Aviron - Ravera-Scaramozzino - Lefebvre, un confinement constructif

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Élodie Ravera-Scaramozzino et Hélène Lefebvre ont traversé la période de confinement ensemble, dans la même maison, avec leur préparatrice physique. Elles espèrent pouvoir remonter sur l'eau lundi. Comme tous les rameurs de France, Hélène Lefebvre et Élodie Ravera-Scaramozzino attendent lundi avec impatience. Toujours dans l'attente cependant du feu vert officiel pour reprendre l'entraînement à Vaires-sur-Marne. En skiff naturellement, puisque la distanciation physique interdit de mettre deux personnes ou plus dans le même bateau. La pratique du sport va reprendre le 11 maiLes mesures de reprise sport par sport en attente Mais ce n'est pas grave. « Il fallait qu'on reparte sur repères individuels en skiff dans tous les cas », soupire Élodie Ravera-Scaramozzino. « Ce n'est pas plus mal, renchérit sa coéquipière. Elo sort de blessure (une fracture de fatigue) et, même sans cette consigne, c'est ce qui se serait passé dans tous les cas ». Les championnes d'Europe 2018 de deux de couple n'ont pas été les plus malheureuses dans le confinement. Les deux jeunes femmes ont passé cette période dans la maison familiale d'Hélène Lefebvre, au Perreux, en compagnie de leur préparatrice physique, Sabine Juras. Ergomètre, vélo, musculation... L'Insep leur avait fourni tout ce qui pouvait leur manquer pour s'entraîner. Hélène Lefebvre « Nous nous sommes soutenues toutes les trois dans une très bonne ambiance » « Ça a été un peu lent pour se faire au confinement au début, il fallait prendre nos marques, raconte Élodie Ravera. Mais semaine après semaine, on s'y est faite et les entraînements permettaient de faire passer ça. Avoir une partenaire d'entraînement, c'était un plus. Au début, on ne s'entraînait pas toujours ensemble. J'étais en reprise de fracture de fatigue, j'avais un programme différent, puis je suis revenue sur un programme normal. On a réussi à ne pas se marcher dessus. On avait vraiment de l'espace. Par rapport à des gens qui peuvent être en appartement, on était bien. » « Le fait de ne pas avoir été toute seule a constitué un plus, reprend Hélène Lefebvre. En étant ensemble, on a vécu une certaine aventure humaine qui nous a toutes liées et rapprochées. Ça nous a aidées à passer cette période qui pouvait être compliquée mais qui a été une belle aventure. On avait une vie sociale alors que c'était une période où on était plus à même de s'isoler qu'autre chose. On a bien vécu le confinement. Je n'étais pas à compter les jours, je ne me prenais pas la tête. Nous nous sommes soutenues toutes les trois dans une très bonne ambiance. » Hélène Lefebvre « C'est avec le temps que j'ai compris que ce n'était pas possible que les Jeux se tiennent dans ces conditions-là et qu'il y avait d'autres priorités que le sport » C'est Hélène Lefebvre qui a eu l'idée de ce regroupement à trois. Au début du confinement, les Jeux Olympiques de Tokyo étaient toujours programmés à la fin juillet. Quand elle a appris le report, elle a pleuré. « Je l'ai mal pris, dit-elle. J'étais toujours convaincue que ça pouvait se tenir. Sur le coup, je n'ai pas pris de hauteur, j'étais dans le sport, uniquement dans le sport. C'est avec le temps que j'ai compris que ce n'était pas possible que les Jeux se tiennent dans ces conditions-là et qu'il y avait d'autres priorités que le sport. Quand tu es sportif, les Jeux, c'est l'objectif d'une vie. Tu as du mal à relativiser tout ça. Mais quand tu vois la suite, tu te dis que les Jeux, ça passe au second plan. » Comme tous les rameurs français, les deux championnes ne savent pas dans quel but elles vont s'entraîner. Officiellement, les Championnats d'Europe sont toujours prévus à l'automne à Poznan (Pologne), mais ce n'est qu'à la fin du mois de juillet que la compétition sera confirmée, ou pas. Mais rien que pouvoir retrouver leur bateau sera une belle satisfaction pour elles. Et elles comptent bien en profiter.

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