Basket - Jeep Elite - Dominique Juillot (Chalon) : « Continuer à jouer est suicidaire »

L'Equipe.fr
·2 min de lecture

Le président de l'Elan Chalon (Jeep Elite), Dominique Juillot, se prononce pour une interruption temporaire du Championnat de France tant que les clubs ne pourront accueillir du public en nombre. Suivant les annonces mercredi soir d'Emmanuel Macron, les instances des sports professionnels devraient se prononcer sur l'interruption de leurs saisons. L'Élysée a laissé entendre mardi que le gouvernement ne demanderait pas l'arrêt des Championnats professionnels mais certains sports, très dépendants des affluences et des partenariats, comme le basket masculin et féminin, pourraient se mettre en stand-by dès jeudi sous la pression des clubs dont beaucoup à l'image de l'Elan Chalon-sur-Saône, champion de France 2012 et 2017, et de son président Dominique Juillot, militent pour un arrêt temporaire. « De plus en plus de clubs sont favorables à une interruption des saisons de Jeep Elite et de Pro B. Quelle est votre position ?
Continuer à jouer à huis clos ou même à jauge réduite avec mille spectateurs est suicidaire économiquement. La force de notre basket est la proximité, la fidélité, les relations humaines avec les partenaires, le public, et on leur envoie le message qu'on peut se passer d'eux ? Nous sommes des créateurs d'émotions, pas des producteurs de spectacles. Et sans public, sans partenaires, l'émotion je la crée avec quoi ? Dominique Juillot « Vous avez envie de regarder à la télé des matches à huis clos avec de la fausse ambiance ? La marchandisation du sport a ses limites » Que va décider la Ligue nationale ?
La question est posée de nouveau, elle l'avait déjà été la semaine dernière et le choix régalien du comité directeur avait été la poursuite des compétitions. Qu'y a-t-il de nouveau cette semaine ? Rien... Économiquement, le fait de ne pas jouer serait-il davantage supportable ?
Je ne peux pas imaginer que l'État laisse tomber le sport. Avec le reconfinement, on est dans la même situation qu'en mars. On t'empêche de faire des recettes, on n'organise plus rien, ça veut dire que le modèle est en stand-by et que le chômage partiel peut s'appliquer. C'est une question de bon sens. Franchement, vous avez envie de regarder à la télé des matches à huis clos avec de la fausse ambiance ? La marchandisation du sport a ses limites. Si tout s'arrête, comment réorganiser une reprise ?
On rebâtira un calendrier. J'avais proposé un calendrier compacté en jouant deux matches d'affilée dans la même zone d'autant que le basket peut jouer tous les deux jours. On pourrait aussi zapper les quarts de finale des play-offs. On a du temps devant nous, on est que fin octobre. Si on peut jouer trois matches par semaine en mars avec des gens dans les salles, tout le monde sera content. Ce qui se passe aujourd'hui était prévisible, ça vient juste un peu plus tôt que prévu. »