Baseball - MLB - Qu'est-ce qu'un « match parfait » pour un lanceur ?

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John Means, le lanceur des Baltimore Orioles, est passé tout près du « match parfait », mercredi contre Seattle. Mais qu'est-ce qui se cache derrière cette appellation si élogieuse et cet exploit très difficile à accomplir ? Quelques règles du jeu pour commencer... Un match de baseball se décompose en neuf manches, avec une équipe à la batte (en attaque) et une autre dispersée sur le terrain, avec notamment un lanceur et un catcher (en défense). Quand trois joueurs de la formation qui attaque ont été éliminés, les équipes changent de rôle. Et, une fois que l'équipe qui attaque en deuxième position a, à son tour, trois joueurs retirés, la manche est terminée. Pour éliminer un batteur, il y a trois options. Celui-ci frappe la balle, mais elle est attrapée de volée par un défenseur (flyball). Ou alors elle touche le sol mais est ensuite renvoyée en première base, avant que le batteur n'ait pu atteindre celle-ci (groundout). Enfin un batteur peut aussi être sorti, sur une série de lancers. Là, c'est un peu plus compliqué. La zone où le lanceur peut envoyer la balle est comprise entre le milieu de la poitrine et les genoux du batteur. Si le lanceur envoie trois balles dans cette surface, sans que le batteur puisse en frapper une, ce dernier sera éliminé (strikeout). Mais, si le lanceur envoie quatre balles hors de cette zone ou touche le batteur avec la balle, celui-ci va directement en première base. lire aussi Frapper une balle au baseball, le geste le plus difficile ? Comment un lanceur réalise-t-il un « match parfait » ? Pour qu'un lanceur réussisse un « match parfait », il ne faut pas qu'un batteur adverse ait pu accéder à la première base. Ces derniers auront tous été éliminés, sur flyballs, groundouts ou strikeouts. Et le lanceur n'aura commis aucun mauvais lancer qui aurait envoyé le batteur automatiquement en première base. Ainsi, le lanceur aura affronté le nombre minimal de batteurs dans un match : 27. Soit trois joueurs qui auront été éliminés au cours des neuf manches que compte une rencontre. La perfection. Le lanceur n'est pas le seul à être impliqué lors d'un « match parfait », puisque ce sont ses équipiers disséminés sur le terrain qui attrapent les balles de volée ou les renvoient en première base. Mais c'est le lanceur qui est crédité du « match parfait » car il est à l'origine de chaque action et la qualité de ses lancers entraîne des frappes médiocres de la part des batteurs. Qui se finiront alors en flyball ou groundout.

Seulement 23 « matches parfaits » Le baseball professionnel a vu le jour aux États-Unis en 1876. Et, en 145 ans, seuls 23 lanceurs ont réussi un « match parfait ». C'est dire la difficulté de l'exercice. Le premier fut réalisé en 1880 par un certain Lee Richmond, qui jouait pour l'équipe de Worcester (Massachusetts). Le dernier eut lieu en 2012. Cette année-là, ce sont trois joueurs qui réussirent cette performance : Philip Humber (Oakland) en avril, Matt Cain (San Francisco) en juin et Félix Hernandez (Seattle) en août. Un « match parfait » peut être réalisé par une légende du baseball, comme Cy Young (en 1904), qui a donné son nom au trophée qui récompense chaque année le meilleur lanceur, Sandy Koufax (1965) et Randy Johnson (2004), ou de purs inconnus tels que Don Larsen (1956) et Len Barker (1981). Larsen a quand même réussi son « match parfait » lors des World Series, que les New York Yankees, son équipe, ont remporté. La différence avec le « no-hitter » Quand un lanceur ne permet pas aux batteurs de réaliser une frappe valable mais qu'une erreur de sa part permet à l'un (ou plusieurs) d'entre eux d'arriver en première base, il doit « se contenter » de ce qu'on appelle un « no-hitter ». Ce qui est déjà une sacrée performance, difficile à réaliser, mais plus commune qu'un « match parfait ». Depuis 1876, 296 « no-hitters » ont été réussis. Plus 14 autres qui ont été établis par des lanceurs d'une même équipe qui se sont relayés au fil d'un match. Le légendaire Nolan Ryan (27 ans passés en MLB) n'a jamais réalisé de « match parfait », mais, en revanche, il a réussi sept « no-hitters » dans sa carrière. Depuis le début de la saison 2021, trois « no-hitters » ont eu lieu, oeuvres de Joe Musgrove (San Diego) Carlos Rodon (Chicago White Sox), en avril puis John Means (Baltimore), mercredi. Pourquoi Means a-t-il manqué le « match parfait » ? Les Baltimores Orioles ont dominé les Seattle Mariners (6-0) et la ligne de stats de John Means a été parfaite : 27 batteurs affrontés, 27 batteurs éliminés, aucun mauvais lancer de sa part. Mais l'un de ses adversaires a quand même accédé à la première base. Il a en fait profité d'une erreur commise par le catcher de Baltimore qui a laissé filer une balle. Le strikeout a été compté, parce que le lancer était bon, mais le joueur de Seattle est quand même resté sur le terrain. Il a finalement été éliminé lors de l'action suivante, en même temps que son équipier qui battait. Ce qui fait que les Mariners n'ont pas utilisé plus de 27 joueurs dans le match. John Means n'en a pas voulu à son catcher. L'action litigieuse s'est produite en début de partie. Il était bien trop tôt pour penser à un éventuel « match parfait ». Et Means a tout de même réussi le premier « no-hitter » de sa carrière.

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Ceux qui ont manqué d'un rien le « match parfait » L'histoire de la MLB est riche de « matches parfaits » manqués d'un rien. Il est plusieurs fois arrivé qu'un lanceur mette en échec 26 batteurs, avant de craquer sur le 27e et dernier. Il y a également eu des matches où un lanceur était parfait durant neuf manches. Mais une prolongation était nécessaire pour départager les deux équipes. Et, c'est à ce moment-là que l'équipe adverse a enfin réussi une frappe. L'exemple le plus connu est celui de Harvey Haddix, lanceur des Pittsburgh Pirates, en 1959. Il réalisa neuf manches parfaites, puis trois autres en prolongation, avant qu'une erreur d'un coéquipier ne permette à l'équipe adverse de signer une frappe, et même de gagner le match ensuite. lire aussi Toute l'actualité de la MLB

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