Barthélémy Chinenyeze, au centre du jeu

Champion olympique avec les Bleus, Barthélémy Chinenyeze continue de progresser en club. (SUSA / Icon Sport)

De retour à Tours ce mercredi soir, Barthélémy Chinenyeze a déjà fait sa place au coeur du prestigieux club italien de Civitanova.

Pas question de changer les bonnes habitudes. Mardi, à peine arrivé d'Italie, Barthélémy Chinenyeze a filé au centre-ville de Tours, bravant la pluie froide de la nuit tombante. Emmitouflé dans sa grande parka noire ornée du logo de la prestigieuse Lube Civitanova, le club qui a remporté les deux derniers titres en Série A, le Français a entraîné son coéquipier Mattia Bottolo, sacré champion du monde avec la Nazionale en septembre - après avoir éliminé les Bleus en quarts de finale au bout du suspense (15-12 au tie-break) - pour déguster un chocolat viennois sur l'avenue de Grammont. Une routine née il y a trois ans, au moment où il signait avec le TVB la plus belle saison sportive de sa jeune carrière, remportant la Coupe, le Championnat et le titre de MVP de la Ligue A. « J'en rêve encore », assure-t-il, entre deux gorgées brûlantes.

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Mais, à 24 ans, ses ambitions ont pris une toute dimension. Déjà double vainqueur de la Ligue des nations (2017, 2022) et surtout champion olympique à Tokyo l'an passé, Chinenyeze a été recruté pour deux saisons par une très grande maison italienne, pensée pour régner sur le volley.

« Après une bonne deuxième saison à Vibo Valentia (2019-2021) puis une nouvelle marche à Milan l'an passé, j'arrive là où je voulais être. C'est un peu comme ça que je voulais que cela passe, c'est parfait, reste à gagner », se marre-t-il, pas plus inquiet que cela par un début de saison un poil poussif en Italie (5 victoires, 5 défaites) comme en C1 (victoire 3-2 contre Benfica), avant le duel du soir face à Tours. Et si deux adversaires directs, les centraux Dmytro Teryomenko - en phase de reprise - et Thiébault Bruckert, sur le flanc pour dix jours (élongation) ne lui feront pas face, lui avoue redouter la ferveur de la salle Robert-Grenon. « J'ai prévenu tout le monde chez moi, si on n'est pas à 100 %, on se fera battre », lance l'ex-Toulousain (8,1 points de moyenne), tel un nouveau patron dans l'équipe des Marches.

« On a recruté Barthélémy car il fait partie des meilleurs du monde à son poste, c'est aussi simple que cela », confie son entraîneur Gianlorenzo Blengini, qui l'avait recruté dès février. D'un naturel décontracté, le Français aux 154 sélections sourit à l'évocation de la pression qui pèse sur ses épaules. La succession du Cubain Simon, considéré comme le n° 1 sur la planète ? L'obligation de résultats dans un club où seuls six Bleus ont évolué (*) ? La difficulté de s'imposer à un poste où les étrangers sont rares et les ballons d'attaque tout autant ? « Je sais tout cela. C'est un honneur d'être là. Mais si j'ai été recruté, c'est que je le mérite. Je sais ce que je vaux », assure le natif de Coudekerque-Branche (Nord), qui a mis les bouchées doubles à l'entraînementpour progresser au service, son point faible.

(*) Renaud Herpe, Junot Mistoco, Romain Vadeleux, Jean-François Exiga, Hubert Henno et Jenia Grebennikov.

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Installé dans un bel appartement au sud d'Ancône, à cinq minutes à pied de la mer Adriatique, l'attaquant élastique (2,02 m, 90 kg) mesure sa chance et ne compte pas la laisser passer. « Le nombre de gens présents au club pour t'aider à ne penser qu'au volley, c'est fou ! Un exemple, si j'ai de la famille qui arrive à Rome, à trois heures de route de Civitanova, quelqu'un va faire l'aller-retour juste pour aller les chercher et me laisser me reposer. Quand je suis arrivé, on m'a dit, on s'occupe de tout. Alors le minimum, c'est de donner le maximum. » Plus que jamais, Chinenyeze s'est placé au centre du jeu.

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