Aventure - Théo Curin, Malia Metella et Matthieu Witvoet racontent leur préparation avant de traverser à la nage le lac Titicaca

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Théo Curin, Malia Metella et Matthieu Witvoet débuteront le 10 novembre leur défi qu'ils préparent depuis un an et demi : 122 km de nage et 10 jours en autonomie sur un radeau pour traverser le lac Titicaca. Le trio raconte les coulisses de leur entraînement.

Nager sur 122 km dans une eau à 10 degrés pendant 10 jours, à 3 800 m d'altitude, en tirant une embarcation de plus de 400 kilos. Théo Curin, nageur paralympique, Malia Metella, vice-championne olympique 2004 et Matthieu Witvoet, l'éco-aventurier, se sont envolés pour le Pérou ce mardi afin de relever un sacré challenge : traverser à la nage et en totale autonomie le lac Titicaca (départ le 10 novembre).

De Compiègne en région parisienne, au lac Matemale dans les Pyrénées, à Tignes ou à Annecy, le trio se prépare depuis un an et demi. Le tout, agrémenté par de la préparation physique (une à deux fois par semaine) et des séances en piscine (quatre à cinq fois). « Parfois, les gens nous regardent bizarrement à la piscine car on traînait des seaux », rit encore Witvoet. « Je pense pas qu'un facteur soit plus difficile qu'un autre, c'est l'accumulation de tous ces facteurs qui font que cette aventure est difficile : l'altitude, la distance, le froid avec l'eau à 10 degrés et parfois 0 la nuit à l'extérieur », explique Théo Curin. « La seule chose qu'on a pas faite, c'est de nager la nuit », précise Malia Metella.

Stage de survie à Tignes
Pour se préparer à vivre en autonomie 10 jours sur leur radeau, l'équipe a pu profiter des conseils de l'explorateur polaire Alban Michon, lors d'un « stage de survie » à Tignes. « On a travaillé plusieurs points : nager dans l'eau à zéro degré, savoir se réchauffer rapidement en allumant le feu, précise Malia Metella. On a aussi appris à communiquer entre nous, savoir monter une tente avec des contraintes, si on ne voit rien, avec des gants et comment sauver aussi quelqu'un. »

« On a aussi appris des techniques de respiration, qui nous permettent de rentrer plus concentrés dans l'eau et en réchauffant notre température corporelle, pour aussi prévenir les risques du froid, car on a des gros risques d'hypothermie. » Mathieu Witvoet a également participé à une formation de Chamonix supplémentaire sur les soins de premiers secours. « Le froid ralentit tout le cerveau et la communication entre nous, précise-t-il. Si on est pas très attentif à comment les autres réagissent, on est pas à l'abri d'avoir une hypothermie sévère avec des graves conséquences. »

Un stage en altitude à Font-Romeu
Nager à 3800 m d'altitude, comme sur le lac Titicaca ? « Pour l'instant, on l'a pas fait, précise Witvoet. Il y a 40 % en moins d'oxygène et l'oxygène est évidemment hyper important pour la chaleur, l'énergie, nous aider à avancer. » Alors le trio a réalisé un stage de deux semaines à Font-Romeu, dans des salles en hypoxie (où l'oxygène est réduit). « On dort dans des chambres hypoxiques et on augmente progressivement toutes les nuits et on fait du sport, poursuit l'aventurier. On fait jusqu'à 5000 m hier. On voit à quel point l'effort est diminué. La vo2 max est à 80 % par rapport à celle du niveau de la mer. C'est très fatigant. »

S'habituer à l'eau libre et au froid
Pratiquement toutes les fins de semaine, le trio se retrouvait sur la base nautique de Compiègne, en région parisienne pour des séances en eau libre. « On fait des séances de plus en plus impressionnantes, assure Théo Curin. Il y a quelques semaines à Compiègne, l'eau était à 16 degrés, on était tous les trois en maillot de bain. On a fait 1h30, plusieurs kilomètres. À notre sortie de l'eau, on tremblait pas, on a juste mis une petite veste et on a fait notre vie comme si c'était normal. C'était les mêmes conditions que notre première séance tous les trois il y a un an : on avait nagé à peine une demi-heure et on était ressorti tous les trois congelés, on tremblait une heure après la sortie de l'eau, c'était vraiment un enfer. Donc c'était intéressant et rassurant pour nous de voir cette progression. »

L'équipe a aussi eu des stages de nage en eau libre, comme au lac Matemale, en juillet dernier, quand le trio a découvert son embarcation, testé ses équipements sur une semaine. Une sorte de grande répétition.

Pas de préparation mentale
Au moment de préparer l'aventure, le trio a refusé l'aide d'un préparateur mental. Pas besoin. « Chaque entraînement, c'est aussi de la prépa mentale », assure Witvoet. « Oh oui, Steph (Stéphane Lecat, coach de l'équipe de France d'eau libre qui a entraîné le trio) ne rigole pas aux entraînements », renchérit Metella, avant de poursuivre : « Pour moi, ce défi est plus mental qu'une préparation olympique. Là, toute l'année ça a été dur : aux premiers entraînements, il a fallu être forts mentalement pour rester dans l'eau froide, jusqu'à ce que le coach dise : ''ok, c'est fini'', pour se dire qu'une fois arrivé au Pérou, on est prêts. »

« Honnêtement, je me pose plus de questions maintenant qu'avant une compétition internationale. Parce que c'est un peu l'inconnu. Mais on n'est pas dans une période de stress qui pourrait nous rendre fébriles, continue Théo Curin. On est dans un bon stress, un stress excitant. »

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