Basket - Florian Hessique : « Mon film, ce n'est pas The Last Dance »

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Réalisateur de La Légende, diffusé à 20h50 ce jeudi sur la chaîne L'Équipe, Florian Hessique a écrit son scénario en s'inspirant de son expérience de basketteur. Mais le film, sorti en 2018, reste une pure fiction. Avant de se lancer dans le cinéma, Florian Hessique a joué au basket à un bon niveau. Pratique pour endosser le rôle du héros de La Légende, le film qu'il a lui-même réalisé en 2018 et qui est diffusé ce jeudi, à 20h50, sur la chaîne L'Équipe : Jean-Christophe Markovic, une jeune star du basket à l'ego surdimensionné, confronté à une blessure et à la tentation du dopage. « Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire un scénario autour du Championnat de France de basket ?
Au début de l'écriture, c'était le fait que le basket était un sport sous-représenté médiatiquement en France. Je trouvais ça dommage. Les Américains font aussi plein de films avec des joueurs de basket dedans, souvent des trucs pour adolescents, genre High school musical ou autre. Mais je n'ai pas voulu faire un film sur le basket. C'est d'abord une histoire qui pourrait se raconter dans beaucoup d'autres sports, sur fond de dopage et d'enjeux personnels. Le côté American dream, avec un héros qui essaie d'aller au bout coûte que coûte. Puis c'était un sujet que je maîtrisais. Entre 16 et 22 ans, j'ai vadrouillé entre plusieurs clubs, Angers, Auxerre, Gap. J'ai joué jusqu'au niveau Pro B, mais je n'avais pas forcément le niveau. Il y a plein de clubs pros, où quand on arrive là-dedans, on se dit « ce n'est pas possible, ce sont des clubs amateurs ». Il n'y a pas de logistique, c'est un peu géré à l'emporte-pièce. C'est un microcosme qui fonctionne un peu en autarcie. Mais ça reste une fiction, avec un côté grand public. Ce n'est pas The Last Dance (le documentaire consacré à Michael Jordan). Avez-vous glissé des clins d'oeil à des personnalités du basket ?
Il y a un ou deux personnages secondaires tirés de mon vécu de joueur, mais ce sont des clins d'oeil que le grand public ne peut pas voir. Pour les acteurs, je ne voulais pas de personnalités trop identifiées par le grand public. Si on met Thierry Lhermitte dans le rôle du coach, il va le jouer parfaitement, mais on va voir avant tout Thierry Lhermitte. Pour ce rôle, Olivier Pagès était parfait. Il y a même des gens qui l'ont confondu avec Jacques Monclar. Il a un peu ce charisme, la voix aussi. « En France, on n'est pas dans une culture très basket » Les scènes de sport sont toujours difficiles à filmer au cinéma, comment avez-vous fait pour réaliser celles de « La Légende », alors que vous n'aviez pas un budget hollywoodien ?
C'est toute la difficulté du sport dans la fiction. Souvent les gens se plaignent en disant ''ce n'est pas réaliste''. Ils n'imaginent pas forcément ça, mais quand on tourne un film, on ne filme pas sur le bord d'un terrain comme pour un match normal. On a de grosses caméras sur rail, avec un objectif à 20 centimètres du visage du joueur, des mecs qui protègent la caméra, des câbles partout... J'ai voulu qu'il y ait beaucoup de ralentis, parce que j'aime bien le détail, le geste. Mais qu'il y ait aussi une espèce de réalisme. Dans beaucoup de films, notamment les fictions américaines, il y a un montage où on voit le mec commencer à shooter puis on voit la balle dans le panier. Moi ce que j'ai voulu c'est que quand le mec shoote, on le voit du début à la fin. Que les gestes techniques soient de vrais gestes techniques. Évidemment, c'est moins spectaculaire qu'avec douze angles de caméra. Du coup, on n'a pas pris de doublure. La grosse difficulté au niveau du casting, c'était d'ailleurs de trouver des comédiens qui avaient des bases de basket. Autant des comédiens qui jouent au foot, on va en trouver plein, mais en basket, c'est plus compliqué. C'est là qu'on voit qu'en France, on n'est pas dans une culture très basket. L'ancienne internationale Emmeline Ndongue a un petit rôle dans le film. Comment l'avez-vous recrutée ?
En 2015 elle était venue dans la série télé que je réalise, A votre service, où il y a des guests à chaque épisode. Je jouais un chauffeur de VTC raciste qui ne la reconnaissait pas. Quand j'ai fait le film, ça me paraissait évident de lui proposer un rôle de consultante, d'autant qu'elle avait déjà commencé à le faire à la télévision (sur RMC Sport). Il y a aussi Éric Naulleau qui joue un chroniqueur sportif. Les gens l'ignorent, mais c'est un fou de sport, il connaît tout. »

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