Basket - Jeep Elite - Alain Béral, président de la LNB : « L'important, c'est la suite »

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Le président de la Ligue nationale, Alain Béral, explique pourquoi le basket est le seul sport professionnel qui n'a pas mis un terme à la saison 2019-2020. Et revient sur les options qui vont s'ouvrir au vote. « La Ligue de basket est la seule Ligue professionnelle à n'avoir pas mis un terme à la saison 2019-2020. Pourquoi ?
On est encore à l'heure ! Rien ne presse. Les joueurs sont payés, ils sont au chaud. Des crises, j'en ai connu quelques-unes dans le monde de l'entreprise et on a toujours l'impression que c'est un phénomène d'urgence. Or, tout est important et rien n'est urgent. Ce qui est important, c'est la suite, de discuter de ce qu'on veut faire l'année prochaine et les suivantes, de trouver un consensus et quand on l'aura décidé lors d'une assemblée générale avant fin mai, le sort de cette saison sera un détail, il tombera tout seul, alors que dans l'autre sens, on n'aura pas fait le boulot. Pensez-vous vraiment qu'en septembre les conditions seront réunies pour finir cette saison (9 journées de Jeep Élite et 11 de Pro B) ?
L'AG décidera. Autant tout faire en même temps. C'est de moins en moins faisable, ce n'est pas ''barré'' mais moins possible encore qu'avant. En septembre, on ne sait pas si on pourra jouer. Et il est hors de question de jouer à huis clos. Tous les jours, des informations arrivent qui changent le lendemain. L'important encore une fois est surtout de décider de ce qu'on veut faire de notre sport dans les années futures, on a pris une rafale dans les dents qui fait reculer de trois, cinq ou sept ans, les budgets des clubs vont perdre en moyenne 30 %. Il faut se réinventer. Pour cela, décider d'arrêter une saison et désigner un champion ne suffiront pas. Si vous arrêtez définitivement la saison, Monaco, qui remporterait le classement à trois face à l'Asvel et Dijon (*), sera-t-il désigné champion de France ?
Le comité directeur considère qu'il sera très difficile de nommer un champion après 25 journées (sur 34). Habituellement, il est désigné au bout des play-offs qui forment l'ADN du basket. Ne pas désigner de champion n'a de toute façon aucune incidence sur les places européennes. Le passage initialement prévu de 18 à 16 clubs en Jeep Élite en fin de saison est-il définitivement abandonné ?
Pour la saison prochaine oui mais le plan de réforme voté par les clubs n'est pas abandonné. Il est suspendu. «Tout est sur la table » Quelles seront dès lors les propositions soumises au vote de l'assemblée générale ?
Les groupes de travail ont remonté toutes les idées, dégagé des options. On a ensuite voté un processus qui mettra une première proposition au vote. Si elle obtient une majorité, elle sera adoptée. Sinon, on passera à une deuxième proposition et ainsi de suite avec les conséquences pour les saisons suivantes. On avancera comme ça. Est-il exact que la première proposition soumise au vote sera la fusion des saisons 2019-2020 et 2020-2021 sous forme du cumul des classements des deux saisons ?
Je crois que oui. Avec les deux options, c'est à dire avec ou sans reprise des matches restant à jouer de 2019-2020 ?
Oui. S'il n'y a pas de reprise des matches restant à jouer, vous gèlerez les classements de Jeep Élite et de Pro B aux 25e et 23e journées ?
Il y a deux options, les positions arrêtées lorsque la saison a été interrompue ou bien à l'issue des matches aller. Quelles sont les options suivantes si celle-ci n'emporte pas l'adhésion ?
Ce n'est pas vraiment arrêté, on doit encore travailler tout ça, voir s'il n'y a pas de failles notamment. « On veut des matches en clair » Une ou plusieurs descentes sont-elles encore possibles ?
Oui forcément. Certains disent qu'on doit tout geler, d'autres veulent des montées sans descente, d'autres des montées avec des descentes. Tout est sur la table. Le passage à 20 avec deux montées de Pro B  est possible?
Oui, aussi. Certains ont proposé de passer à 20 et aucune descente pendant trois ans. Ça, c'est non (il sourit). Vingt oui mais pas 19. Continuez-vous à discuter avec le groupe Altice (maison mère de RMC), votre diffuseur qui refuse de régler la deuxième moitié des droits télévisuels pour la saison (correspondant environ à cinq millions d'euros) ?
On a été surpris de leur réaction, ils ont dit qu'ils ne paieraient pas les matches non joués. Or, c'est le Premier ministre qui a dit qu'il fallait arrêter la saison 2019-2020. Altice a toujours été un bon partenaire qui est devenu soudainement bizarre, comminatoire. On n'est pas d'accord, c'est difficile de discuter. Cela affecte-t-il les discussions pour une prolongation du contrat qui arrive à terme ?
On ne peut pas discuter de l'un si on n'a pas réglé l'autre. Mais on discute avec d'autres diffuseurs. On souhaite avoir des matches sur des chaînes en clair, plus qu'avant, avec une méthode. » (*) Monaco, l'Asvel et Dijon ont le même bilan victoires-défaites que lui (21 victoires-4 défaites)

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