhicules. C'était notre seule surface abritée du vent et de la pluie. À l'arrière il y avait une toute petite plateforme de trois ou quatre mètres carrés, où on rangeait nos affaires et notre nourriture, donc cela nécessitait pas mal d'organisation. Dès que l'on ne nageait pas on se reposait dans la tente.

Avez-vous eu des conditions météorologiques favorables ?
Les conditions météorologiques ont été la plus grosse difficulté. On s'était très bien préparé avant l'aventure, pendant quinze mois. La météo était le point d'inconnu. Quand on est arrivés sur place, les locaux disaient qu'on était des grands malades, que ce lac était vraiment étrange. À ce moment-là, on a compris que c'était la véritable aventure ici. Dès qu'il y avait trop de vent, on ne pouvait plus avancer car on n'arrivait plus à tirer le radeau. On a passé plusieurs jours à faire du sur place...

Lorsque les conditions étaient meilleures on pensait rattraper notre retard mais, juste après, des énormes orages arrivaient. Des orages comme jamais on n'en avait vu en France. Nous étions la seule surface métallique sur plusieurs kilomètres à la ronde, nous avions vraiment peur de la foudre. On a eu beaucoup de chance, elle est tombée à quelques centaines de mètres de nous...

Cette météo difficile a eu une influence sur vos relais de nage ?
Oui, on a fait un peu feeling à partir du moment où on a compris qu'on était dépendants du temps. Dès qu'on pouvait nager, on le faisait à tour de rôle comme prévu, en rallongeant un peu nos créneaux pour utiliser au maximum le timing. On faisait un ou deux relais par jour en fonction des possibilités. Ce rythme a même décalé notre sommeil, il était difficile de dormir. Un soir, il y a eu une tempête terrible. Impossible de nager, il y avait des creux d'1,50m, je ne pensais même pas que c'était possible sur un lac. On a failli se retourner plusieurs fois alors qu'on était à plus de 30 kilomètres des bords du lac. On s'est fait des belles frayeurs.

À votre arrivée il y a eu beaucoup d'émotions, comment l'expliquez-vous ?
C'était un accomplissement. L'arrivée fait partie des meilleurs moments, c'est une réussite collective. On a nagé avec Malia et Matthieu mais ce n'est que la partie visible car il y a une dizaine de personnes qui travaillent avec nous. Lorsque les locaux péruviens étaient émerveillés par ce qu'on venait d'accomplir, par cette aventure sur le symbole que représente le lac Titicaca pour eux, c'était une vraie fierté. Et eux étaient super heureux que leur lac soit également mis en avant. C'était un moment tellement fort que c'était impossible de retenir mes larmes. J'étais soulagé, j'étais arrivé et je n'avais plus à avoir peur de l'orage (rires). »

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