Béatrice Edwige, avant la demi-finale de l'Euro face à la Norvège : « On est tranquilles, on est bien »

Béatrice Edwige est la patronne de la charnière centrale de la défense des championnes olympiques. (B. Paquot/L'Équipe)

La patronne de la défense française assure que les championnes olympiques ne craignent pas les Norvégiennes, en demi-finales de l'Euro, ce vendredi (20h30) en Slovénie.

« Même si la défense française est la plus hermétique de cet Euro (20,3 buts encaissés en moyenne sur 6 matches), la clé contre la Norvège ne sera-t-elle pas aussi sur votre prestation en attaque ?
Ce sera un mélange des deux. Mais on doit mettre un point d'honneur de bien défendre. Je ressens que les Norvégiennes sont en concentration maximum sur comment elles vont battre cette défense française. Elles pensent très fort à leur attaque, donc on se doit de penser aussi énormément à notre défense. J'ai réfléchi à comment, maintenant, l'adversaire s'interroge sur la façon de battre la défense française. Les anciennes, moi en particulier, on a switché sur ça : comment on peut nous battre ? Les travers de notre défense. C'est ce que vont essayer de faire les Norvégiennes, elles vont essayer de trouver nos points faibles et je pense qu'on en a.

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Quels sont les points faibles de la défense française ?
Je ne vais pas le dire maintenant (rire) ! Mais on en a et elles vont essayer de nous piquer là-dessus, elles pensent que si elles y arrivent on va déraper en attaque, on ne sera pas lucides. Donc, on sera sur du 50/50 entre défense et attaque, alors que d'habitude on est sur du 60/40. On va tout faire pour pouvoir les contrer.

Que pensez-vous de cette équipe de Norvège ?
Elle est très bonne. Contre le Danemark (mercredi défaite 31-29 en fin de tour principal), elle est tombée sur une Sandra Toft excellente (12 arrêts). Mais je crains la Norvège sur ce que j'appelle le Final Four : elles ont des joueuses capables de switcher d'un coup et de se mettre tout de suite au niveau. On aura une Nora Mork qui, pour le moment, voilà elle est là mais celle des demi-finales et finale, on sait à quel point elle peut être très forte. On connaît Oftedal, Solberg, Lunde dans ces moments-là. Donc je m'attends à une tout autre équipe norvégienne.

Jusque-là, l'équipe de France s'est rendu les matches "faciles", n'a pas été bousculée. L'équipe est-elle prête à ça contre la Norvège ?
J'espère. Ça va être la vraie question. J'ai l'impression qu'on est dans la configuration Ligue de champions : une poule forte, une moins. Quand celles de la poule "faible" arrivent pour jouer les équipes de celle du groupe très fort, elles se cassent les dents. Je ne dis pas que notre poule était faible, on s'est rendu les matches faciles car on a joué de belles équipes, les Pays-Bas et l'Allemagne. Néanmoins, on n'a pas eu l'adversité et les matches avec ce rythme que les Norvégiennes ont eus. Là, on va peut-être se retrouver dans un truc qu'on n'a pas encore eu, ce sera le paramètre important sur lequel on va devoir faire attention.

Si vous deviez retenir une leçon de l'effondrement lors de la finale du Mondial 2021, où vous meniez à la pause (16-12, avant de perdre (29-22) ?
Je n'aime pas le terme "effondrement". On a été mises en difficulté par une gardienne (Silje Solberg, 12 arrêts) et leur facteur X, Henny Reistad (6 buts), une joueuse incroyable (meilleure buteuse de la Norvège avant cette demi-finale avec 38 buts à 69 %). Elle se sert de l'impact du défenseur, elle emmagasine toute cette énergie pour remettre du saut, de la force. Elle sort du profil d'une joueuse norvégienne : elle est grande (1,81 m) et super athlétique. Je ne comprends pas que, sur certaines compétitions, elle n'ait pas eu le titre de MVP. Donc, comme leçon à tirer : pas la première qu'on est mises en difficulté par Solberg. On a eu ce moment de trou d'air en fin de première période (16-10, 29e), de changement, le fameux 6 contre 4 (double infériorité numérique), on est incapables de marquer un but, elles reviennent, donc au lieu d'arriver à la mi-temps à +8 ou +9, on arrive à +4 (16-12), la bascule se fait là.

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Ce n'est pas un traumatisme pour l'équipe ?
Pas du tout. Sur ce match, les Norvégiennes ont compris que ça y est, l'équipe de France était à leur niveau. Dans leurs têtes maintenant c'est clair : on va arrêter de penser qu'en 2017, par exemple, c'est pas un concours de circonstances si elles ont été championnes du monde. Qu'en 2018, c'est nous qui n'étions, les Norvégiennes, pas bonnes. Non, maintenant elles ont compris : ça y est les Françaises sont là. Pour elles aussi, ç'a été un moment de bascule : les Françaises maintenant ont de l'ambition et se sentent capables de nous battre. On est tranquilles, on est bien.

Depuis quand la France se dit ça ?
Depuis 2017. Même si on perd (après) mais on sait qu'on est capables de les battre, même si on perd. En 2017, l'or leur tendait les bras, elles avaient été impériales sur toute la compétition sauf qu'elles sont tombées sur l'équipe de France. On savait qu'avec ce nouveau flow, ces nouvelles joueuses qui sont arrivées, on tenait le truc. Maintenant, il faut bien le faire. »

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