Ballon d'Or: pourquoi Messi est favori malgré ses débuts compliqués au PSG

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Lionel Messi, en dépit de débuts difficiles au Paris Saint-Germain, fait figure de favori pour le Ballon d'Or 2021 (photo d'archive prise lors de la remise du Ballon d'Or 2019). (Photo: Christian Hartmann / Reuters)
Lionel Messi, en dépit de débuts difficiles au Paris Saint-Germain, fait figure de favori pour le Ballon d'Or 2021 (photo d'archive prise lors de la remise du Ballon d'Or 2019). (Photo: Christian Hartmann / Reuters)

FOOTBALL - Lionel Messi est-il encore, en 2021, le meilleur joueur de la planète? Alors que les débats sur son intégration au Paris Saint-Germain n’ont jamais été aussi vifs, l’Argentin est tout de même le grand favori pour remporter une septième fois le Ballon d’Or, remis ce lundi 29 novembre au Théâtre du Châtelet, à Paris.

Devant le buteur Robert Lewandowski, l’artiste réhabilité Karim Benzema, le virevoltant Mohamed Salah ou un Jorginho vainqueur de l’Euro et de la Ligue des champions cette saison, c’est bien l’ancien du Barça que les bookmakers voient améliorer son record et distancer un peu plus Cristiano Ronaldo, lauréat à cinq reprises du trophée individuel le plus prestigieux en football.

Mais comment justifier qu’un joueur qui n’a inscrit qu’un seul but en Ligue 1, championnat dans lequel les observateurs l’annonçaient dominant, et qui peine -doux euphémisme- à faire du PSG une équipe séduisante en Ligue des champions, puisse plaire à ce point aux votants? Éléments d’explications...

Une temporalité favorable

Le premier élément à prendre en compte est la manière dont le Ballon d’Or est décerné. Cette année, les journalistes invités à se prononcer par France Football devaient le faire entre le 8 et le 24 octobre. Soit une période particulièrement faste pour le petit Argentin.

En effet, peu avant et durant ce laps de temps, le Paris Saint-Germain a affronté Manchester City et le RB Leipzig en Ligue des champions. Avec à chaque fois le même scénario: des Parisiens dominés, éreintés par le jeu collectif de leurs adversaires, mais finalement victorieux et même leaders de leur groupe grâce à des éclairs de génie de Lionel Messi.

Contre les Anglais le 28 septembre d’abord, à la suite d’une percée dont il a le secret et après un une-deux avec Kylian Mbappé, il a envoyé une puissante frappe sous la barre pour marquer son premier but parisien. Et cela au cœur d’une période où le PSG souffrait terriblement et craignait de se faire rejoindre au score. Puis contre Leipzig le 19 octobre, c’est d’un doublé qu’il a permis à ses coéquipiers de renverser une partie dans laquelle Paris avait longuement été mené, ayant même dû repousser un penalty pour éviter d’être mis hors course.

Deux rencontres bien plus exposées médiatiquement qu’une défaite à Rennes en Ligue 1 à 13h début octobre, et qui auguraient de jours glorieux pour la suite. De quoi influencer donc largement les votants.

Statistiquement, il est toujours affolant

D’autant que si ses débuts en Ligue 1 se font à petits pas, en Ligue des champions, Lionel Messi reste une machine à produire des statistiques. Au niveau européen, il en est ainsi à 3 buts en quatre matches sous le maillot du Paris Saint-Saint-Germain.

Et il ne faut pas oublier que l’on parle avec le Ballon d’Or d’une récompense qui vient conclure une année civile et pas seulement une demi-saison. Or à cet égard, les six premiers mois de l’année de Lionel Messi ont été éblouissants. Dans une équipe du Barça à la peine en championnat et finalement troisième du classement, l’Argentin est parvenu à briller, envers et contre tout.

23 buts en Liga entre janvier et mai, un doublé en finale de la Coupe d’Espagne remportée face à l’Athletic Bilbao, neuf réalisations avec l’équipe d’Argentine depuis le début de l’année, et deux autres en Ligue des champions avec Barcelone durant l’élimination en huitièmes de finale contre le PSG, double confrontation au cours de laquelle il a été l’un des rares à surnager. Le bilan comptable est impressionnant.

Un trophée majeur avec l’Argentine, enfin

Surtout, au-delà des statistiques, 2021 marque une grande première pour Lionel Messi: il a mené sa sélection à une victoire internationale. Car s’il peut se targuer d’avoir soulevé 35 trophées durant son long passage au Barça (dont quatre Ligues des champions et dix championnats d’Espagne, rien que ça), son palmarès avec l’Albiceleste se résumait jusqu’alors à une Coupe du monde des moins de 20 ans en 2005 et une médaille d’or aux Jeux de Pékin, en 2008.

Tant et si bien que ses passages sous le maillot argentin évoquaient davantage le souvenir d’une finale de Coupe du monde perdue en prolongations en 2014 contre l’Allemagne et les trois finales de Copa América où les Argentins s’étaient inclinés qu’un quelconque triomphe.

Et puis le 11 juillet 2021 a eu lieu. Une victoire 1-0 contre l’éternel rival brésilien en finale, des trophées de meilleur buteur, meilleur passeur et surtout meilleur joueur pour Lionel Messi et un capitaine porté en triomphe par ses coéquipiers. Si tout cela n’a pas forcément fait les gros titres de la presse en Europe à cause de la concomitance de l’Euro, pour toute une partie du football mondial (et donc des votants du Ballon d’Or) ce jour-là a créé l’événement.

Des habitudes qui ont du mal à changer

Enfin, Lionel Messi dispose d’un ultime atout plus subjectif que les autres, mais sûrement pas négligeable: il incarne aux yeux de beaucoup ce qui se fait de mieux en football. Une vision qui perdure même s’il a pu lui être reproché de ne pas faire assez d’efforts sur le terrain, surtout depuis qu’il est au PSG, ou s’il n’a plus atteint une finale de Ligue des champions depuis plus de six ans.

Et cela se traduit dans les votes pour le Ballon d’Or: depuis 2007, un seul homme est parvenu à briser le monopole que l’Argentin et son plus grand rival, Cristiano Ronaldo, ont sur la récompense. C’était Luka Modric, en 2018, et il lui a fallu pour cela remporter la Ligue des champions et atteindre la finale de la Coupe du monde la même année pendant que le Portugais et l’Argentin sortaient dès les huitièmes de finale du Mondial en Russie.

Un cas de figure unique qui montre bien à quel point Messi et Ronaldo ont la faveur, année après année, des votants, quelle que soit la concurrence qui leur est opposée. En 2010 par exemple, alors que le Néerlandais Wesley Sneijder venait d’atteindre la finale d’une Coupe du monde dont il était meilleur buteur après avoir réussi avec l’Inter Milan un fantastique triplé Ligue des champions- coupe d’Italie-championnat d’Italie, c’était déjà l’Argentin qui avait été sacré.

Idem pour le Français Franck Ribéry en 2013 quand il remporta la C1, le championnat et la coupe d’Allemagne, tout cela pour finir derrière les deux géants du football mondial. On pourrait encore citer Sadio Mané et Virgil van Dijk, privés de récompense individuelle en 2019 malgré leur exceptionnelle saison avec Liverpool ou encore les génies Xavi et Andres Iniesta, restés dans l’ombre de leur coéquipier argentin au Barça en dépit de carrières phénoménales et d’un palmarès en sélection autrement plus garni. Une force de l’habitude qui vient encore accréditer un peu plus l’hypothèse d’un Lionel Messi récompensé ce lundi à Paris.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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