Basket - JO 2021 - Bleu(e)s - Vincent Collet et Valérie Garnier, sélectionneurs soulagés et méfiants après le tirage des Jeux de Tokyo

L'Equipe.fr
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Dans la foulée du tirage au sort des groupes des tournois olympiques de basket, les sélectionneurs Vincent Collet et Valérie Garnier ont confirmé leur soulagement de jouer les États-Unis dès la première phase, tout en se méfiant de leurs autres adversaires. « Suite aux tirages au sort, qui ont placé les deux équipes de France avec les sélections américaines, quelle est votre première impression ?
Valérie Garnier, sélectionneuse de l'équipe de France féminine : C'est un groupe fort, épineux avec deux facettes. Celle d'être avec les USA qui nous font dire qu'on ne pourra pas les rencontrer en quarts. La deuxième réflexion, c'est que c'est un groupe fort, les équipes se rapprochent les unes et autres, le Japon est pays hôte, il y a l'incertitude du public. Le Nigeria a fini huitième du dernier Championnat du monde, au dernier TQO (Tournoi de qualification olympique) c'est seulement -5 face aux Américaines. Même si on finit deuxième, il va y avoir des points average qui vont entrer en compte. Tout va être important. Le moindre point sera important pour finir meilleur deuxième. lire aussi Toute l'actu des Jeux de Tokyo Vincent Collet, sélectionneur de l'équipe de France masculine : La première chose qui me vient à l'esprit c'est qu'en ayant les Américains on ne peut pas les jouer en quarts de finale. Les deux meilleurs troisièmes ne peuvent pas jouer une équipe de leur groupe. C'est la bonne nouvelle. On savait déjà ce (mardi) matin que l'Argentine jouerait l'Espagne. Nous étions soit avec l'Australie, soit avec les Américains. Pour ces Jeux, les Américains vont remonter une armada, ils seront favoris chez les masculins et féminins. Si nous avions été avec l'Australie, qui est redoutable - et nous n'avions pas l'évidence de les battre -, on pouvait croiser les Américains. Passé au chapeau trois, je ne suis pas très content de ce tirage. C'est difficile d'en parler aujourd'hui, les TQO auront lieu le 29 juin et on ne sait pas comment les équipes auront récupéré leurs joueurs NBA. La finale de conférence peut aller jusqu'au 6 juillet. Par exemple les Milwaukee Bucks, qui peuvent prétendre aller loin, pourraient priver Giannis de TQO. Le Canada pour mémoire, c'est Murray, Alexander, Brooks, Wiggins, Barrett, Clark, Powell, Thompson, Olynyk. Vous rajoutez Birch, Boucher, quelques joueurs en Europe pas mauvais et vous avez là une potentielle armada que personne ne soupçonne mais qu'on est obligé de regarder. J'entendais Valérie dire qu'il faut être meilleur deuxième, mais il faut déjà être deuxième. On va se battre pour notre qualification. Il faudra respecter notre troisième adversaire (L'Iran, ndlr), le battre et avec une marge importante. Avec ce format, tous les groupes sont forts. Le nôtre n'est pas le moins fort des trois. Vincent Collet « Il faudra jouer ce match contre les USA à 200 % pour limiter l'écart. On les a battus il y a un an et demi mais ce sera dans une autre configuration. Ils seront revanchards. » Comment accueillez-vous cette nouvelle formule raccourcie, avec la qualification de meilleurs troisièmes ?
VG : Il faut le prendre en compte. Nous allons jouer moins de matches après notre parcours européen (l'Eurobasket féminin se tiendra du 17 au 27 juin), donc on peut penser que c'est une bonne idée de moins jouer et ça nous oblige à des calculs. Je ne pense pas que les écarts vont être importants. Que ce soit 2e ou 3e, ça va se passer sur du point average. Les deux équipes plus faibles à envisager ce sont la Corée et Puerto Rico. Les autres équipes vont probablement faire des écarts importants. Si je compte, on risque de commencer les Jeux avec 17 matches déjà joués en comptant préparation, Championnat d'Europe et les deux-trois-quatre matches entre l'Euro et les Jeux. VC : Le format resserré donne beaucoup d'importance à chaque match. Il faut les gagner avec une attention particulière au point average. Ce qui pour les deux équipes de France peut poser un problème car nous sommes avec l'équipe favorite du tournoi. Comment seront-elles disposées en matches de poules ? Il faudra jouer ce match contre les USA à 200 % pour limiter l'écart. On les a battus il y a un an et demi mais ce sera dans une autre configuration. Ils seront revanchards et on sait déjà que les deux matches contre le Canada et l'Iran seront décisifs. Je mets une croix sur le match contre le Canada pour pouvoir passer dans les meilleures conditions. Les trois premiers et le meilleur deuxième sont dans le premier chapeau du tirage au sort des quarts. La position de meilleur deuxième est intéressante. Elle est plus difficile à atteindre avec une équipe comme les USA, potentiellement première. On ne jouera pas les Américains en quarts de finale. Contre n'importe quelle autre équipe du plateau, nous avons notre chance. Valérie Garnier « Les équipes les plus agiles, les plus malignes, les plus courageuses, qui s'adapteront, qui feront preuve de résilience, seront les championnes des compétitions à venir. » Passé ce tirage au sort, quels sont les objectifs fixés pour les sélections à ces Jeux ?
VG : Nous allons jouer le Japon en match d'ouverture. J'ai souvenir de 2014 et un tel match joué contre la Turquie en ouverture, chez elle. On va être dans la difficulté dès le premier match. Il va falloir être prêt d'entrée car nous jouerons les USA en dernier. Ce qui est bien c'est qu'on a deux jours de repos et de travail entre les matches. La première étape c'est la qualification pour les quarts. La deuxième étape c'est le dernier carré et, quand on y est, c'est de ne pas laisser passer la médaille. C'est comme ça qu'on a décidé avec les joueuses d'agir dans les compétitions. Dès le premier match, on va être dans le dur et dans une exigence de résultat. VC : L'objectif c'est d'être sur le podium. C'est un objectif très élevé par rapport à la concurrence mais il est en rapport avec ce qu'on a pu faire à la dernière Coupe du monde. L'objectif c'est le podium, mais la plus haute marche possible. Tout le monde pense aux Américains tout en haut, mais en sport il arrive des choses incroyables. Avant ça, il faut respecter les étapes. Il n'y a peut-être pas beaucoup d'écart entre le podium et se faire éliminer pour quelques points. Si le Canada est au complet, sur le papier ils n'ont rien de moins que nous. Si on mesure ce qu'ils font en NBA, ils ne sont pas moins bien que nous. Ça ne nous empêche pas de garder notre ambition. l'esprit olympique c'est de monter sur le podium. lire aussi Toute l'actu basket Il subsiste encore ce doute quant à l'organisation des Jeux Olympiques. Quelle importance cela a-t-il dans la façon d'aborder la compétition et notamment la potentielle absence de public ?
VG : On fait comme si l'incertitude n'existe pas, on se prépare, on s'adapte. Le format des compétitions sera différent, la motivation également, ainsi que le climat social. Les équipes les plus agiles, les plus malignes, les plus courageuses, qui s'adapteront, qui feront preuve de résilience, seront les championnes des compétitions à venir. Il faut se préparer à avoir une jauge pleine, une jauge limitée, ou pas de public. C'est une situation particulière, inédite, nous allons avoir deux compétitions d'affilée en un mois, l'opportunité de ramener deux médailles dans une année. VC : On sait qu'on devra s'adapter de toute façon. Le point positif, c'est que les Jeux vont avoir lieu. On ne sait pas encore, les organisateurs non plus, dans quelle dimension. Il y a peu de chances que ce soit totalement ouvert. Il semblerait qu'on se dirige vers une solution intermédiaire avec uniquement le public japonais et des jauges adaptées, ou alors le pire, le huis clos. Avec seulement des caméras pour retransmettre dans le monde entier. Les joueurs et joueuses y sont confrontés depuis un certain temps. C'est la même chose aux États-Unis, en Europe, en France, hormis en Russie en Euroligue. Les jauges intermédiaires, c'est différent mais c'est déjà le cas en temps normal, comme lors des premiers tours de Coupe du monde où les salles ne sont pas remplies. Malheureusement, depuis un an, nous y sommes confrontés et on s'y habitue, même si on n'aime pas ça. »